Tā-Hā : une des preuves du miracle du Coran
Chers lecteurs, nous voici au dernier article de notre série consacrée aux ḥurūf al-muqaṭṭaʿāt, ces mystérieuses lettres séparées qui ouvrent vingt-neuf sourates du Coran. Vous pourrez retrouver l’ensemble du déchiffrement proposé dans l’ouvrage « Ḥurūf al-muqaṭṭaʿāt : la langue de la révélation abrahamique », disponible sur www.at-tawbah.org.
Dans les articles précédents, nous avons présenté les différents avis des savants : certains rattachent ces lettres à des épithètes des Noms d’Allah, tandis que la majorité les considère comme relevant du mystère divin. Nous avons également montré que ces lettres semblaient s’adresser en priorité, à l’époque de la révélation, aux lettrés identifiés dans le Coran comme les « Gens du Livre », c’est-à-dire les juifs et les chrétiens.
Ce constat nous a conduits à rechercher leur signification dans la langue originelle de la Torah révélée à Moïse. Nous avons ainsi exploré l’hypothèse du proto-sinaïtique (ou paléohébraïque), ancêtre des langues sémitiques, notamment l’arabe et l’hébreu, que nous rattachons à une origine commune remontant à Abraham, ancêtre des deux traditions. Dans ce cadre, nous avons évoqué le fait que, suite à la déportation à Babylone au VIe siècle avant Jésus-Christ, les scribes juifs auraient progressivement abandonné cette écriture ancienne au profit de l’araméen, participant ainsi à une transformation linguistique des textes. Par la grâce d’Allah, l’étude du paléohébraïque permet d’apporter un éclairage nouveau sur ces lettres. En effet, un même signe peut remplir plusieurs fonctions : il représente à la fois un son (comme une lettre), mais aussi une idée ou une image. Ainsi, ces signes combinent une dimension phonétique, visuelle et conceptuelle, formant un système d’écriture riche et polysémique.
Dans cette perspective, le Coran apparaît non seulement comme une confirmation des révélations antérieures, mais aussi comme une réactivation de structures anciennes du langage, conservées sous une forme condensée et remarquable. Je vous propose aujourd’hui d’explorer ensemble les enseignements des lettres :
Tā-Hā, Tā-Sīn, Tā-Sīn-Mīm et Yā-Sīn. Pour rappel, voici ci-dessous les lettres du paléohébraïque.
Avec Tā (Tav) – Hā (Hey), on lit : La Marque – Des anciennes révélations (comme preuve du miracle du Coran et du Prophète Muhammad (PSL))
La sourate traite presque exclusivement du récit de Moïse, en Égypte et hors d'Égypte, ainsi qu'une brève partie consacrée à l'histoire d'Adam. Elle répond à ceux qui demandent un miracle : « La Preuve (le Coran) de ce que contiennent les Écritures anciennes ne leur est-elle pas venue ? » — Extrait de la sourate 20, Tā-Hā.
(1) Tā-Hā. (2) Nous n'avons point fait descendre sur toi le Coran pour que tu sois malheureux, (3) si ce n'est qu'un Rappel pour celui qui redoute Allah, (4) (et comme) une révélation émanant de Celui qui a créé la terre et les cieux sublimes. (5) Le Tout Miséricordieux S'est établi [Istawā] sur le Trône.
(…)
(133) Et ils disent : « Pourquoi ne nous apporte-t-il pas un miracle de son Seigneur ? La Preuve (le Coran) de ce que contiennent les Écritures anciennes ne leur est-elle pas venue ? » (134) Et si Nous les avions fait périr par un châtiment avant lui [Muhammad], ils auraient certainement dit : « Ô notre Seigneur, pourquoi ne nous as-Tu pas envoyé de Messager ? Nous aurions alors suivi Tes enseignements avant d'avoir été humiliés et jetés dans l'ignominie. »
Conclusion : Tā-Hā désigne le Coran (ou le Prophète Muhammad ﷺ) en ce qu'il porte comme preuve les marques et traces des anciennes révélations.
Avec Tā (Tav) – Sīn (Shin) – Mīm (Mem), on lit : La Marque (les signes) – de la Destruction divine – de la Vie
Les deux sourates traitent quasi exclusivement de l'histoire de l'Exode, avec la noyade de Pharaon et de son armée, ainsi que la destruction des peuples anciens. Allah ﷻ dit, sourate 26 :
(192) Ce Coran, c’est le Seigneur de l’univers qui l’a fait descendre, (193) et l’Esprit fidèle est descendu avec cela (194) sur ton cœur, pour que tu sois du nombre des avertisseurs, (195) en une langue arabe très claire. (196) Et ceci était déjà mentionné dans les Écrits des anciens envoyés. (197) N’est-ce pas pour eux un signe, que les savants des Enfants d’Israël le sachent ? (198) Si Nous l’avions fait descendre sur quelqu’un des non-Arabes, (199) et que celui-ci le leur eût récité, ils n’y auraient pas cru. (200) Ainsi l’avons-Nous fait pénétrer [le doute] dans les cœurs des criminels ; (201) mais ils n’y croiront pas avant de voir le châtiment douloureux.
Conclusion : Tā-Sīn-Mīm désigne la révélation, dans le Coran, des traces des destructions des villes et des peuples mécréants.
Avec Tā (Tav) – Sīn (Shin), on lit : La Marque (les signes) – de la Destruction divine
La sourate 27, An-Naml (La Fourmi), relate le récit de Moïse et la destruction de Pharaon ; le récit de Salomon avec la reine de Saba, qui se conclut par sa soumission à Allah ﷻ et à Son Prophète devant les preuves — notamment son palais (lui aussi détruit par la suite) ; l'histoire des Thamūd, peuple du prophète Ṣāliḥ, et leur destruction ; ainsi que l'histoire du peuple de Lot, qui pratiquaient l'homosexualité, et sa destruction (le renversement de Sodome).
Conclusion : Tā-Sīn désigne la révélation, dans le Coran, de la Marque des destructions et des châtiments divins.
Avec Yā (Yod) - Sīn (Shin) on lit : L’Exécutant - de la Destruction Divine : ici « Le Cri »
La sourate nº36, Yā-Sīn, relate le récit d'un peuple qui reçut trois messagers ainsi qu'un témoin issu de ses propres rangs. Ils refusèrent de croire et tuèrent leur concitoyen. Le Cri les détruisit. Vient ensuite l'histoire des peuples de la fin des temps, qui refuseront de nourrir les pauvres : le Cri les saisit soudainement, et les voilà tous morts. S'ensuivit le souffle de la Trompe de l'appel à la résurrection, puis le Cri de l'appel au Jugement dernier. La sourate s'achève sur le sort des bienheureux du Paradis et le sort des malheureux de l'Enfer.
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