CAN: Mamadou Koumé appelle à l’apaisement et à la protection de Pape Thiaw
La finale de la Coupe d’Afrique des nations disputée au Maroc continue de susciter des débats. Mais pour Mamadou Koumé, journaliste et ancien directeur général de l’Agence de Presse Sénégalaise (APS), l’essentiel ne doit pas être perdu de vue : préserver les relations historiques entre Dakar et Rabat. Au-delà des tensions nées d’un match de football, il appelle à la retenue, à la lucidité et à la dédramatisation.
Selon lui, malgré une rencontre sous haute tension, parfois proche du dérapage, les liens « séculaires » entre le Sénégal et le Maroc ne sauraient être fragilisés par un événement sportif. Il salue d’ailleurs les prises de position de certaines autorités religieuses qui ont œuvré à calmer les esprits, rappelant que la profondeur des relations entre les deux peuples dépasse largement le cadre d’une compétition.
« Le match est derrière nous », insiste Mamadou Koumé, invitant à tourner la page. Pour lui, les relations entre États sont infiniment plus importantes que le résultat d’une finale, aussi intense soit-elle. Il interpelle également la Confédération africaine de football (CAF), appelée à mesurer pleinement l’enjeu, alors que le Sénégal et le Maroc, considérés comme les deux meilleures équipes du continent, se projettent déjà vers la Coupe du monde prévue dans moins de six mois.
Tout en reconnaissant que cette finale a révélé des dysfonctionnements, Koumé plaide pour une lecture tournée vers l’avenir. « Le plus important aujourd’hui, c’est de se projeter vers le futur », souligne-t-il, convaincu que le football africain peut grandir de cette expérience, à condition que les leçons soient réellement tirées.
Il met également en avant la force fédératrice du sport, illustrée par l’élan populaire à l’arrivée des Lions au Sénégal. Une communion nationale qui rappelle, selon lui, le pouvoir unique du football à rassembler toutes les sensibilités, bien au-delà des clivages politiques ou sociaux. Les scènes de liesse évoquent celles de 2019 et surtout de 2022, lors de la conquête de la première étoile.
Interrogé sur les risques de sanctions visant le sélectionneur Pape Thiaw, Mamadou Koumé se montre prudent mais ferme. Il admet que des sanctions sont possibles, mais estime que la Fédération sénégalaise doit se préparer à défendre son entraîneur. Il qualifie Thiaw de « héros », non pas pour son attitude lors de la finale, mais pour le travail accompli en un temps record. Arrivé à la tête de l’équipe nationale en décembre 2024, après avoir remporté le CHAN, Pape Thiaw a redonné une identité claire et un souffle nouveau aux Lions. "Avec un groupe quasiment inchangé, il a transformé une équipe en perte de repères en une formation conquérante, offrant au Sénégal une deuxième étoile et confirmant la qualité de ses joueurs", affirme le journaliste.
Enfin, Mamadou Koumé élargit le débat en pointant une crise organisationnelle au sein de la CAF. Selon lui, des changements profonds s’imposent, notamment dans l’anticipation et la gestion des grandes compétitions lorsque le pays hôte atteint la finale. « