Réformes constitutionnelles : Daouda Mine explique pourquoi rien n'a vraiment changé au sommet de l'État
Invité de l'émission ULTIMATUM sur Seneweb, le journaliste Daouda Mine a apporté une nuance de taille au débat sur l'évolution des institutions sénégalaises. Selon l'expert des questions judiciaires, l’idée d’un renforcement substantiel des pouvoirs du Premier ministre relève davantage du discours que de la réalité juridique. Contrairement aux attentes suscitées par les réformes constitutionnelles récentes, le président de la République n’a pas procédé à un transfert significatif de ses prérogatives vers Ousmane Sonko.
L’architecture institutionnelle du Sénégal demeure, selon lui, largement dominée par la fonction présidentielle. Le chef de l’État conserve l’essentiel des leviers de décision et continue de définir l’orientation politique de la nation. Daouda Mine souligne que les ajustements opérés s’apparentent plus à des mécanismes de délégation qu’à un véritable rééquilibrage des pouvoirs au sein de l’exécutif. Si le Premier ministre peut désormais présider le Conseil des ministres en l’absence du chef de l’État ou dispose de la faculté de saisir le Conseil constitutionnel, ces avancées ne constituent pas une transformation structurelle majeure.
En définitive, malgré la volonté affichée officiellement de réduire l’hyperprésidentialisme, le diagnostic du journaliste est sans appel : le président de la République garde une position centrale et hégémonique dans la conduite des affaires de l’État. Cette configuration limite de fait l’autonomie réelle du chef du gouvernement, dont l'action reste étroitement liée à la volonté présidentielle. Pour Daouda Mine, l'équilibre profond du pouvoir exécutif au Sénégal reste donc inchangé.
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