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Repenser le système éducatif sénégalais, Mon grain de sel (par Aliou Badara Ndiaye)

Auteur: Ndiaye Aliou Badara

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Repenser le système éducatif sénégalais, Mon grain de sel (par Aliou Badara Ndiaye)

« Quand on dépense un florin pour la guerre, on devrait en dépenser cent pour l’éducation, car une ville prospère ne dépend pas seulement de ses richesses et de ses murailles, mais de ces citoyens bien instruits, cultivés et honnêtes. » Martin Luther

« L’éducation des enfants est une condition indispensable à l’épanouissement des hommes » Erasme, le prince des humanistes.

  1. Redorer le blason de la décentralisation de l’éducation au Sénégal

Je propose une réforme fondée sur une réhabilitation de la décentralisation effective du système éducatif. Un partenariat structuré entre l’État et les collectivités territoriales constituerait un levier puissant pour améliorer la gouvernance scolaire et répondre plus efficacement aux besoins des élèves et des établissements.

  1. Rôle des collectivités territoriales

Les collectivités deviendraient des acteurs majeurs de l’éducation, en appui à l’État dans l’exercice de ses missions. Concrètement :

  1. Les communes, sous l’autorité du maire, devraient assurer la gestion des écoles maternelles et élémentaires publiques situées sur leur territoire :
  2. construction, équipement, grosses réparations ;
  1. entretien des bâtiments scolaires & du matériel pédagogique;
  1. gestion de la restauration scolaire et des activités périscolaires.
  1. Les départements seraient responsables des collèges.
  1. Les régions prendraient en charge les lycées y compris les lycées professionnels.

L’ensemble de ces compétences, transférées progressivement, permettrait de décharger l’État

et de rapprocher la gestion des établissements des réalités locales.

  1. Rôle central et réorganisé de l’État

Malgré cette décentralisation, le rôle de l’État demeure essentiel. Si l’Etat conserve la maitrise des orientations politiques, notamment pédagogiques et les moyens afférents (programmes, organisation des enseignements, définition et délivrance des diplômes, recrutement et gestion des personnels, répartition des moyens financiers, contrôle et évaluation) ; les collectivités se voient confier la responsabilité des moyens matériels ou logistiques.

  1. création de circonscriptions

Pour garantir une coordination efficace, il serait nécessaire de créer :

  1. des circonscriptions régionales, dirigées par des recteurs ;
  2. des circonscriptions départementales, dirigées par des inspecteurs académiques, équivalents des directeurs académiques des services de l’Éducation nationale.

Cette organisation renforcerait la cohérence des politiques éducatives nationales tout en laissant aux collectivités la capacité d’agir localement.

  1. Impact budgétaire

Une telle réforme impliquerait inévitablement une restructuration profonde du budget national et local, notamment par une réallocation significative des ressources vers les collectivités territoriales afin qu’elles puissent assumer pleinement leurs nouvelles missions.

  1. Pour la formation des formateurs

Concernant la formation des enseignants, le développement des compétences professionnelles et l’actualisation des gestes du métier constituent des enjeux majeurs. À ce titre, je propose que tous les enseignants de la maternelle, de l’élémentaire, du collège et du lycée comptant moins de dix ans d’ancienneté bénéficient de trois visites par an. Ces visites ne relèveraient pas d’une évaluation sommative, mais d’une démarche formative et d’accompagnement professionnel. Elles seraient assurées non pas par des inspecteurs, mais par des enseignants expérimentés totalisant au moins vingt-cinq ans de service, désignés d’office (s’ils le souhaitent) comme conseillers pédagogiques. Ces derniers seraient déchargés deux jours par semaine afin de mener à bien cette mission dans les zones qui leur sont attribuées.

  1. Egalité des chances dans l’enseignement

Afin de garantir une égalité des chances entre tous les élèves, quels que soient leur milieu social ou leurs ressources familiales, je propose un renforcement du soutien scolaire. Chaque enseignant assurerait 15 heures annuelles d’activités pédagogiques complémentaires (APC), organisées sur le temps du midi ou après la classe du soir. Ce dispositif permettrait d’apporter une aide ciblée et régulière aux élèves, contribuant ainsi à réduire significativement les difficultés scolaires dans l’ensemble des disciplines.

L’inclusion scolaire des enfants en situation de handicap

Il apparaît nécessaire de renforcer les politiques publiques en faveur de l’inclusion sociale, notamment dans le domaine de l’éducation, devant un contexte où le thème de la mendicité et des enfants de la rue défraie la une des journaux. Et pourtant, l’éducation pourrait être une arme

fatale contre cette mendicité et ce phénomène des enfants de la rue. En effet, il suffirait que le système éducatif sénégalais inscrive parmi ses priorités stratégiques l’inclusion et l’insertion des enfants en situation de handicap. Ces enfants doivent être pleinement reconnus comme des acteurs à part entière du développement national et non comme une charge sociale.

La mise en place d’une politique d’éducation inclusive constitue également un levier structurant pour l’insertion professionnelle des jeunes. Les titulaires du Brevet de Fin d’Études Moyennes (BEFM) pourraient être recrutés et formés en tant qu’Accompagnants des Élèves en Situation de Handicap (AESH). Déployés dans les classes ordinaires, ces accompagnants apporteraient un soutien pédagogique et social aux élèves autistes et à ceux présentant des besoins éducatifs particuliers. L’inscription de ses enfants en situation de handicap ferait disparaitre drastiquement le phénomène de la mendicité de ces enfants, car on croit souvent, à tort, que leur seul salut se résume à faire la manche dans la rue.

