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AGRICULTURE - Crise du monde rural : Mgr Jacques Sarr en appelle à des états généraux

Auteur: Boucar A. DIALLO - Correspond.

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Il faut un diagnostic sans complaisance de l’agriculture sénégalaise pour extirper le mal à la racine et apporter la bonne thérapie. Cela, aux yeux de l’évêque de Thiès, ne peut se faire qu’avec la tenue des Etats généraux du secteur. Mgr Jacques Sarr présidait la fête patronale de l’église de Diourbel, et s’est aussi prononcé sur le prochain Sommet de l’Oci et les élections locales.

«On nous parle des Etats généraux de ceci, de cela, de dialogue social et politique. Mais, il nous faut aussi des Etats généraux de l’Agriculture. Le dialogue avec le monde rural, parce qu’il a besoin d’une réconciliation», demande Monseigneur Jacques Sarr. L’évêque de Thiès présidait, hier dimanche, la fête patronale de la paroisse Notre Dame des victoires de Diourbel.

A son avis, «il faut absolument que le Sénégal se penche sur une politique agricole. Il ne s’agit pas de rafistoler, de compter sur une éventuelle pluie». La situation qui prévaut dans le monde rural tient l’homme d’église à cœur et il rappelle : «Il y a deux ans, les évêques du Sénégal avaient publié une lettre pastorale sur la situation du monde rural. Il s’agissait de montrer que ce monde était en déconfiture et ne savait plus où donner de la tête. Et nous avions cité cette parole de l’Ecriture sainte : lève-toi, prends ton grabat et marche. C’était pour inviter les ruraux à s’organiser, à se prendre en charge pour qu’on les entende et qu’on les écoute et qu’ils puissent dire ce qu’ils attendent de l’Etat.»

La précarité qui affecte le monde rural ne surprend pas le patron du diocèse de Thiès, qui poursuit : «Sur cette difficulté du monde rural, nos Caritas diocésaines, avaient alerté l’opinion, il y a plusieurs mois. Mais, on disait que ce n’était pas vrai, il n’y a pas de famine et il n’y aura pas de famine. Maintenant, c’est une évidence. Tout le monde le reconnaît.»

Et l’homme d’église qui est très préoccupé par ce qui se passe dans le milieu rural, poursuit : «Aujourd’hui, les choses ne font qu’empirer, avec des hivernages qui ne sont pas bons, des récoltes qui n’existent pas, avec la situation de la campagne arachidière qui était la principale source financière des ruraux qui est dévaluée. Ces paysans, devant l’augmentation du coût de la vie, se trouvent dans une situation précaire.»

Sur le sommet de l’Organisation de la conférence islamique (Oci), qui se tiendra cette année au Sénégal, l’évêque de Thiès confie : «Une telle rencontre ne peut pas nous laisser indifférents. Nous sommes tous concernés et intéressés par ce qui va se dire. Qu’on le veuille ou non, on ne légiférera pas, on ne fera pas uniquement une politique agricole de développement pour les musulmans. C’est la raison pour laquelle, nous prions pour le bon déroulement de ces rencontres et leur fécondité pour le bien des peuples. Que tous ceux qui sont enfants de Dieu en profitent.»

Au cours de son homélie, l’évêque s’est beaucoup appesanti sur la tenue des élections locales. Il ne comprend pas le peu d’engouement des populations pour ces consultations électorales qui constituent des moments forts où, les électeurs sont appelés à choisir les futurs conseillers, qui devront penser les voies de développement pour hisser haut leurs localités.

Sur cette question, Monseigneur Jacques Sarr dira : «Je m’interroge et sûrement beaucoup de gens comme moi, parce qu’il y a des raisons qui font que les gens ne réagissent pas beaucoup. On disait que c’est dû à des questions d’information et de communication. Peut-être. Mais, on voit que les gens ne sont pas allés s’inscrire, chercher leurs cartes, on n’en parle pas. Or, les élections locales, c’est vraiment pour les populations. Moi, je pense qu’il y a là un transfert qui me parait induit peut-être par l’abandon des populations. C’est peut-être parce qu’elles ont d’autres soucis, qu’elles n’ont pas le temps de s’occuper de cela. Mais, il s’agit des gens qui vont diriger les collectivités locales. Si, elles se désintéressent de cela, alors, c’est quand même dangereux, inquiétant. Si le peuple se désintéresse de ceux qui sont sensés servir son sort et son progrès local, c’est inquiétant.»

Auteur: Boucar A. DIALLO - Correspond.
Publié le: Lundi 04 Février 2008

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