Rwanda : Le message de Kagame face au risque de sanctions américaines
Le président rwandais Paul Kagame a exhorté jeudi son pays à être plus autonome, alors que se multiplient aux États-Unis les appels à des sanctions contre ce pays africain en raison de son implication en République démocratique du Congo.
Le petit pays des Grands Lacs fait face à une pression internationale croissante du fait de son soutien au groupe armé M23, qui a conquis l’an dernier de vastes portions de l'est de la République démocratique du Congo voisine.
Un accord de paix entre le Rwanda et la RDC, négocié par le président américain Donald Trump, a été signé à Washington fin 2025, mais quelques jours plus tard, le M23 s’est emparé d’une autre grande ville, Uvira.
Un soutien bipartisan s’est exprimé au sein d’une sous‑commission de la Chambre des représentants chargée des Affaires étrangères, le 22 janvier, en faveur de sanctions supplémentaires contre le Rwanda.
Jeudi à Kigali, M. Kagame a semblé y répondre en insistant sur l’autonomie du pays.
"Nous nous sommes engagés à être autonomes (…) afin que notre existence ne dépende pas de la chance, ni de la bonne volonté de ceux qui pourraient choisir de nous aider aujourd’hui puis de se retirer demain", a déclaré le chef de l'Etat.
"L’autonomie est donc notre priorité principale", a‑t‑il ajouté lors de cette intervention dont une vidéo a été publiée sur le compte X de la présidence.
Le Rwanda affirme n'être impliqué dans l’est de la RDC que pour contribuer à se protéger contre un groupe armé comprenant des personnes ayant perpétré le génocide rwandais de 1994, mais il nie toute implication militaire directe, malgré des preuves considérables avancées entre autres par des observateurs des Nations unies.
L’ambassadrice du Rwanda aux États‑Unis a pour la première fois reconnu l’existence d’une "coordination sécuritaire" directe avec le M23 et son bras politique, l’Alliance Fleuve Congo (AFC), lors de l’audition de la sous‑commission des Affaires étrangères à la Chambre des représentants le 22 janvier.
"Le Rwanda participe à une coordination sécuritaire avec l’AFC/M23. Je l’affirme clairement pour instaurer la confiance par la transparence", a admis Mathilde Mukantabana.
Elle a précisé que cela visait "à empêcher une nouvelle insurrection transfrontalière à caractère génocidaire, comme à la fin des années 1990, qui pourrait menacer l’existence même du Rwanda".
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