<div style="font-family:sans-serif;font-size:15px;line-height:1.7;color:#1a1a1a"><p>Le 17 décembre 2024, à Diass, un nouveau-né de sexe féminin a été découvert dans des buissons, aux abords d’une mosquée. Placé dans un seau, le bébé serait resté exposé de 7 h à 19 h avant d’être retrouvé par des talibés. Transporté en urgence à l’hôpital, il succombera quelques heures plus tard. Le drame avait profondément bouleversé les habitants du quartier.</p><p>Parmi les témoins présents ce jour-là, S. S. Dione, frère de l’accusée, a été saisi d’un pressentiment. Convaincu que le nourrisson pouvait être l’enfant de sa sœur, il s’est rendu à son domicile pour lui demander de se dénoncer aux autorités. À la barre, A. Dione, née en 1992, affirme que son frère ignorait sa grossesse. « Il m’a trouvée alitée ce jour-là et en a déduit que l’enfant découvert était le mien », explique-t-elle.</p><p>Poursuivie pour délaissement d’enfant dans un lieu solitaire ayant entraîné la mort, l’accusée invoque un déni de grossesse. Elle soutient ne pas avoir su qu’elle était enceinte, affirmant avoir continué à avoir ses règles durant plusieurs mois. « Je pensais que j’avais des douleurs liées à des fibromes. Quand le bébé est sorti, il a pleuré. Je l’ai mis dans un seau, puis je l’ai déposé vers 8 h aux abords de la mosquée. Je ne savais même pas si c’était un garçon ou une fille. Je regrette mon acte », déclare-t-elle, ajoutant qu’elle espérait que quelqu’un recueille l’enfant.</p><p>Le procureur, de son côté, rejette la thèse de l’ignorance. Pour le ministère public, les faits traduisent une volonté délibérée. « Lorsqu’une femme accouche et que l’enfant meurt, cela peut relever de l’accident. Mais dissimuler sa grossesse, accoucher en secret et abandonner un nouveau-né dans un lieu isolé relève d’une intention criminelle », soutient le magistrat, qualifiant les faits de meurtre volontaire avant de requérir une peine de 10 ans de réclusion.</p><p>La défense, assurée par Me Mouhamed Fadel Fall, plaide la fragilité de sa cliente. « Ce n’est pas une personne malveillante. Elle est vulnérable, ignorante et a été abandonnée par le père de l’enfant, qui n’a jamais assumé ses responsabilités », argue l’avocat. Reconnaissant la gravité des faits, la défense a demandé une requalification en mise en danger de la vie d’autrui et non-assistance à personne en danger, soulignant que l’enfant était encore en vie au moment de sa découverte.</p><p>Au terme des délibérations, A. Dione a finalement été condamnée à une peine de cinq ans de prison ferme.</p><p><strong>Khady NDOYE</strong></p></div>
Auteur: Khady NDOYE
Publié le: Dimanche 19 Avril 2026
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