Les communautés rurales du département de Vélingara frontalières à la Gambie sont victimes de coupes clandestines de bois, menaçant la survie d’espèces végétales hyper protégées. Les populations sont d’autant révoltées que le bois de trafic profite à la Gambie. Elles dénoncent et sont prêtes à engager le combat.
Le 7 juillet dernier dans le village de Saré Mary, communauté rurale de Kandia et le 18 du même mois à Gambissara, dans la communauté rurale de Sinthiang Coundara, le service départemental des Eaux et Forêts, en collaboration avec les conseils ruraux ont organisé des journées de sensibilisation, dans ces localités frontalières au pays de Yaya Jammeh, sur «le fléau du pillage des ressources forestières au profit de la Gambie». Selon le lieutenant des Eaux et Forêts, Mamadou Ndiaye, chef du secteur de Vélingara. Car, depuis son installation comme patron de ce secteur, M. Ndiaye a fait «le constat que le trafic du bois vers la Gambie est le principal problème dans la gouvernance de ce secteur. Il est pire que les feux de brousse. Le fléau persistant malgré les mesures répressives, il faut faire dans la sensibilisation».
Toutes les populations de ces 2 communautés rurales étaient invitées à ces rencontres. Aliou Bousso Bâ, président de la Délégation spéciale de Kandia, a dit en direction de l’assistance, sans sourciller : «Vous êtes complices dans le trafic du bois. C’est vous qui indiquez les champs à défricher, vous hébergez les trafiquants, vous recevez d’eux des pourboires, c’est pourquoi vous refusez de les dénoncer. Nous autres sommes juste des commis de l’Etat qui seront appelés un jour à quitter le terroir. Ce sont vos enfants qui pâtiront de la situation que vous leur lèguerez.»
Le même discours est repris à Gambissara par Gallé Barry, président du conseil rural de Sinthiang Coundara.
Pour Mamadou Ndiaye, le patron du secteur des Eaux et Forêts de Vélingara, ce qui arrive au Sénégal est aberrant, «les territoires du Sénégal d’où est prélevé du bois au profit de la Gambie ont la même végétation et les mêmes essences végétales que la Gambie. Pourquoi les arbres ne sont pas coupés dans ce pays ? Parce que la législation forestière y est très stricte. Les populations sont conscientes du danger qu’une coupe incontrôlée de leur forêt leur ferait subir. Moi, je reste convaincu que la majorité des trafiquants de bois sont des Sénégalais. C’est vous-mêmes, vos fils et vos frères qui sont dans ce trafic ou sont des complices directs». M. Ndiaye d’ajouter : «Nous, services des Eaux et Forêts ne pouvons pas être partout et en même temps. Vous avez le devoir de dénoncer les trafiquants, de manière anonyme.»
A Kandia comme à Sinthiang Coundara, les participants se sont montrés sensibles aux propos des techniciens de la forêt. Ils ont pris l’engagement de s’impliquer davantage dans la sensibilisation et surtout dans la dénonciation des coupeurs clandestins et de leurs complices.
Le lieutenant Ndiaye a indiqué que la communauté rurale de Némataba, frontalière au voisin du nord de la Casamance, connaît aussi un grave déboisement clandestin. Les essences végétales les plus convoitées par les délinquants du bois sont, selon M. Ndiaye, le venne, le dimb et le bombax.
Selon une source très au fait de ce business du bois, des citoyens indiens et chinois se seraient installés en Gambie le long de la frontière avec la Casamance pour acheter des troncs d’arbre qu’ils exportent en Asie. Le bois de venne est le plus cher dans ce business. Les trafiquants échangeraient 30 troncs contre une moto.
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