Le conservateur du parc national de Niokolo koba, n’a pu s’empêcher de tirer la sonnette d’alarme. Et ce, devant le ministre de l’Environnement, Abdoulaye Baldé, leur tutelle. Les conditions dans lesquelles ses agents vivent et travaillent, sont tout simplement insoutenables. En sous effectif, se battant au quotidien contre des braconniers lourdement armés tout en veillant sur 20 espèces de bêtes peuplant un parc de 913 000 hectares, ils sont aujourd’hui à la merci de nombreuses maladies telles que l’onchocercose, l’hépatite et même le cancer.
«Kéthiakh» et «mafé» au quotidien
«Le nombre d’hépatiques est considérable parmi les agents. Aujourd’hui, beaucoup d’agents vont prendre le cancer parce qu’ils ont longtemps séjourné dans le parc, ils ne font que manger du ‘‘Kétiakh’’. Avec le ‘‘mafé’’, du fait de l’aflatoxine, nous avons beaucoup de problèmes. On a 200 personnes qui vivent dans des conditions très difficiles. On a beaucoup de malades, à cause de l’onchocercose, du paludisme, de l’hépatite. Pour dire que même si on a 200 personnes, on n’a que 80 qui sont opérationnels», a alerté le conservateur du parc national de Niokolo koba, le lieutenant colonel Ousmane Kane. Le chef de l’Etat, à son passage au parc, leur avait promis des véhicules et une prime alimentaire. S’il leur a envoyé 6 véhicules pour mieux faciliter leur travail, il n’a pour le moment pas matérialisé sa seconde promesse.
«Les conditions de vie des agents sont précaires. C’est un problème réel que nous rencontrons ici. Les agents boivent l’eau de la Gambie. Leur flore intestinale est détériorée. Parfois, je les ravitaille en eau à partir de Tamba», ajoute M. Kane, fier de l’engagement dont ses hommes font preuve, dans la forêt Tambacoundoise, au prix de leur vie. Il listait les maux dont ils souffrent à leur ministre de tutelle, samedi dernier. Toujours sur les conditions de vie de ses troupes, M. Kane signalera ému, à Abdoulaye Baldé, que ses agents, logés dans une zone endémique, restent longtemps dans la brousse sans pouvoir poser leurs yeux sur les membres de leur famille. Travaillant chaque jour, ils n’ont ni samedi ni dimanche. Et s’il arrive qu’un d’entre eux rende l’âme, ils se débrouillent entre eux pour faire face aux charges: «On a des cas de décès où il n’y a rien, des cas de maladie où rien n’est prévu financièrement. Et le conservateur est obligé de prendre dans sa propre poche», renseigne M. Kane, qui révèle que leur budget de fonctionnent n’est que de 80 millions de Cfa.
4 kalachnikov, 42 orpailleurs et braconniers pris
Et malgré de telles conditions extrêmement précaires, ces agents, dévoués à la cause du «niokolo», parviennent à faire un «travail extraordinaire», dans un parc, «inscrit sur la liste des patrimoines en péril». En effet, de jour en jour, agriculteurs, braconniers, orpailleurs et éleveurs agressent le parc. De 2012 à 2014, 42 braconniers et orpailleurs ont été interpellés, 4 kalachnikov, 33 armes calibre 12, et 216 munitions ont été saisis. A ces menaces, s’ajoutent les dégâts causés par le corridor Dakar-Bamako. «La faune paye un lourd tribut avec le corridor Dakar-Bamako. Depuis un certain temps, on voit beaucoup d’accidents. On assiste même à des pertes en vies humaines», alerte M Kane. Le ministre de l’Environnement et du Développement durable a répondu que l’Etat ne peut accepter le braconnage, l’orpaillage ou l’agriculture dans le parc. Tout sera mis en œuvre pour matérialiser la prime alimentaire, a assuré Abdoulaye Baldé. Ce dernier a annoncé que le Premier ministre a donné l’autorisation à son département de recruter une trentaine d’agents chaque année.
Auteur: Seneweb News
Publié le: Mardi 25 Novembre 2014
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