« Nous ne voyons que le défilé des 4X4 appartenant à des organisations non gouvernementales (Ong) ou à des soi-disant projets de développement nous empoussiérant tout le temps », se désole Pape Seydi, président de l’association Yirwa. Selon lui, « Sédhiou devait de loin dépasser son stade actuel de région sans développement ». « On nous informe chaque semaine ou au plus chaque mois de l’installation d’une Ong ou d’un projet mais il n’y a aucun impact socio-économique sur les populations », regrette le président deYirwa.
Plus pessimiste, Mamadou Lamine Danso, instituteur en service à l’inspection d’académie, reste convaincu qu’il n’y a pas de projet ou d’Ong qui soit en train d’exécuter correctement ses activités dans la région. Ni le projet d’appui au développement rural en Casamance (Paderca) ni l’agence nationale pour la relance des activités socio économiques en Casamance (Anrac) n’apportent rien aux Sédhiois. Les autres Ong et projets n’existent que de noms sur les panneaux publicitaires.
Embouchant la même trompette, Ibrahima Sané dira : « je ne vois pas l’utilité des projets à Sédhiou. Les coordonnateurs sont là pour eux-mêmes et non pour les populations ».
Diang Karé, un fonctionnaire à la retraite, ne dit pas moins. « Il ne faudrait pas que ces projets soient des projets de bureau. Personne ne les sent sur le terrain en train d’œuvrer pour la réduction de la pauvreté ou pour le bien-être des masses vulnérables ».
En tout cas, au cours d’un comité régional de développement (Crd), Khady Mané, présidente de la fédération des associations féminines du Sénégal (Fafs) avait jeté des pierres dans les jardins des coordonnateurs de projets. « Les formations, ça suffit. On nous a tellement formées que nous sommes maintenant saturées. Donnez-nous mais enfin les moyens de pratiquer ce que nous avons appris de vous », leur avait-elle lancé.
Dans le même ordre d’idées, l’ancien gouverneur Cheik Kane Niang, récemment affecté, avait plaidé pour une harmonisation des activités des Ong et projets de la région pour plus d’efficacité et de lisibilité. Mais jusque-là, c’est la cacophonie totale. Les séminaires et les équipements qui engloutissent les moyens financiers sont plus prisés que les réalisations d’infrastructures socio-économiques de base. L’Italie, à travers le projet rural et intégral pour le développement de la moyenne Casamance (Primoca) et le fonds de développement local (Fdls) a injecté 36 milliards en 1986 et 2 milliards en 2010 dans la région. Malgré tout, la ville n’a rien de plus qu’un village et ses populations sont toujours lacérées par la pauvreté.
A Ziguinchor le gouverneur Cheikh Tidiane Dieng, en marge de la phase II du programme de relance des activités socio-économiques (Praes 2) a fustigé la gestion à distance de l’Anrac. Pour le chef de l’exécutif régional de Ziguinchor, c’est aberrant que la direction et tout le personnel de l’agence soient logés à Dakar. Il a plaidé pour une gestion de proximité en souhaitant que l’agence s’installe à Kolda, à Sédhiou ou à Dakar.
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