ZIGUINCHOR — L'armée sénégalaise a pilonné jeudi matin des positions du Mouvement des Forces Démocratiques de Casamance (MFDC, indépendantiste) en larguant des "bombes et des obus" sur leurs bases près de Ziguinchor (sud), a-t-on appris de source militaire.

"Des obus et des bombes ont été largués ce (jeudi) matin à partir de 6H00 (GMT et locales) dans les secteurs de Kassana et Mamatorro", des villages situés à une dizaine de kilomètres de Ziguinchor, principale ville de Casamance, a indiqué à l'AFP un officier de l'armée sénégalaise.
En plus de "canons de gros calibre", l'armée a fait usage "de moyens aériens avec un hélicoptère", selon la même source.
Les détonations, qui ont duré moins d'une heure, ont été entendues dans le centre-ville de Ziguinchor, selon un journaliste de l'AFP.
"Il s'agit d'une opération de démantèlement des bases du MFDC qui entrent dans notre mission d'assurer la sécurité des citoyens et de leurs biens", a affirmé un officier de l'armée interrogé au téléphone par l'AFP.
Ces opérations visaient les cantonnements des rebelles en forêt, alors que les populations des villages ont quitté la zone depuis les premiers accrochages il y a plusieurs mois.
Le pilonage a eu lieu au lendemain de l'arrestation de deux "chefs rebelles" du MFDC.
Ces deux hommes âgés d'une quarantaine d'années - Bourama Sambou alias Lamarana Sambou et Boubacar Coly alias Thierry Henry - ont été conduits jeudi au parquet du tribunal régional de Ziguinchor mais n'ont pas été entendus par le procureur, a constaté l'AFP. Reconduits en soirée à la brigade de gendarmerie, ils devaient être déférés à nouveau au parquet vendredi.
Selon la gendarmerie, ils sont soupçonnées d'être les "commanditaires ou exécutants de braquages" récents près de la frontière gambienne ainsi que d'une "attaque contre un poste militaire" qui avait coûté la vie à un soldat sénégalais début mars.
Jeudi matin, un des plus importants chefs militaires du maquis du MFDC, César Atoute Badiate, a mis en garde le gouvernement contre de nouveaux troubles si ces deux hommes n'étaient pas remis en liberté.
Joint par l'AFP au téléphone, le commandant en chef du front sud du MFDC a déclaré: "si on ne les libère pas, tout ce qui adviendra sera de la responsabilité du gouvernement du Sénégal".
Les accrochages entre l'armée et les rebelles se sont multipliés durant les six derniers mois, faisant des morts chez les soldats comme chez les civils.
Le Parti Socialiste sénégalais (PS), principale formation de l'opposition sénégalaise, avait appelé le 4 mars à "de larges concertations" en vue de résoudre la rébellion armée en Casamance qui dure depuis 1982.
Un accord de paix signé en 2004 avait apaisé les tensions sans toutefois régler le conflit dans cette région séparée du nord du Sénégal par la Gambie.
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