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KHARDIATOU SOW «DEFA» : «Jonge moy wone finga mënee, quiconque ne le fait pas, j’ai pitié»

Auteur: Adama A. KANTE (Stagiaire)

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Contrairement à son amie «Khadija» qui n’a jamais rêvé être chanteuse, Khardiatou Sow, alias «Défa» clame plutôt que la musique est une passion qui l’a habitée depuis toujours. Elle a vu son rêve d’enfance se réaliser. «C’est un rêve d’enfance qui s’est réalisé, une passion avec laquelle j’ai grandi. Ça été toujours mon rêve d’être une chanteuse», avoue «Défa» cette Halpulaar au teint noir à la beauté rare . «Défa» présente de beaux traits, avec son visage fin, sa taille moyenne. Scotchée dans un fauteuil, «Défa» moulée dans une robe bustier évasée noir, assortie d’une veste en lin rouge, décorée avec du wax tricolore ( rouge, jaune et noir) chaussée de talons escarpins rouges, elle raconte son histoire avec le groupe Safari : «Je ne pensais pas être dans le groupe ‘Safari’. Je rêvais juste de cela depuis toute petite», dit-elle. En effet, la rencontre de ces trois jeunes filles s’est faite de manière naturelle. Khardiatou Sow était la voisine de «Khadija» et cette dernière était dans la même classe avec Marième. C’est ainsi que toutes les trois ont fini par se retrouver autour de leur amour pour la musique. Une relation d’amitié, donc qui a été renforcée pour leur amour pour la musique. Ce qui fait dire à «Défa» qu’elles sont devenues des amies avant d’être des artistes. Elle se dit d’autant plus heureuse qu’elle a eu la chance d’avoir un père qui l’a soutenue et aidée à réussir dans la musique. «J’ai eu beaucoup de chance parce que déjà mon père est mon meilleur ami et il m’a comprise et soutenue. Il est toujours là pour moi», confesse-t-elle sans souligner que si son père lui disait de poursuivre son rêve dans la musique, par contre sa mère, tenant toujours à ses coutumes de Halpulaar, avait refusé. «Ma mère ne voulait pas que je chante. Elle me disait toujours que je ne dois pas chanter parce que je suis une Torodo», révèle «Défa» qui explique que c’est des années plus tard que sa mère a compris et lui a donné sa bénédiction. Chanteuse dans le groupe, elle se distingue de par son style rare, le «Tooks», un genre qu’elle peine à expliquer. «Je ne sais pas comment l’expliquer, mais c’est du rap mélangé un peu avec d’autres mélodies. Voilà, c’est ça qu’on appelle le ‘Tooks’, mais il m’est difficile de donner une autre explication», confie-t-elle. Après le Bac, elle a arrêté pour se consacrer à la musique mais aussi pour des choses personnelles. «Je n’ai pas pu continuer mes études, car le virus de la chanson était en moi à 100%. C’est la musique qui a gâché mes études», avoue-t-elle. Le rêve que nourrissent «Défa» et sa bande, c’est de percer sur la scène internationale. Elle rêve, dit-elle, «de Grammy Awards, de défiler sur les tapis rouges des Etat Unis, pour qu’on sache qu’il y a des Sénégalaises qui ont du talent et se battent pour s’en sortir». Côté coeur, «Défa» confie ne pas être une femme libre. «Mon coeur n’est plus à prendre. Je suis déjà casée», lâche-t-elle en rigolant. Il faut dire qu’elle n’est pas allée chercher loin. Car, elle a convolé en justes noces avec son producteur, Moussa du groupe Gelongal. Affirmant que c’est la volonté divine, elle explique que bien que son producteur soit aussi son époux, elle travaillait avec lui de manière professionnelle. «Déjà, avant de connaître mon mari, on travaillait ensemble de manière professionnelle. Mais comme le dit l’adage ‘c’est Dieu qui décide avec qui tu te maries’. Et dans mon cas, il a voulu que ce soit Moussa qui est aussi notre producteur», relativise la jeune femme sans manquer de préciser que, ce n’est pas un handicap de travailler avec son mari. «Ce n’est pas un blocage, puisque c’est lui le producteur et il excelle dans la musique comme moi. Je trouve même que c’est facile. On travaille en famille et comme des pros. Et ça marche plutôt bien», clame «Défa», le sourire aux lèvres.

«’Defar ba mu bax’ rime bien avec mon nom : Défa»

Très timide au début et ne voulant point qu’on «touche (son) côté sensible de femme mariée», elle sort pourtant de sa réserve dès qu’on prononce le mot «Jongué» (coquetterie). Elle sursaute de son fauteuil, avec un large sourire, elle se réajuste pour couper l’entretien en français, histoire de se mettre à l’aise avec le wolof. «L’islam mo beugeu ñu diongué» (c’est l’islam qui recommande à la femme d’être coquette)» fait-elle savoir. Pour elle, «Jonge moy wone finga mënee (être coquette c’est montrer ce dont on est capable en tant que femme). Quiconque ne le fait pas, j’ai pitié de lui». «Défa» dit que c’est sa manière à elle de «marquer son territoire et poser (son) empreinte». A la question de savoir si elle a peur d’avoir une coépouse, elle répond : «Non ! Ce n’est pas que je n’aime pas avoir une coépouse, mais un bon mari mérite un bon entretien, avec des mots doux, des sourires, des plats bien préparés, des câlins. Et même si on est fâché, il y a des moments pour le lui montrer. Bref, il ne faut pas être brutale. Tout ça, pour une femme, cela fait partie du «defar ba mu bax (tout mettre en ordre), qui rime bien avec mon nom : Défa». Refusant de dévoiler ses trucs et astuces pour garder son mari, elle consent à dire : «De toute façon, tout ce que font les bonnes femmes sénégalaises pour être heureuses dans leur foyer et rendre heureux leur mari et le rendre encore plus amoureux comme le premier jour, je le fais. Mais je ne vais pas dévoiler ma tactique. Je vous dis simplement qu’il faut être ‘mokk poth’, au cas contraire je n’ai pas de solution».

Auteur: Adama A. KANTE (Stagiaire)
Publié le: Dimanche 23 Décembre 2012

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