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Conséquence des autorisations d’importer : l’etat sale le sucre de mimran

Auteur: Mohamed Guèye

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La compagnie sucrière sénégalaise est sur la corde raide ces temps-ci, et certaines décisions de l’Etat passent très mal au sein de l’entreprise, où le sentiment dominant est que l’Etat le conduit à leur perte, faute de vision stratégique.

Le sucre est amer par les temps qui courent. Les larmes des ouvriers et des employés de la Compagnie sucrière sénégalaise (Css) lui ont donné ce goût qui, décidément, ne fait pas passer l’amère pilule de l’Etat. Aujourd’hui, la société qui produit le sucre nationale est à genoux, et risque de s’étaler. Après l’avoir étouffé par l’entrée massive de sucre raffiné, l’Etat, à travers l’un des proches collaborateurs de Macky Sall, annonce sa volonté de recourir une fois de plus à la baisse des prix, sans tenir compte de la situation de la boîte.

S’adressant à la presse hier dans un cadre informel, l’un des plus hauts cadres du Groupe Mimran, propriétaire de la Css, M. Louis Lamotte, a déclaré que la compagnie se retrouve actuellement, avec 46.000 tonnes de sucre invendues sur les bras, et un niveau d’endettement des plus élevés depuis sa création. Et la cause des malheurs de la Css, tout le monde la connaît. L’Etat a accordé des Déclarations d’importation des produits alimentaires (Dipa) aux commerçants membres de l’Unacois, qui ont importé plus de sucre que le pays ne peut absorber en un an.

Selon Louis Lamotte, il y a encore environ 90.000 tonnes de sucre stockés par ces négociants. Depuis avril 2012, quand l’Etat, sous le prétexte de faire baisser le prix de cette denrée, a décidé d’accorder des autorisations d’importer aux négociants de Sandaga et de Colobane, ces gens ont importé 230.000 tonnes de sucre dans ce pays. Ces chiffres avancés par la Css, lui auraient été confirmés par les services des douanes. Or, les besoins annuels du Sénégal en sucre s’élèvent à 140.000 tonnes. Comme la capacité de production de la Css varie entre 90 et 100.000 tonnes, la différence est couverte par l’importation. Et même sur ce point, Lamotte indique : «Nous ne sommes pas autorisés à faire des bénéfices. Si éventuellement nous devions sur ce stock importé, dégager des bénéfices, nous sommes tenus de les reverser à l’Etat, sous forme de péréquation.»

Par ailleurs, cette situation survient alors que l’entreprise n’a pas encore fini de solder ses comptes du fait des investissements réalisés dans le cadre de l’ambitieux projet KT 150, qui devrait théoriquement lui permettre de produire 150.000 tonnes de sucre par an, de manière à permettre au pays d’atteindre l’autosuffisance en ce domaine. L’entreprise s’est endettée auprès des banques dans cette optique, mais du fait de conflit sur des questions foncières, l’investissement n’a pu se réaliser, alors que les aménagements techniques étaient déjà faits. Néanmoins, la Css doit déjà commencer à rembourser les 35 milliards empruntés auprès des banques. Alors que, faute de vendre son produit, elle n’a quasiment pas de rentrée d’argent ces derniers temps, et que Moubarak Lo indique que le chef de l’Etat va ordonner très prochainement une homologation à la baisse du tarif du sucre.

Auteur: Mohamed Guèye
Publié le: Vendredi 17 Mai 2013

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