Emmurée dans un silence de cathédrale depuis le début du procès, la cellule de communication mise en place par les proches et souteneurs de l’ancien président tchadien est décidée à se faire entendre.
Dans un document 118 pages qu’elle a élaborée dans ce cadre afin d’éclairer la lanterne de l’opinion, elle a qualifié la Cae présidée par le juge Gberdao Gustave Kam d'une institution agissante sous la dictée des bailleurs de fond.
«Le procès du Président Hissein Habré n’est pas celui d’un dossier africain, comme on a parfois pu le dire. Non ! Son procès est et sera le procès de la justice africaine, la justice de ceux qui, à l’échelle africaine et mondiale, massacrent, violent, torturent, corrompent, détruisent et pillent en toute impunité, dans le mépris total des populations et des droits des citoyens. Une justice sous ordre, sous le garrot des bailleurs de fonds, et dont le Président Hissein Habré n’est que le bouc émissaire jeté en pâture par l’opinion publique internationale», renseigne le document.
Lequel document, dénonce les «deux ans durant lesquels le président Hissein Habré est incarcéré, inculpé à Dakar devant les Chambres africaines extraordinaires (Cae), a permis à ses concepteurs, en l’occurrence, la défense de l’accusé de contester la légalité de ladite juridiction.
«La légalité des Chambres africaines, leur légitimité, les procédures mises en œuvre sont en cause. Le droit à un procès équitable est en jeu. Aujourd’hui, (..) la condamnation du Président Hissein Habré est acquise, on peut presque dire «achetée» tant est forte l’implication financière et diplomatique du Président Idriss Deby et des puissances». D’où l’impression de ce fascicule qui a pour objectif d’informer l’opinion nationale sénégalaise, africaine et internationale du déroulement de l’affaire Hissein Habré, plus précisément de la façon dont la phase d’instruction a été conduite». Une production issue d’une étude qui, précise ladite cellule, «privilégie les faits, débusque et expose les lignes de force d’une entreprise politique à relents financiers, de règlement de comptes, placée artificiellement sous le manteau de la justice. Une justice aussi extraordinaire que les Chambres africaines extraordinaires qui la personnifient, une justice qui n’obéit à aucun précédent, à aucun principe ou règle de droit»
Auteur: Youssoupha MINE
Publié le: Mardi 21 Juillet 2015
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