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COMMERCIALISATION DE L’ARACHIDE A KAOLACK : Le kilogramme bradé entre 100 et 150 F Cfa

Auteur: Bakary DABO

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Au moment où le ministre de l’agriculture joue au tyran contre le Conseil national de concertation et de coopération des ruraux (Cncr), les producteurs d’arachide eux broient du noir. Ces derniers ne savent plus à quel sein se vouer. A défaut de voire des structures étatiques venir leur acheter leur production à un prix acceptable, ils sont obligés de brader l’arachide à des prix dérisoire pour espérer avoir quelque chose à mettre sous la dent.

Le ministre de l’agriculture, Amath Sall ne s’est il pas trompé de combat en donnant des directives consistant à cesser toute collaboration avec le Conseil national de concertation et de coopération des ruraux (Cncr) ? La question s’impose du moment que l’arachide est en train d’enregistrer l’une de ses plus mauvaises campagnes de commercialisation avec des ratées à en plus finir. La tournée que l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (Aser) a effectué le samedi 31 janvier 2009, pour des visites de chantier d’installation à Wakhngouna, dans la région de Kaolack, a été une opportunité pour s’enquérir de la situation des producteurs d’arachide de la zone. Le désarroi était perceptible chez ces « braves » populations du bassin arachidier qui n’ont que l’arachide comme source de revenu. Après des mois d’investissements physiques et financiers, nombreux d’entre eux cachent mal leur désolation. L’inquiétude a gagné le cœur de ces gens qui font face à une demande sociale qui ne cesse d’être pressente. Comme l’a fait savoir M. Alpha Sall, agriculteur rencontré à Wakh Ngouna. Interpellé sur la question, le bonhomme, dans sa tunique bleue dont la couleur n’a pas beaucoup résisté aux rayons du soleil, a lancé : « nous les paysans, nous sommes confrontés à d’énormes difficultés.

Ce qui a généré une grande frustration ». Il juge cette situation incompréhensible du moment que le régime actuel leur inspirait beaucoup confiance. « Nous sommes parmi les premiers souteneurs de ce régime mais à chaque fois, on se débrouille pour trouver des moyens pour cultiver nos champs, après c’est la croix et la bannière pour la commercialisation ». A l’image de plusieurs producteurs de cette localité, a poursuivi notre interlocuteur, « je stocke désespérément ma production d’arachide pour espérer un jour trouver preneur ».

Sans pour autant se décourager, M. Sall d’affirmer : « nous prions les autorités de venir acheter l’arachide que nous avons produit avec beaucoup de peine parce que nous n’avons que ça comme source de revenu ». En plus de cela, il a profité de l’opportunité pour faire savoir que : « les producteurs et populations de Wakh Ngouna attendent toujours les promesses faites par les autorités pour nous aménager une piste de production et des routes praticables pour lutte contre l’enclavement ».

Avec cette situation, Alpha Sall informe que « beaucoup de producteurs sont obligés de vendre une grande partie de leur arachide parce qu’ils n’ont pas le choix ». A l’en croire, « les prix vendus dans les marchés hebdomadaires se situent entrent 135 à 140 F Cfa. Ce qui ne nous arrange pas ». Devant cet état de fait, il estime ainsi que : « ce sont les commerçants qui profitent plus de cette situation où les producteurs se trouvent dans le besoin ». Malgré cette situation incertaine, M. Sall nous apprend que certains producteurs ont cas même pris le soin d’épargner une partie de leur récolte pour préparer la prochaine campagne. Par contre, a-t-il précisé, « d’autres ne peuvent pas faire la même chose parce qu’ils sont obligés de tous brader pour espérer avoir de quoi nourrir leur famille ».

La même désolation a été enregistrée chez M. Mbaye Thiam, producteur rencontré à Thiamène Keur Amath Ndangé. Avec son chapelet à la main qui renseigne sur sa piété, le bonhomme environ la quarantaine pense que « pour la présente campagne de commercialisation arachidière, nous nous remettons au bon Dieu bien que nous n’ayons pas atteint les résultats escomptés ». A son avis, « les mauvaises récoltes sont dues à une insuffisance de semences et d’engrais à laquelle les producteurs étaient confrontés au départ de la campagne ». Une situation qui, selon M. Thiam, « n’a pas beaucoup aidé les cultivateurs qui étaient déjà confrontés à un problème de sols qui ne sont presque plus fertiles ni praticables pour l’arachide ».

Ce producteur d’arachide a déclaré à qui veut l’entendre que la présente campagne de commercialisation diffère de loin de celles des années passées notamment du côté de l’engouement. « Nous n’avons que des échos du démarrage officiel de cette campagne de commercialisation parce qu’on ne voit pas de point de collecte ». Ce qui, à l’en croire, oblige les producteurs de sa localité à courir les marchés hebdomadaires pour espérer écouler leur production. « Actuellement, nous avons presque vendu toute notre production sans pour autant en tirer profit. Maintenant, on espère que le gouvernement nous viendra en secours pour au moins nous permettre de préparer la prochaine campagne si non ce sera la catastrophe dans le monde rural ». M. Mbaye Thiam a fait savoir que : « au début, les gens vendaient à 100 F Cfa mais actuellement les prix sont à 150 F Cfa ».

La même situation a été relevée à Keur Makhtar Fatou où on a rencontré M. Bassirou Cissé. Ce dernier qui se réclame producteur informe que « l’arachide n’est actuellement vendue que dans les marchés ». Parfois, a-t-il ajouté, « il y a des commerçants qui viennent à l’improviste avec leur camion pour acheter à des prix qui n’arrangent pas vraiment les producteurs. A un moment, les prix avaient pris un léger envole en se fixant à 150 F Cfa mais actuellement non seulement ils ont baissé jusqu’à 135 F Cfa mais les agriculteurs ne voient même plus d’acheteurs ». Il fait savoir que « vraiment, le mieux pour nous c’est de vendre l’arachide à un prix qui nous permet au moins de régler les problèmes de nos familles ».

Pour ce qui est de la prochaine campagne arachidière, M. Cissé, ave un ton de désolation a avancé : « on ne sait pas encore à quoi s’en tenir. Le plus important c’est d’abord de se focaliser sur le sort qui sera réservé à la récolte qui est actuellement entre nos mains ». Les femmes rencontrées dans ces villages n’ont pas été insensibles à ce problème. Sans vouloir trop s’avancer sur ces difficultés, elles nous ont, à chaque fois, renvoyé chez les hommes qui, selon elles, maitrisent plus la question.

Ce blocage constaté dans la commercialisation de l’arachide dans le bassin arachidier était même perceptible dans le milieu urbain de cette zone avec notamment les camions chargés de sacs remplis d’arachide qui étaient stationnés devant le port commercial de Kaolack. Ce qui pourrait être un point de satisfaction pour cette présente campagne est la disponibilité de l’aliment bétail. Les cases de la plupart des villages traversés étaient ornées de tas de paille d’arachide jalousement stockés pour espérer mettre les animaux domestiques à l’abri du besoin alimentaire. Reste à savoir si les animaux pourront bénéficier pendant longtemps de cette situation d’abondance si toute fois leurs propriétaires ne parviendraient pas à trouver de quoi mettre sous la dent. Wait and see.

Auteur: Bakary DABO
Publié le: Vendredi 06 Février 2009

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