Enseignement supérieur : le SAES interpelle sur le recrutement en Guinée et dénonce des injustices sociales persistantes
Réuni le samedi 10 janvier 2026 à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, le Secrétariat national du Syndicat Autonome de l’Enseignement Supérieur (SAES) a passé en revue plusieurs questions majeures touchant le système universitaire sénégalais. À l’issue de cette rencontre, le syndicat a exprimé de vives préoccupations relatives, d’une part, au recrutement de 300 enseignants-chercheurs en Guinée et, d’autre part, au non-paiement de certaines pensions dues aux ayants droit des enseignants-chercheurs décédés ainsi qu’aux retraités de nationalité étrangère.
Recrutement d’enseignants en Guinée : le SAES appelle au respect strict de la réglementation
Le SAES indique avoir pris connaissance de la liste de cinquante-neuf (59) enseignants sénégalais proposés pour un recrutement en Guinée. Selon le syndicat, quarante-et-un (41) de ces candidats sont des docteurs sans emploi et six (06) sont des enseignants-chercheurs retraités, soit près de 80 % de l’effectif, libres de tout engagement professionnel.
Toutefois, le syndicat souligne que douze (12) enseignants-chercheurs figurant sur cette liste exercent déjà dans des établissements publics d’enseignement supérieur au Sénégal. Une situation jugée irrégulière, ces derniers ne pouvant, selon la loi, occuper simultanément un emploi permanent dans une autre structure publique ou privée, nationale ou internationale.
Le SAES tient néanmoins à relativiser l’ampleur du phénomène, précisant que ces douze enseignants ne représentent que 0,4 % de l’effectif total des enseignants-chercheurs et chercheurs permanents des universités publiques sénégalaises, qui continuent d’assurer quotidiennement leurs missions d’enseignement, de recherche et d’administration.
Rappelant que la mobilité et la mise en disponibilité sont strictement encadrées par la loi n°81-59 du 9 novembre 1981 portant statut du personnel enseignant des universités, le SAES invite les concernés à se conformer rigoureusement à la réglementation en vigueur.
Par ailleurs, le syndicat souligne que le Sénégal et la Guinée ont signé, le 23 mai 2025, un protocole d’accord de coopération universitaire et scientifique, prévoyant la mobilité des enseignants-chercheurs, du personnel d’appui et des étudiants. À ce titre, le SAES appelle les autorités des deux pays à définir clairement les mécanismes de mise en œuvre de cet accord, dans le respect des textes légaux.
Dans le même esprit, le syndicat exhorte le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (MESRI) à procéder à un recrutement massif de docteurs sans emploi, conformément au protocole d’accord Gouvernement–SAES du 6 janvier 2023, afin d’atteindre un taux de 70 % d’enseignants permanents et d’améliorer significativement le taux d’encadrement, encore largement en dessous des normes internationales.
Pensions de réversion et retraites : le SAES dénonce une injustice persistante
Le SAES a également dénoncé la lenteur dans l’application du décret n°2025-398 du 7 mars 2025, signé par le Président de la République pour corriger l’injustice subie par les ayants droit des enseignants-chercheurs décédés. Malgré ce texte, de nombreuses veuves, veufs et orphelins ne bénéficient toujours pas de la pension de réversion qui leur est due, en dépit des multiples interpellations adressées au MESRI et au Fonds national de retraite (FNR).
Autre point de crispation : le refus, depuis plus d’un an, du FNR de liquider et de payer les pensions de retraite des enseignants-chercheurs retraités de nationalité étrangère. Une situation que le SAES juge incompréhensible, ces enseignants ayant été soumis au même régime de cotisation que leurs collègues sénégalais tout au long de leur carrière.
Face à ce qu’il qualifie d’« injustices persistantes », le SAES annonce une mobilisation générale de ses militants dans les jours à venir, après avoir, sans succès, alerté les autorités compétentes, notamment le MESRI, le ministère des Finances et du Budget et le Haut Conseil du Dialogue Social.
Le syndicat dit rester déterminé à obtenir une résolution définitive de ces questions, au nom de l’équité, de la justice sociale et du respect des engagements de l’État envers la communauté universitaire.
Commentaires (13)
Le fonctionnaire/salarie sous contrat au senegal, meme CDD ne peut le faire sauf demission, licenciement, fin de contrat . La loyauté envers son employeur est une regle de base d'un contrat.
Arretons le cinema, on sait qu'on sait. Maintenant, si on est professeur TEMPORAIRE, avec l'accord de cooperation entre deux institutions, aucun soucis....
Seulement ce syndicat ne parle presque jamais des conditions des vacataires qui représente près de 70% du personnel enseignant à l'UCAD notamment
La plupart d'entre eux n'ont pas encore reçu le salaire du 1er semestre 2024-2025
Même dans les écoles privées supérieures et secondaires de Dakar il peut atteindre 10000 voir 15000
Il doivent bénéficier d'un statut pour éviter leur exode car beaucoup d'entre eux ne veulent pas s'exiler
Il faut surtout payer leurs salaires à temps car certains n'ont pas d'autres activités rémunératrices alors qu'ils sont des pères et mères de familles
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