La région de Tambacounda occupe 30 % du territoire national, selon les chiffres présentés par les spécialistes. Cette grandeur cache d’énormes potentialités enfouies dans les entrailles de ses collines et son sous-sol riche en minéraux, malgré un nombre important de contraintes dues à un manque d’exploitation.
Un document présenté par le ministère des Pme a révélé l’existence d’importantes ressources minières non encore exploitées, à l’exemple du fer, de l’or, du marbre, le nickel, l’argent, la platine, le chrome, le diamant, le cuivre, le manganèse et l’uranium entre autres. La région est aussi arrosée par le fleuve Gambie, la Falémé et d’importants cours d’eau. L’élevage a enregistré 1 246 036 têtes de bovins, ovins, caprins, porcins, et équins en 2004. Par ailleurs, lors de la cérémonie de clôture de la 5ème Caravane des Pme, Ibrahima Diouf, le Directeur des Pme a fait état de « la thématique consacrée aux contraintes et opportunités de la région de Tambacounda », comme présenté par le Docteur Bernard Faye du service régional vétérinaire, dans ses communications. Pour ce qui concerne le secteur de l’élevage, le directeur des Pme a indiqué que « les statistiques commerciales des produits d’origine animale de la région sont édifiantes ». Ainsi, selon lui, « la moyenne des abattages contrôlés dans la région est de 15 000 bovins, au moment où les cuirs et peaux exploités sont chiffrés à 5500 cuirs et à 12 200 peaux, avec une moyenne annuelle de perdition notée de 10 000 peaux », a souligné Ibrahima Diouf, Directeur des Pme, qui a annoncé au ministre « qu’une unité de transformation de cuirs et peaux est aussi inspectée dans la région ». Toujours d’après le bilan présenté par Ibrahima Diouf sur les abattages contrôlés au niveau de Tambacounda, les bovins constituent 35 500, les ovins 95 000 et les caprins 13 000, ce qui fait, selon lui, et de l’avis du Professeur Bernard Faye, que "la région de Tambacounda peut bel et bien pourvoir en viande tout le territoire national." Par conséquent, pour ce qui concerne les actes de promotion de l’élevage dans la région, le directeur des Pme qui a bien présenté « le bilan à chaud » de la caravane a noté « qu’il a été retenu l’embouche ovine, le lait et les petits ruminants ». Le directeur des Pme a aussi révélé que « les potentialités de création de petites et moyennes entreprises dans la région sont recensées dans le secteur du miel, de l’alimentation en détail ».
Il apparaît ainsi que l’agriculture, considérée comme l’activité économique dominante, contribue à 39,2 % dans le Pib régional avec ses cultures de rente (arachide, coton), et ses cultures céréalières (maïs, mil, sorgho, riz, banane et sésame). La foresterie recouvre 5 406 300 ha, soit 91 % de la superficie répartie en forêts, galeries, savanes boisées et arbustives, des steppes arborées au-dessous desquelles s’enfouissent d’importantes réserves minières. Le commerce et l’artisanat sont aussi des secteurs importants de la vie active des populations.
La ruée vers l’or de l’Est
Dans la communauté de Tomborongkoto, plus précisément à Bantanko, la recherche de l’or est la principale activité économique qui mobilise les populations. Des champs de mines artificielles ou informelles sont cachés dans le feuillage des arbustes fleuris par les pluies à plusieurs dizaines de mètres des villages où les espaces de terre les plus banales regorgent de plusieurs gisements d’or. Ils sont des dizaines d’hommes engagés dans cette ruée vers l’or au moment de l’arrivée de la "Caravane". Des adultes et de jeunes adolescents animés par l’espoir de tomber sur le métal de Cipango (Dieu grec de l’or) sous les entrailles de cette terre argileuse, se sont livrés à une démonstration de leur méthode de travail, rudimentaire et informel, mais aussi dangereuse. Les mines creusées au moyen de piques avec de l’eau aspergée dans les parois pour faciliter l’effort, peuvent avoir une profondeur de quelques dizaines de mètres. Placés tout autour des tranchées constituées, les différents travailleurs ont chacun une tâche bien définie. C’est un véritable travail à la chaîne. Au moment où d’aucuns tirent les seaux introduits pour recueillir les pierres de quartz dans lesquels se trouvent les filons d’or, d’autres les pilent dans des mortiers domestiques, et certains font le triage avec des tamis en plastique en y déversant de l’eau afin de séparer l’or de la terre argileuse. Un travail pénible que Marie-Pierre Sarr Traoré a promis d’attébuer pour ces aventuriers de l’Est en leur octroyant des concasseurs, des détecteurs et des broyeurs. Sur place, la sensibilité des visiteurs est touchée par le prix du gramme d’or brut fixé à 1000 FCfa, d’après les révélations faites par les ouvriers eux-mêmes. Cheikh Bèye, membre de l’Association Nationale des Bijoutiers du Sénégal, ayant fait le déplacement avec son co-associé Baba Niang, a prévenu que « les sacs remplis de pierres, de blocs d’argiles ou de quartz placés au tour du site ne peuvent tout au plus fournir plus d’un gramme d’or », ce qui démontre les difficultés rencontrées dans ce travail de prospection et d’exploitation. « Malheureusement, ce sont les commerçants maliens ou guinéens qui profitent le plus de l’or exploité par ces mineurs », a regretté un bijoutier. De l’avis de ce dernier bien averti de la situation, ces commerçants étrangers sont même disposés à payer 1500 Fcfa le gramme, au détriment des sénégalais.
Risque d’une catastrophe humanitaire ?
Toutefois, cette ruée vers l’or mobilise un grand nombre de personnes obligées de vivre ensemble dans la forêt dans des situations précaires, ce qui fait de certaines localités des zones à risques sur le plan sanitaire. Du moins, c’est la principale préoccupation de cet agent de développement local qui a fait le tour de la région de long en large et qui a requis le couvert de l’anonymat. À en croire ses propos, le Sida peut se développer dans la zone comprise entre Saînsoutou et Sattadougou Baffé, située plus à l’Est vers la frontière d’avec le Mali. «L’industrie du sexe se développe dangereusement dans cette zone située après Saraya où beaucoup de personnes se sont entassés à la recherche du trésor des collines ». Il a en outre relevé le danger de voir la tuberculose et les autres maladies infectieuses se propager dans cette zone, où les habitants composés de sénégalais, de guinéens et de maliens, ne sont pas pour la plupart instruits à un certain niveau. Aussi, toujours selon lui, « les autorités doivent y envoyer le plus vite possible une mission d’information et de sensibilisation des populations locales, afin de prévenir une catastrophe humanitaire ». (À suivre…)
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