Une telle orientation contribuerait à la fois à l’amélioration de l’équité du système éducatif et au renforcement de l’employabilité des jeunes, tout en consolidant les fondements d’une société plus inclusive et plus juste.

Ndiaye Aliou Badara, Enseignant à Paris.

Auteur: Ndiaye Aliou Badara
Publié le: Jeudi 30 Avril 2026

Commentaires (10)

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    Citoyen il y a 6 heures
    Grand merci pour cette contribution !
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    Karim-USA il y a 6 heures
    Il faut rendre l’apprentissage de l’Arabe et du Coran obligatoire dès le primaire pour nous sauver de la malhonnêteté, de la pauvreté et des problèmes d'homosexualité. J’ai la meilleure proposition en matière d'éducation. C’est pourquoi je veuc entrer au gouvernement si et seulement si SONKO devient Président.
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    El hadj il y a 6 heures
    Bonne contribution
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    itipalaway il y a 6 heures
    En fait, ce que propose Monsieur N’diaye, ce n’est pas de repenser le système éducatif sénégalais. Il propose simplement de copier le modèle de gouvernance du système français et de le coller au Sénégal. Sauf que, ce qui marche en France ( à des degrés divers selon les territoires) ne fonctionnent pas forcément au Sénégal. Combien de fois avons-nous fait du copier-coller en partant de modèles français et combien de fois cela n’a pas marché ? Qui peut jurer que LMD est un succès au Sénégal ? Même si elles existent, les collectivités territoriales sénégalaises n’ont pas assez de compétences et surtout d’expériences pour qu’on leur délègue maintenant la gestion hors-pédagogie de l’éducation. Il est flagrant que les collectivités territoriales sénégalaises ne sont homogènes ni en compétences, ni en démarche locale. Cette différence se traduirait automatiquement sur le niveau des écoles, collèges et lycées d’une région à l’autre ou même au sein d’une même région. J’en reviens au terme « repenser » qui signifie redéfinir les contours de l’éducation en commençant par les contenus qui, visiblement, nécessitent une mise à jour. Derrière ces contenus, il faut revoir le niveau de recrutement et la formation des enseignants et des pilotes des établissements mais également des encadrants dudit système éducatif. C’est un préalable avant jouer la carte décentralisation. Vous ne pouvez et ne devez pas décentraliser quelque chose que vous ne maîtrisez pas encore. L’expérience et les réalités de la France ne sont pas celle du Sénégal et il est urgent d’être prudent sur un énième copier-coller. Si l’idée de repenser notre système est une évidence, la non-méthode proposée par Monsieur N’diaye ne me convainc pas. Dans ce genre d’exercice, une démarche expérimentale peut avoir du sens et mérite exploration.
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    Lam SENE il y a 5 heures
    Merci M. Ndiaye pour cette belle contribution qui ouvre un débat d'idée sur le système éducatif sénégalais qui a beaucoup de limite ou n' est plus adapté au contexte et au besoin du marché du travail ou du monde contemporain.
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    JS il y a 5 heures
    Très bonne contribution,le problème, c'est qu'au départ faut repenser le mode d'élection de nos élus, maires comme députés.....pour avoir l'homme qu'il faut à la place qu'il faut ,car sans vision ou stratégie bien définie,on tourne en rond.
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    Voilà où on en est il y a 5 heures
    Des intellectuels Sénégalais qui sont hors du pays qui ne savent ni la structure du système éducatif Sénégalais, ni sont fonctionnement et qui se permettent de faire des propositions. c'est bien de faire des propositions au cas où ça n'existe pas ou pour améliorer ce qui existe. Mais monsieur Ndiaye Aliou Badara, Enseignant à Paris permettez moi de vous informer (puisque vous ne lavez pas fait avant d'écrire ce texte) que tout ce que vous proposez existe déjà dans le système éducatif Sénégalais sauf là où vous parlez de recteur nous on parle d'inspecteur d'académie (IA), recteur c'est en France. Mais enfin, continuez la réflexion, mais cette fois en s'orientant vers l'appropriation de l'existant, d'abord, puis son amélioration, plutôt que de nous proposant tel quel ce qui existe déjà.
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    Voilà où on en est il y a 5 heures
    Lire ''plutôt que de nous proposer tel quel ce qui existe déjà.
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    Amy faye il y a 5 heures
    Machallah très pertinent
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    Pasteur Ngor Diomaye il y a 4 heures
    Félicitations ! Je salue particulièrement ce premier pas, mon cher Aliou Badara NDIAYE. Et je te souhaite une bonne continuation. J'encourage fortement de continuer non seulement cette réflexion ô combien salutaire pour le système éducatif sénégalais, d'entendre toutes les voix et, surtout, de toucher tous les acteurs, institutions et instances de décision en la matière, sans quoi tout ceci ne restera qu'un super beau texte. Toutefois, te connaissant (à moins que le pays de Macron dispose du produit pour transformer les troncs en crocodiles😅), j'ai bon espoir que tu ne t'en arrêteras pas au verbe. Rien que cet espoir me réjouit. Félicitations, une fois encore.
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    Ablaye THIAM il y a 2 heures
    Bravo frère pour tout ce que tu as dit sur l'école Sénégalaise : Diagnostic juste plus analyses pertinentes sont des avancées au bénéfice du système Merci encore une fois pour cette prise de parole

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