Les dakarois ne sont-ils plus solidaires ? Telle est la question que se posent bon nombre d’entre nous aujourd’hui. En effet, la solidarité, cette coutume appréciée dans la société d’antan, est devenue un sujet de débat. Elle n’est plus ce qu’on connaissait, selon plusieurs acteurs de la société. Alors que le sociologue met en cause la rivalité entre modèle traditionnel et occidental.
Un tour aux alentours de la Grande mosquée de Dakar et à l’avenue Jean Jaurès a permis de rencontrer quelques mendiants qui, eux, soutiennent que les dakarois donnent toujours l’aumône, mais qu’il y a dans leur milieu des intrus qui, parfois, ne leur facilitent pas la tâche.
Sala Sy est installé sur le trottoir devant la Grande mosquée. Cette dame vient de recevoir un sachet plein de biscuits et de lait. Elle lance : « tu vois bien que les dakarois donnent toujours l’aumône ; seulement nous savons que les temps sont durs et que ce n’est pas tout le monde qui est capable d’en faire autant».
Un peu plus loin, une dame accompagnée de ses enfants jumeaux déclare : « moi ça fait 9 ans que je suis là et depuis lors, la recette ne cesse de baisser. Je pense que cela est dû à l’augmentation des mendiants à Dakar ».
Toujours selon Sadio Mbaye : « ce qui est déplorable, c’est que certains d’entre eux restent honnêtes et sont dans la mendicité pour assurer la subsistance à leurs familles, alors que d’autres utilisent des subterfuges pour s’enrichir ». Ce qui, selon elle, ternit leur réputation. Elle poursuit : « le plus grave, c’est que beaucoup d’entre eux sont des étrangers et leurs attitudes font que les dakarois n’ont plus confiance en nous ».
A l’avenue Jean Jaurès, une autre dame, la trentaine, déclare être nouvelle dans le circuit. Cependant, elle sait que certaines d’entre elles, qui disent être des mamans de jumeaux, emmènent en fait des enfants empruntés ou loués à d’autres ».
On ne sait plus à quel mendiant se fier
Les dakarois rencontrés déclarent être restés les mêmes et déplorent cette nouvelle forme de mendicité qui se propage dans la ville.
Malick Niang déclare : « ma charité, je ne la donne qu’aux talibés issus des « daaras », car je sais ce qu’ils endurent. Par contre, les mendiants de la rue, qui ne souffrent de rien et qui ont toutes les aptitudes pour travailler, je ne leur donne rien parce que je pense que ce sont justes des paresseux ».
Au garage Petersen, un vieillard du nom d’Abdoulaye lui, pense, quant à lui, que : « les personnes qui usent de la mendicité pour s’enrichir ne sont que des fainéants. Si une personne a tous ses atouts physiques, elle n’aura qu’à chercher du travail. Il y a en tellement dans ce pays que moi je m’étonne quand on me dit qu’on ne trouve pas de travail ». Il poursuit : « ces mendiants-là ne sont pas les seuls fautifs, les Sénégalais qui leurs donnent l’aumône le sont autant qu’eux. A mon avis, ces gens-là font de l’exhibitionnisme et ne croient pas en Dieu ».
A quelques mètres de là, une dame du nom d’Astou Faye attend le bus. Elle soutient : « je n’ai plus confiance aux mendiants de la rue. On ne peut plus faire la différence entre ceux qui nous bernent et ceux qui disent la vérité. Donc si on te recommande de faire une offrande et que tu la donnes à la mauvaise personne, ton affaire risque d’être nulle. C’est pour ça que moi je donne à des mendiants que je connais depuis des années et à qui je fais confiance ».
Nima DAFF (Stagiaire
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