Adaptation climatique : Les acteurs appellent à des mécanismes endogènes face à la complexité des financements internationaux
Le durcissement des conditions d’accès aux financements climatiques internationaux pousse désormais les États africains et les acteurs locaux à repenser les mécanismes de soutien à l’adaptation climatique.
En effet, dans un contexte où les pays les moins avancés (PMA) restent parmi les plus exposés aux effets du dérèglement climatique malgré leur faible responsabilité dans les émissions mondiales, les acteurs réunis à Saly ont insisté sur l’urgence d’un changement d’approche, plaçant les territoires et les populations au cœur des stratégies d’adaptation.
Ainsi dans le cadre du 2e Forum national sur l’adaptation menée localement (LLA), ENDA Énergie en collaboration avec le ministère de l’Environnement et de la Transition écologique à travers la Direction du changement climatique, de la transition écologique et des financements verts, a regroupé experts, collectivités territoriales, organisations communautaires et autorités publiques afin qu’ils échangent autour des défis liés à l’adaptation climatique et à la gouvernance des financements.
Les acteurs ont ainsi plaidé pour le développement de solutions de financement endogènes plus accessibles aux populations vulnérables.

Pour Issa Sarr, chargé de projet à Enda Énergie, l’enjeu principal aujourd’hui est de trouver des alternatives durables face à la difficulté croissante d’accéder aux ressources internationales dédiées au climat.
"Le financement climatique devient de plus en plus complexe à obtenir. Nos États et les acteurs doivent réfléchir dorénavant à développer des mécanismes endogènes pour le financement de l’adaptation au changement climatique. Sur le plan financier, nous devons réfléchir sur des mécanismes financiers qui doivent prendre en compte différentes approches en fonction des échelles, mais aussi en fonction des acteurs. En fonction des échelles, nous travaillons avec l'échelle locale ; comment les acteurs communautaires doivent faire pour accéder à des financements", a-t-il déclaré.
Selon lui, les réponses financières doivent désormais être pensées à plusieurs échelles. Au niveau local, les communautés doivent pouvoir accéder directement à des financements adaptés à leurs réalités.
À l’échelle territoriale, les collectivités locales ont besoin de ressources pour mettre en œuvre leur plan climatique, tandis qu’au plan national, les États doivent renforcer les mécanismes et les guichets capables d’accompagner les politiques sectorielles d’adaptation.
Le forum s’inscrit dans le cadre du programme international Local Led Adaptation (LLA) lancé en 2021 pour promouvoir une adaptation climatique portée par les communautés locales. Ce mouvement, soutenu aujourd’hui par plus de 130 organisations internationales, repose sur huit principes visant notamment à décentraliser la prise de décision, renforcer les capacités locales et favoriser une meilleure collaboration entre les acteurs.
Membre du Comité national sur les changements climatiques, Antoine Faye a insisté sur la nécessité de territorialiser les politiques climatiques afin de mieux prendre en compte les vulnérabilités spécifiques de chaque zone géographique.
"Les impacts du changement climatique ne sont pas les mêmes partout. Dans les zones côtières, les populations font face à l’érosion marine, alors que dans le Ferlo, les problématiques sont différentes", a-t-il expliqué.
Le consultant a également dénoncé les limites de l’architecture actuelle des financements internationaux. Il a notamment évoqué les difficultés pour les collectivités territoriales à accéder aux fonds climatiques internationaux comme le Fonds vert pour le climat, dont les montants minimums de financement restent largement hors de portée des projets locaux.
"Le plus petit financement du Fonds vert pour le climat peut atteindre plusieurs millions de dollars. Aucune collectivité locale ne dispose des moyens techniques et financiers nécessaires pour monter seule ce type de projet", a-t-il souligné.
Au-delà des financements internationaux, les participants ont mis en avant l’importance d’explorer des solutions innovantes, telles que les mécanismes d’assurance climatique, les fonds territoriaux ou encore des instruments financiers nationaux capables de soutenir directement les initiatives locales d’adaptation.
L'ambition des organisateurs est ainsi de poser les bases d’un cadre national de coordination des initiatives d’adaptation, mais aussi d’une gouvernance climatique plus inclusive, permettant aux communautés locales de jouer un rôle central dans la définition et la mise en œuvre des politiques climatiques.
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