Calendar icon
Thursday 22 January, 2026
Weather icon
á Dakar
Close icon
Se connecter

Dette publique : Pr Amath Ndiaye et Ibnou Sougoufara alertent sur une situation « insoutenable »

Auteur: Léna THIOUNE

image

Dette publique : Pr Amath Ndiaye et Ibnou Sougoufara alertent sur une situation « insoutenable »

La dette publique du Sénégal a atteint un niveau critique qui appelle une restructuration en profondeur, plutôt qu’un simple reprofilage. C’est l’alerte lancée par le Pr Amath Ndiaye et l’économiste de l’énergie Ibnou Sougoufara, invités de l’émission Seneweb Eco du samedi 17 janvier 2026.

Selon le Pr Amath Ndiaye, enseignant à la Faculté des sciences économiques et de gestion de l’UCAD, « quand on parle de restructuration, c’est qu’il y a un problème ». Il estime que la dette sénégalaise est désormais insoutenable, rappelant que le ratio d’endettement du pays se situe « entre 119 % et 132 % du PIB, selon les premières retenues ». À ce niveau, prévient-il, « il n’y a pratiquement plus de marge de manœuvre budgétaire ».

 

Reprofilage ou restructuration : une divergence de fond

Sur les options possibles, le Pr Ndiaye juge le reprofilage insuffisant. « Le reprofilage, c’est repousser les échéances, mais la situation reste la même », explique-t-il, estimant que cette solution « aggrave le problème ».

Un avis partagé par Ibnou Sougoufara, qui souligne que le Sénégal est désormais perçu comme un pays à risque. « Chaque nouvel emprunt se fait à des taux de plus en plus élevés », avertit-il, ajoutant que « si on n’initie pas une restructuration, on continue de payer les intérêts, c’est l’effet boule de neige ».

Le véritable nœud du problème : les intérêts de la dette

Les deux invités s’accordent sur le fait que le poids des intérêts asphyxient les finances publiques. « Dans l’endettement, ce qui est problématique, ce n’est pas le capital, parce que le principal, on le refinance. Le vrai problème, ce sont les intérêts », explique le Pr Ndiaye.

Selon lui, près de 25 % du budget national est aujourd’hui consacré au service des intérêts. « C’est plus que le budget du ministère de l’Éducation nationale, plus que celui de l’Enseignement supérieur, et même plus que ces deux ministères réunis ».

Ibnou Sougoufara renchérit en évoquant un stress financier aigu : « Quand un quart du budget part dans les intérêts, vous êtes obligés de sacrifier soit l’investissement, soit le social. C’est exactement ce que nous sommes en train de vivre ».

Ainsi, pour les deux experts, la restructuration apparaît comme l’option la plus responsable. « Avec la restructuration, on demande aux créanciers de faire des efforts : une décote, un allègement des taux d’intérêt, parfois un moratoire. C’est ce qui permet à l’État de respirer », soutient le Pr Amath Ndiaye.

Les deux intervenants estiment par ailleurs qu’aucune restructuration crédible ne peut se faire sans l’appui du Fonds monétaire international (FMI). « Le FMI est incontournable, parce qu’il apporte la crédibilité nécessaire vis-à-vis des créanciers et des marchés financiers », affirme Ibnou Sougoufara. « Le FMI fait une analyse de soutenabilité de la dette. Si la dette n’est pas soutenable – et à ce niveau, elle ne l’est pas – alors la restructuration s’impose », conclut le Pr Ndiaye.

