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Et si Karim Wade était la solution à notre impasse actuelle ?

Auteur: TAMBA DANFAKHA

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Il était une fois l’homme le plus décrié de son pays. Cela pouvait être le titre d’un film à succès, mais nous ne sommes pas, hélas, dans l’imaginaire d’un talentueux cinéaste. Nous sommes bien dans la réalité crue du Sénégal de 2011. Karim Wade est devenu, à tort, l’objet de toutes les attaques voire de toutes les haines. Or lorsque pareille chose (d’aucuns diraient lynchage médiatique) arrive, ne pas prendre position devient, pour ceux qui ont une conscience et une âme humaine, une lâcheté honteuse.

De mes lectures de lycéen, me revient en mémoire le fameux ‘J’accuse’ du célèbre romancier français, Emile Zola, dans l’affaire du capitaine Dreyfus ; dans cet épisode, comme dans celui du ministre d’Etat Karim Wade, les propos sont les mêmes et les fondements de la haine du même soubassement. Karim Wade est décrit tantôt comme un ‘domou toubab’ (fils de blanche) tantôt comme ‘quelqu’un qui ne parle aucun dialecte du pays’ et tout le temps comme quelqu’un de ‘différent’ pire comme ‘un fils de roi’ ; le capitaine Dreyfus, on le sait, a été, à tort accusé de trahison au profit de l’Allemagne tout simplement parce qu’il était ‘différent’, un alsacien de confession juive. Il aura fallu près de douze années (1895 à 1906) pour que la France officielle accepte qu’elle s’est acharnée à tort contre un pauvre innocent.

Combien de temps, nous Sénégalais, allons-nous prendre pour nous rendre compte que nous avons eu tort de ‘chercher des poux sur la tête d’une victime innocente’.

J’ai conscience qu’à ce niveau de mon propos, je cours le risque de ‘braquer’ certains de mes lecteurs contre ce que j’écris et, c’est pourquoi, je m’en vais préciser un certain nombre de choses afin que nul ne l’ignore. Je ne suis pas un partisan du régime actuel au Sénégal et je crois, à juste raison comme beaucoup de Sénégalais, que le Président Abdoulaye Wade ne devrait pas se représenter pour un troisième mandat. Je suis prêt, comme je l’ai déjà fait par le passé, à prendre les plus grands risques au détriment de ma propre vie pour que pareille chose n’arrive jamais dans mon pays. Donc mon propos, ici, ne vise, nullement, à m’attirer la sympathie des tenants du régime actuel mais, plutôt, à inviter les uns et les autres à plus de lucidité, de responsabilité et d’humanisme.

Cette précision étant faite, j’aimerais, pour éclairer encore mieux mon propos, m’interroger, avec vous, sur ce que je considère comme un traitement injuste fait à l’endroit de Monsieur Karim Wade.

Premièrement, aussi puissant ministre d’Etat qu’il est, Monsieur Karim Wade n’est pas celui que les Sénégalais ont élu en 2000 et en 2007 et il ne peut, de ce point de vue, être tenu responsable de nos malheurs collectifs. A moins de croire que le collaborateur du président de la République qu’il est devenu est ‘un être tellement à part’ qu’il soit seul, parmi tous ceux qui ont eu à cheminer avec son père, à payer pour le ‘délit de proximité’. Tous ceux qui crient, aujourd’hui, au loup ont, eux aussi, eu une responsabilité écrasante dans l’accession et le maintien du Président Wade au pouvoir. Pourquoi ces responsabilités seraient-elles ‘pardonnables et justifiables’ et celles de Monsieur Karim Wade ‘insupportables’ ?

Deuxièmement, on reprocherait à Monsieur Karim Wade de vouloir hériter de son père et on trouve normal que d’autres Sénégalais aient cette envie là sans s’attirer les foudres de l’opinion. Pays singulier que le nôtre où il est possible de payer pour le ‘délit d’intention’, de se voir condamner pour des ‘crimes’ non encore commis.

Troisièmement, une bonne partie de l’opinion croit, dur comme fer, que la motivation principale du ministre d’Etat, dans la gestion des affaires de l’Etat reste l’enrichissement personnel. Mais comment expliquer toutes ces réalisations (Les ponts, les tunnels, les hôtels, Air Sénégal International, les chantiers du futur aéroport international…), qu’il à son actif et à celui des équipes qu’il manage ?

Indices, preuves et expériences qui nous indiquent que les critiques portées à l’endroit du ministre d’Etat sont excessives et injustes car aucune ne tient devant une analyse fondée sur le bon sens.

En réalité, j’ai l’intime conviction que Monsieur Karim Wade est un des rares Sénégalais à ressentir l’envie, sincère, de faire quelque chose pour changer la situation de misères généralisées dans laquelle se débat notre pays depuis nos indépendances. Je crois qu’il travaille dur, qu’il fait face à de grandes responsabilités, qu’il s’efforce, avec foi, à marquer son passage dans les responsabilités que son Père de Président lui offre. Toute personne investie de missions devrait avoir cette attitude-là. Et je pense, également, que Monsieur Karim Wade doit passer quelques grands moments de solitude et de désespoir face à tout ce tollé qu’il soulève, bien souvent malgré lui.

Et si on partait du principe que Karim Wade est un Sénégalais de bonne volonté qui, dans le cadre de ses charges républicaines, fait face à des situations parfois complexes qui le placent dans des postures ‘critiquables et salissantes mais justifiables’, qu’il a le souci du bien-être collectif et de ses responsabilités personnelles dans ce que pourrait être notre pays, le sien, si demain les lignes de rassemblement entre les fils de ce pays venaient à se rompre de manière irréversible. Et si on lui accordait le bénéfice du doute, et si on lui laissait un peu de temps, de temps en temps, afin de lui donner plus d’opportunités de mieux nous servir, de mettre en place les solutions qu’il a esquissées pour la résolution des problèmes d’énergie ? A moins qu’il soit possible que nous soyons le seul peuple, au monde, qui se sente assez solide pour régler ses conflits sans, pour ce faire, avoir les uns pour les autres aucune estime, aucune once de confiance mutuelle, aucun désir d’un commun vivre.

Or, il urge, pour notre peuple, de trouver les moyens pacifiques de sortir de notre impasse actuelle où il apparait évident qu’une nouvelle candidature du Président Wade déboucherait sur le chaos.

A mon humble avis, Monsieur Karim Wade, s’il en avait l’envie et si la clameur publique pouvait s’estomper afin de lui donner le sentiment de ne pas être dans une chasse à courre où il serait le gibier, pourrait offrir à son pays une issue plus heureuse à l’inéluctable bain de sang qui se prépare dangereusement.

En effet, si Monsieur Karim Wade acceptait, envers et contre tout de prendre le flambeau des mains de son père pour représenter son camp politique durant les prochaines élections présidentielles, celui-ci pourrait renoncer à son périlleux projet de troisième mandat et quelque soit l’issue du scrutin, le pays entier, des générations entières lui seront reconnaissants de leur avoir épargné le péril de conflits fratricides.

Encourager le camp d’en face à disposer d’alternatives, à sauver la face, c’est cela la pratique la plus noble et la plus efficace d’une société démocratique. C’est dans ce sens que je situe cette modeste contribution au débat national Que Dieu bénisse et protège le Sénégal et tous ses enfants.Sans exclusive.

TAMBA DANFAKHA, Président du Mouvement d’initiatives pour la renaissance africaine

Auteur: TAMBA DANFAKHA
Publié le: Samedi 01 Octobre 2011

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