RTS : Journée brassards rouges sur fond de contestation syndicale après l’annonce de l’apurement des arriérés par Pape Alé Niang
Ce mercredi 7 janvier 2026, les travailleurs de la Radiodiffusion télévision sénégalaise (RTS) observeront une journée de port de brassards rouges à l’appel de l’Intersyndicale SYNPICS-SYNPAP. Ce geste symbolique exprime une colère maîtrisée, une vigilance collective et un refus assumé de ce que les syndicats qualifient d’arbitraire dans la gestion de l’entreprise publique.
Selon l’Intersyndicale, cette mobilisation vise à dénoncer une dérive grave : la suspension unilatérale, illégale et injustifiable de l’accord d’entreprise signé en 2024 entre la RTS et le syndicat le plus représentatif. Une décision qui aurait été prise sans base légale, sans procédure contradictoire et sans notification formelle.
Les syndicats dénoncent également la suspension arbitraire d’un accord contractuel en vigueur, une confusion entretenue entre le financement public de l’audiovisuel, l’exécution des droits conventionnels des agents ainsi qu’un refus persistant du dialogue social, accompagné de pressions, de menaces et de tentatives d’intimidation à l’encontre des représentants syndicaux.
Cette journée de protestation intervient dans un contexte déjà marqué par la polémique autour de l’annonce par la Direction générale de la RTS de l’apurement des arriérés dus au personnel.
Réagissant à ce que le DG de la RTS, Pape Alé Niang, présente comme un effort financier majeur, le SYNPICS et le SYNPAP relativisent fortement la portée de cette mesure.
"Il s’agit tout simplement de l’argent des travailleurs retenu à la source pour financer l’IPM, la coopérative et la mutuelle. L’apurement des arriérés ne saurait être présenté comme un exploit. La manipulation ne passe plus", martèlent les deux organisations syndicales.
Pour rappel, dans une note interne relayée par le quotidien "Libération", la direction générale a annoncé l’apurement intégral des arriérés sur la période 2022-2024. Cette opération concerne les reliquats d’ordres de mission, les cotisations à la coopérative d’habitat, à la mutuelle sociale des travailleurs ainsi que les droits au repos.
Concernant l’Institution de prévoyance maladie (IPM), un acompte qualifié de significatif aurait été versé avec l’engagement de solder le reliquat à travers un moratoire.
Selon la direction, cette démarche s’inscrit dans une politique de redressement visant à restaurer la confiance avec les partenaires sociaux et institutionnels, à renforcer la rigueur dans la gestion des ressources et à instaurer un environnement de travail serein et motivant. Une lecture que les syndicats contestent vigoureusement.
Au-delà de la question des arriérés, le climat social reste délétère à la RTS. Les syndicats accusent la direction d’un mode de gestion qu’ils jugent « solitaire, opaque et clientéliste », et dénoncent l’absence de dialogue social sincère. Les travailleurs évoquent également des zones d’ombre dans l’attribution de certains marchés publics citant le dossier du "village de la CAN" dont la gestion aurait été confiée, selon eux, à un proche du directeur général dans des conditions jugées peu transparentes.
Face à cette situation, l’Intersyndicale SYNPICS-SYNPAP annonce une montée en puissance de la riposte syndicale à travers des actions judiciaires, administratives et institutionnelles incluant la saisine de l’inspection du travail, des autorités de tutelle et, au besoin, des instances internationales du travail.
"La RTS n’est pas une propriété privée. C’est un bien public. Et ceux qui la font vivre ont droit au respect, à la parole tenue et à la justice", concluent les syndicats.
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