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Obama et la teranga Sénégalaise ; une longue histoire

Auteur: Antoine Faye

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En 2005, alors que « Dream from my father », le livre de Barack Hussein Obama avait fini par devenir un « best seller », un ami à New York qui  savait que j’étais du Sénégal,  avait tenu à me l’offrir.

Mon ami était de race blanche et originaire de l’Illinois, un Etat où Obama commençait déjà à l’époque à devenir une figure montante de la politique.  Mon ami était un de ses fans et tout en me disant qu’il y avait une surprise pour moi à l’intérieur du livre, il m’affirma que si l’Amérique un jour, devait avoir un Président de race noire, il serait du genre OBAMA : quelqu’un bien au fait de son identité tout en réussissant à transcender les « écarts » qui ne font qu’approfondir la question raciale aux Etats-Unis.

Mon ami avait raison au moins sur deux choses : Il y avait bel et bien une surprise pour moi dans le livre ; c’est cette rencontre d’Obama et de la Teranga Sénégalaise. Obama est devenu le premier Président de race noire des Etats-Unis

Sans pouvoir dire si OBAMA aujourd’hui à réellement trouvé le juste équilibre, je pense que cet extrait de son livre –une partie du chapitre 15 traduit par mes soins-  où il se remémore sa rencontre avec notre compatriote aujourd’hui anonyme,  l’a beaucoup aidé dans sa recherche de son identité. Voilà ce qu’il écrivait :

"... Alors que je terminais mon jeu [de boule],  un homme, habillé  d’un pull-over de laine fine, surgissait de nulle part pour me demander s'il pouvait m'offrir  un café. Il ne parlait pas anglais et son espagnol n'était, en aucun cas, beaucoup mieux que le mien, mais il affichait  un attrayant sourire et une visible urgence de quelqu'un dans le besoin de compagnie.  Se tenant debout en face du comptoir, il m'annonça qu'il venait du Sénégal  et sillonnait l’Espagne à la recherche d’un travail saisonnier. Il me montra une vielle photo émaciée d'une jeune fille aux joues  rondes et lisses qu'il gardait dans son portefeuille. Sa femme, qu’il  avait dû laisser au pays, m’avait-il dit. Il ajouta, qu’ils [sa femme et lui]  se retrouveraient dès qu'il aura épargné assez d’argent pour son retour. En attendant, il lui écrira  assez souvent.

Nous finirons par prendre le bus de nuit  ensemble et faire chemin commun en direction de Barcelone  sans beaucoup nous parler, lui ; se tournant vers moi de temps en temps, tentant de m’expliquer les blagues de la vidéo en espagnol que l’on diffusait sur l’écran  accroché au-dessus du siège du conducteur.  Un peu avant  l’aube, l’on nous débarqua  devant un ancien dépôt de bus, et mon ami  me guida vers  un  épais  palmier qui avait pris racines  au bord de la route. De son sac, il  sorti une brosse à dents, un peigne et une bouteille d'eau qu'il me tendit gracieusement.  Dans la brume du matin nous nous lavâmes [nos visages] avant de hisser  nos sacs sur nos épaules pour se  diriger  vers la ville.

Quel était encore son nom? Je ne m’en souvenais plus  maintenant, juste pour dire qu’il était ;  un de ces affamés parti loin de leur terroirs, un de ses nombreux enfants des ex-colonies- Algériens, Antillais, Pakistanais- qui maintenant, réussissaient avec ingéniosité à organiser leur propre invasions pour franchir les  barricades de leurs anciens maîtres.  Et pourtant, alors que nous marchions vers le « Ramblas », [centre-ville de Barcelone] j’eu le sentiment que je le connaissais aussi bien que je connaissais n'importe quel homme; que, venant de deux  extrémités opposées de cette planète, nous effectuons en quelque sorte, le même voyage. Lorsque finalement  nous nous séparâmes,  j'étais resté planté dans la rue pendant un long moment , observant son image svelte, jambes arquées,  rétrécir dans le lointain, une partie de moi souhaitant  aller avec lui dans une vie de routes ouvertes et autres matins bleus, une autre partie se rendant compte que ce souhait était aussi un romantisme , une idée, aussi partiels que l’était  mon image du « Vieux homme »[mon père] ou mon image de l'Afrique.

Cela dura jusqu'à ce que je me rendis compte du fait que cet homme venant du Sénégal m'avait acheté un café et m'a offert de l'eau, et ceci n’était pas un « rêve » mais une réalité,  et que peut-être c'était tout ce dont chacun de nous avait le droit de s’attendre: une rencontre fortuite, une histoire commune, un acte d’une petite gentillesse " ( Barack Obama, « Rêve de mon Père », 2004)

Puisse-t-il en être ainsi  pour ce voyage qu’il se prépare à effectuer au pays de la Teranga

Antoine Faye

Analyste des Politiques Publiques

Spécialiste du lien Energie/Changement Climatique

Auteur: Antoine Faye
Publié le: Vendredi 24 Mai 2013

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