Auteur: Léna THIOUNE
Publié le: Jeudi 22 Janvier 2026

Commentaires (7)

  • image
    Nelson il y a 2 heures
    Ah les universitaires médiatiques !
    On aimerait les voir faire plus de travaux purement académiques et scientifiques, écrire dans des revues, écrire des ouvrages techniques et moins être dans la presse vouée à la politique quotidienne
  • image
    @Nelson il y a 1 heure
    Pourtant il y'a quelques semaines c'est ce même Pr. Amath Ndiaye qui nous rassurait que la dette est soutenable. Bof.
  • image
    Boursine il y a 1 heure
    Une restructuration, ce n’est pas neutre
    Elle entraîne presque toujours :
    Dégradation sévère de la notation souveraine
    Fermeture des marchés financiers pendant plusieurs années
    Fuite ou gel de certains investissements privés
    Hausse durable du coût du crédit, même après l’opération
    Exemple : Ghana, Zambie, Sri Lanka
    La restructuration soulage à court terme, mais plombe la capacité d’emprunt futur.
  • image
    Thier4 il y a 1 heure
    C'est déplorable que les sénégalais ne soient intéressés que la discorde entre le PR et le PM ou les ennuis que les lions de la Teranga ont connus au Maroc.
    Des universitaires se prononcent sur la situation dramatique de notre pays, des politiciens interviennent pour leur demander de rester dans leurs coins et s'abstenir d'alerter les pauvres sénégalais à qui l'on abreuve à volonté des faits divers comme pour endormir ceux à qui Diomaye et Sonko avaient promis le confort absolu des la première année de leur arrivée au pouvoir.
    Félicitons le Pr Amath Ndiaye et à. Sougoufara pour parler au oeuple abusé au moment où 90% de nos universitaires qui s'agitaient entre 2021 et 2023 et qui ont avalé leurs langues.
    Basta. Ça suffit pour l'hypocrisie. Laissez les sachants patriotes parler de la marche du pays chaque jour et partout. Nous sommes attentifs à ce qu'ils disent.
  • image
    Nianthio il y a 1 heure
    Ce pays marche par des couilles!
    C'est des nullards qui nous gouvernent
  • image
    Quantbusiness il y a 51 minutes
    Bravo et felicitation car pour la premiere fois je peux ecouter deux specialistes averes de la finance qui parlent de la dette du Senegal. Franchement c'est le meilleur debat dont je suis temoin sur Seneweb. Je suis du meme avis avis que ces dexu experts sur la majorite de leurs arguments concernant la dette du Senegal. Par contre je ne peux pas differencier le risque concernant les eurobonds qui sont soit libelles en euro ou dollar. Car d'apres monsieur Sougoufara une partie de cette dette libellee en euro ne presente pas de risque comme l'autre partie de la dette en dollar a cause de la partite fixe. C'est peut etre le contraire car le differentiel entre les deux monnaies ou ratio euro/dollar est tres stable et presque toute les variations se font au profit de l'euro. Donc cet effet d'entrainement est favorable au Senegal. C'est du mois une logique elementaire.
    Ensuite j'aurai bien aime avoir l'avis de ces experts sur l'evolution de cette sur les deux denieres annees. C'est a dire durant le magistere de Pastef au pouvoir. Ensuite le toilettage de la dette avec ce qu'il convient d;appeler rebasing. Mieux la projection de croissance pour les annees a venir est ce que ces nouveaux elements peuvent changer la trajectoire de la dette et eviter la restructuration. Bref quels sont les scenarios a envisager pour maintenir le staut quo concernant cette dette. Est-ce qu'il existe ce genre de scenarios?
  • image
    Quantbusiness il y a 28 minutes
    @@Nelson Of course la dette du Senegal est soutenable si certaines conditions sont reunies. La demarche de ce Prof est plus que coherente.
  • image
    L'enseignant en vacances il y a 3 minutes
    Fmi et Sénégal on dirait ma banque et moi.

Participer à la Discussion

Règles de la communauté :

  • Soyez courtois. Pas de messages agressifs ou insultants.
  • Pas de messages inutiles, répétitifs ou hors-sujet.
  • Pas d'attaques personnelles. Critiquez les idées, pas les personnes.
  • Contenu diffamatoire, vulgaire, violent ou sexuel interdit.
  • Pas de publicité ni de messages entièrement en MAJUSCULES.

💡 Astuce : Utilisez des emojis depuis votre téléphone ou le module emoji ci-dessous. Cliquez sur GIF pour ajouter un GIF animé. Collez un lien X/Twitter ou TikTok pour l'afficher automatiquement.