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Boko Haram : naissance et évolution d'une secte qui défie la communauté internationale

Auteur: Apanews

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La secte islamique Boko Haram qui suscite actuellement l’indignation de la communauté internationale à travers le rapt de 223 lycéennes du Nigeria, tire son nom d’un mélange de la langue haoussa et de l’arabe qui signifie : ‘’l’éducation occidentale est un péché’’.

Cette organisation extrémiste a d'abord existé sous le nom de Jama'atu Ahlis Sunna Lidda'awati wal-Jihad, c'est-à-dire dire ‘'Peuple dévoué aux enseignements du Prophète pour la propagation et la guerre sainte''. 

A ses débuts dans les années 1960, le groupe opérait dans le nord du Nigeria avant d'étendre bien au-delà ses tentacules, sous l'impulsion de son défunt chef Mohammed Yusuf. 

Ce dernier avait fait construire un établissement religieux, comprenant une mosquée et une institution islamique et œuvrait pour l'action sociale en faveur des musulmans démunis. L'objectif visé était d'appliquer la Charia (loi islamique) dans les 19 Etats du nord du Nigeria. 

En 2003, l'ancien gouverneur de l'Etat de Borno Ali Modu Sheriff avait promis d'introduire la Charia, de soutenir et de créer des emplois pour les membres de la secte, à des fins politiciennes sous la bannière du Parti de tous les peuples du Nigeria (ANPP). 

Une fois élu, M. Sheriff récompense, certes, certains membres de la secte, mais ne tient vraiment pas promesse.

Se rendant compte qu'on l'avait utilisée pour satisfaire des ambitions politiques, la secte met fin à la relation de confiance l'unissant à l'autorité locale. 

Le désaccord déboucha sur la démission des membres de la secte qui, en plus de rompre tout contact avec l'autorité administrative, jurèrent de semer la terreur dans la localité. 

D'où l'installation d'un climat d'insécurité dans l'Etat de Borno, qui vit son paisible quotidien secoué par une série d'actes terroristes. 

En juillet 2009, la police mène des investigations sur les activités du groupe, après avoir eu vent que le mouvement intégriste est en train de se ravitailler en armes. 

L'interpellation de ses chefs dans l'Etat de Bauchi met le feu aux poudres, occasionnant des affrontements sanglants avec les forces de l'ordre qui se soldèrent par la mort de plus de 650 personnes et des actes de vandalisme, dont la destruction de postes de police. 

Les émeutes se répandent vite dans d'autres villes telles que Maiduguri (Etat de Borno), Damature (Etat de Yobe) et Yola (Adamawa). 

Les arcs et flèches qui étaient utilisés au début comme armes, cédèrent la place à des fusils d'assaut AK 47 trouvés dans les commissariats de police pillés lors des soulèvements populaires.

Dans la foulée, l'ordre est donné d'attenter à la vie du gouverneur Ali Modu Sheriff. S'il s'en sortira indemne, ce ne sera pas le cas d'un de ses proches du nom de Modu Fanami Gubio, un potentiel prétendant au poste de gouverneur, qui sera été assassiné en 2010. 

L'intervention de l'armée nigériane pour endiguer cette menace suscite alors une nouvelle approche dans les combats marquée par l'avènement de l'attentat à la bombe. 

Pour frapper fort, le groupe fondamentaliste a surtout recours à l'attentat-suicide orchestré en usant au préalable de toutes sortes de menaces via les médias publics. 

Vu la gravité de la situation, M. Modu Sheriff, et ses homologues des Etats de Gombe et de Bauchi montent au créneau pour présenter publiquement leurs excuses à la secte dont les dirigeants ont été l'objet d'exécutions extrajudiciaires. 

Acculé, le gouvernement fédéral intente des poursuites judiciaires contre les officiers de police impliqués dans les exécutions sommaires. 

Ce faisant, il n'était plus question de calmer les ardeurs des membres récalcitrants alors que les islamistes se sont donné pour objectif d'islamiser le nord du pays, d'y imposer la Charia et d'éradiquer la corruption. 

Boko Haram a récemment étendu ses tentacules à d'autres villes, notamment celle très fortifiée d'Abuja, la capitale fédérale.

Auteur: Apanews
Publié le: Lundi 12 Mai 2014

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