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Felix Atchadé : "Pr Amath Ndiaye, la « neutralité » que vous invoquez est un choix idéologique"

Auteur: Felix Atchadé

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Felix Atchadé : "Pr Amath Ndiaye, la « neutralité » que vous invoquez est un choix idéologique"

Il est devenu presque banal, dans certains cénacles académiques et technocratiques, de convoquer la « discipline économique » comme on invoquerait une loi de la gravitation : indiscutable, universelle, apolitique. Le professeur Amath Ndiaye s’inscrit pleinement dans cette tradition lorsqu’il appelle à « sortir du débat idéologique » pour retrouver la rigueur budgétaire, face à la crise de la dette sénégalaise. Mais cette posture, qui se veut raisonnable, repose en réalité sur une fiction intellectuelle : celle d’une économie débarrassée des rapports de pouvoir, d’une dette sans histoire, d’un FMI sans mémoire.

Car prétendre sortir de l’idéologie, c’est souvent adopter l’idéologie dominante sans la nommer.

La dette n’est pas une équation, c’est une relation

Oui, les chiffres sont alarmants. Oui, la charge des intérêts étouffe le budget. Mais réduire la question de la dette à un problème de « discipline », c’est confondre le thermomètre et la fièvre. La dette sénégalaise est encastrée dans une architecture financière internationale asymétrique, où les États africains empruntent cher, en devises fortes, sur des marchés qu’ils ne contrôlent pas.

Dans cette configuration, la « discipline » exigée ressemble moins à une vertu qu’à une pénitence permanente. On demande aux États africains d’être sobres dans un monde qui leur a appris la dépendance ; d’être vertueux dans un système qui récompense la rente ; d’être responsables sans leur donner les leviers de la souveraineté monétaire, fiscale et industrielle.

Ce n’est pas de l’idéologie que de le dire. C’est de l’histoire.

Le FMI n’est pas un arbitre, c’est un acteur

Le discours qui présente le FMI comme un simple outil technique relève d’un réductionnisme commode. Le FMI n’est pas un logiciel de stabilité macroéconomique ; c’est une institution politique, née à Bretton Woods, façonnée par des rapports de force précis, et porteuse d’une doctrine économique identifiable : priorité à l’équilibre budgétaire, compression des dépenses publiques, primat de la confiance des marchés sur les besoins sociaux.

L’Afrique en a fait l’expérience douloureuse dans les années 1980 et 1990. Les programmes d’ajustement structurel ont désarticulé des États, fragilisé les systèmes de santé et d’éducation, et installé durablement une économie de la dépendance. Feindre d’ignorer cette mémoire collective au nom d’un débat « non idéologique », c’est demander aux peuples d’oublier ce qu’ils ont payé de leur chair.

La discipline sans souveraineté est une austérité sans horizon

La question décisive n’est donc pas de savoir s’il faut gérer sérieusement les finances publiques — aucun projet émancipateur ne peut s’en exonérer — mais au service de quoi et de qui s’exerce cette discipline. Une discipline imposée de l’extérieur, validée par des institutions dont la boussole est la solvabilité avant la dignité, produit mécaniquement une austérité sociale : moins d’investissements publics, moins de services publics, plus de précarité.

Or, un pays ne se redresse pas en affaiblissant sa population. Il se redresse en investissant dans ses capacités productives, dans sa santé, dans son école, dans son industrie. La vraie discipline n’est pas comptable ; elle est stratégique. Elle consiste à engager une transformation structurelle de l’économie.

La souveraineté n’est pas dans la restructuration, elle est dans la rupture avec le cycle de la dette 

Là où le discours technocratique entretient l’ambiguïté, la position du Premier ministre Ousmane Sonko a le mérite de la clarté : la restructuration de la dette n’est pas une solution, elle est une prolongation du problème. Car restructurer, ce n’est pas rompre ; c’est réaménager la dépendance, déplacer les échéances, renégocier les termes, tout en acceptant le cadre qui a produit l’asphyxie.

L’histoire économique mondiale le montre pourtant avec constance : les pays qui ont réellement repris la main sur leur trajectoire ne l’ont pas fait en multipliant les réaménagements techniques, mais en changeant de logique. 

C’est ce piège que le Plan de redressement économique et social (PRES) veut éviter : refuser la restructuration non par idéologie, mais par stratégie — sortir la dette du cœur de l’action publique, rompre avec le chantage des marchés et reconstruire, enfin, les capacités fiscales, productives, industrielles et sociales du pays. 

Faire de la restructuration l’horizon de la responsabilité budgétaire, c’est soumettre l’agenda politique aux créanciers et appeler neutralité ce qui n’est qu’une idéologie financière opposée à la souveraineté et à la justice sociale.

Felix Atchadé

Auteur: Felix Atchadé
Publié le: Lundi 26 Janvier 2026

Commentaires (5)

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    Mécanicien économiste il y a 2 heures
    Merci de la critique, le très bavard Professeur Amath Ndiaye pense qu'il est le seul économiste du Sénégal et du Monde. J'espère qu'il affiche complet chez les étudiants en amphithéâtre.
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    Question il y a 1 heure
    Atchade c'est quoi encore comme pays ?
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    Kobs il y a 1 heure
    Un koulouna ne guérit jamais de sa bêtise
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    armédescience il y a 1 heure
    Merci Dr. Atchade. La position des économistes orthodoxes, qui consiste en une défense voilée de la haute finance au détriment des peuples, est non seulement intellectuellement pauvre, elle est dans nos contextes moralement répréhensible. L'Afrique doit se libérer, totalement, en théorie et en pratique.
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    Economy il y a 44 minutes
    Merci pour cette brillante contribution. Appauvrir nos population pour une restructuration au bénéficie des riches blancs faut être criminel pour le faire.
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    IA Merci il y a 42 minutes
    Vraiment avec l'IA, nous ne sommes pas sortis de l'auberge avec ces pseudo intellectuels qui arrivent enfin à rédiger des textes sans faute d'orthographe. Que ce soit Pr Amath Ndiaye ou M. Atchadé, ils sont devenus des spécialistes de l'utilisation de l'IA, surtout ChatGPT. Ils n'ont même pas honte. Leurs textes ont des signes très caractéristiques de ceux proposés par les IA. Quand la nullité personnelle est combinée à la force et à la faiblesse de l'IA, voici le type d'articles que nous recevons. C'est pathétique pour des gens qui se targuent d'être des hommes de pensée ou engagés...
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    muni? il y a 34 minutes
    Merci d'aller au delà de l'affirmation gratuite et de nous dire en quoi ce texte montre des signes d'avoir été rédigé par une IA. Nous attendons.
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    Julien il y a 15 minutes
    Accusation totalement infondée et gratuite. La mauvaise foi et la méchanceté te rongent et vont te consumer à petit feu
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    IA Merci il y a 11 minutes
    @muni?  Pas la peine de détailler. Je le vois à vue d'œil dans la structure des phrases, l'organisation des paragraphes et l'utilisation de certaines formules à force d'avoir l'habitude de voir du faux. Mais pour vous aider, allez sur différents sites de vérification d'IA. Eh oui, cela existe... Ceux que j'ai testés donnent des résultats entre 80 et 99% de texte rédigé par IA. Malhonnêteté intellectuelle, quand elle tient M. Atchadé... ou Pr Amath Ndiaye.
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    IA Merci il y a 6 minutes
    @Julien  Advienne que pourra. Dans l'attente, le petit feu va très bien, il fait un peu frais à Dakar ces temps-ci.
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    muni? il y a 3 minutes
    @Muni?  *délégué

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