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Chirurgie réparatrice des mutilations génitales féminines : L’hôpital Abass Ndao renforce la prise en charge gratuite des survivantes

Auteur: Yandé Diop

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Chirurgie réparatrice des mutilations génitales féminines : L’hôpital Abass Ndao renforce la prise en charge gratuite des survivantes

Le centre hospitalier Abass Ndao a tenu un point de presse consacré à la prise en charge gratuite des survivantes de mutilations génitales féminines (MGF), incluant la chirurgie réparatrice, le suivi médical et l’accompagnement psychosocial. Une initiative présentée comme une réponse sanitaire, humaine et éthique à une pratique toujours persistante malgré son interdiction formelle par la loi sénégalaise.

Au Sénégal, en effet, les mutilations génitales féminines sont criminalisées depuis la loi n°99-05 du 29 janvier 1999 modifiant le Code pénal. L’article 299 bis prévoit des peines d’emprisonnement de six mois à cinq ans pour toute personne qui porte atteinte à l’intégrité de l’organe génital féminin, par ablation totale ou partielle, infibulation ou tout autre moyen. La peine est aggravée lorsque l’acte est commis ou favorisé par un agent de santé et peut aller jusqu’aux travaux forcés à perpétuité lorsque la mutilation entraîne la mort. 

Malgré ce cadre juridique strict, les MGF demeurent une réalité pour de nombreuses femmes et jeunes filles, avec des conséquences lourdes sur les plans physique, psychologique et social.

Une prise en charge gratuite et holistique

Face à cette situation, le centre hospitalier Abass Ndao a mis en place un programme de prise en charge gratuite des victimes, comprenant notamment la chirurgie réparatrice des séquelles des MGF, le suivi gynécologique et obstétrical ainsi qu’un accompagnement psychosocial confidentiel. 

Selon les responsables de l’hôpital, cette initiative vise à améliorer l’accès aux soins pour les survivantes, à briser le silence autour de cette pratique néfaste et à contribuer à son éradication totale. 

Le point de presse a permis de présenter les services disponibles, les résultats attendus et les efforts multisectoriels déployés pour garantir une prise en charge digne et respectueuse des victimes.

Dans la foulée, le professeur Demba Diédhiou, directeur du centre hospitalier Abass Ndao, a officiellement lancé les activités de la 3e édition du Programme de réparation chirurgicale des MGF.

« Ces activités se dérouleront du 2 au 6 février au niveau de la maternité de l’hôpital Abass Ndao, en partenariat avec l’Assistance publique, hôpitaux de Marseille », a-t-il déclaré. 

Il a précisé que cette initiative bénéficie du soutien de nombreux partenaires stratégiques, notamment le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique, la Direction de la santé de la mère et de l’enfant, le ministère de la Famille, de l’Action sociale et des Solidarités, l’Organisation mondiale de la santé, l'ONU Femmes, l’UNICEF, l’INFP et la mairie de la ville de Dakar. 

Selon lui, les soins gratuits seront assurés par une équipe internationale composée de spécialistes venus de Marseille, aux côtés de professionnels sénégalais issus de plusieurs disciplines, notamment la gynécologie-obstétrique, l’urologie, la chirurgie générale et la réanimation.

 « La prise en charge ne se limite pas à la chirurgie. Elle englobe également les aspects médicaux et surtout psychosociaux », a insisté le Pr. Diédhiou.

Formation médicale et colloque scientifique

Au-delà des interventions chirurgicales, cette troisième édition met également l’accent sur le renforcement des capacités des professionnels de santé. Des activités de formation médicale continue sont prévues, portant sur la prise en charge psychosociale, l’évaluation échographique et la maintenance des équipements biomédicaux. 

Ces activités seront clôturées par un colloque scientifique prévu à l’hôtel Radisson (ex-Nova), autour du thème « Prise en charge des mutilations génitales féminines : de la prévention à la réparation ».

Une approche intégrée et durable

Pour la professeure Anna Sarr, cheffe du Service de médecine interne et présidente de la commission scientifique de l’activité, la particularité de cette troisième édition réside dans son approche intégrée. « En plus des activités chirurgicales, nous avons mis en place des ateliers d’échographie, de psychosexologie et de maintenance des appareils médicaux », a-t-elle expliqué. 

Elle a également annoncé l’organisation d’un colloque réunissant près de 200 participants, parmi lesquels des praticiens, des représentants des ministères concernés, des agences onusiennes et des organisations de la société civile engagées dans la lutte contre les MGF. 

« L’accent sera mis non seulement sur la prise en charge, mais aussi sur la prévention. Comment agir efficacement au niveau des communautés, des écoles et des associations de femmes pour éradiquer définitivement cette pratique ? », a-t-elle souligné.

Vers un centre de référence régional

Fort de l’engagement renouvelé des partenaires nationaux et internationaux, le centre hospitalier Abass Ndao ambitionne de devenir un centre de référence régional dans la prise en charge des mutilations génitales féminines. Au-delà de la campagne d’une semaine, les responsables de l’hôpital assurent que toutes les femmes enregistrées dans le programme bénéficieront d’un accompagnement médical et psychosocial à long terme, dans l’objectif d’améliorer durablement leur santé génitale, psychologique et globale. 

À travers cette initiative, le centre hospitalier Abass Ndao réaffirme que la lutte contre les mutilations génitales féminines ne relève pas seulement de la loi, mais aussi d’un impératif de santé publique, de dignité humaine et de justice sociale.

Auteur: Yandé Diop
Publié le: Mercredi 28 Janvier 2026

Commentaires (3)

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    Hypocrisie il y a 7 heures
    QUAND TU NOUS TIENT ! l'excision se pratique encore et toujours au Sénégal , arrêtons de nous mentir ! Rendez-vous dans les maternités quand des femmes excisées, cousues accouchent, elles se retrouvent déchirées du vagin au rectum ne pouvant plus retenir leur urine et leurs selles ce qui n'empêche pas leurs maris de remettre le couvert après une è-nième grossesse.
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    @@hypocrisie il y a 7 heures
    👋👋👋👋👋👋
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    Toutafait il y a 7 heures
    Moi meme jai ete victime de l'excision et je ne pardonnerai jamais ma propre mere.. car en tant qu'intellectuelle elle m'a fait subir ces conneries.. a mon age jai 40 ans je me demande qui va me reparer.. je n'ose meme pas en parler tellement que jai honte.
    de ca..
    En tout cas sama Ndeye ak sama tante.. balou malene adouna ak alakhira.
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    Silo il y a 4 heures
    L'excision une méchanceté créée par l'homme pour priver à la femme d'un don dee Dieu : son plaisir sexuelle. C'est une pratique qui n'apporte rien du tout à la femme la seule chose qu'on nous raconte c'est "Une coutume". Faire l'amour à une femme excisée c'est comme coucher avec un tas de viande ni soupir ni gémissement même pas un cri de plaisir ren du tout.

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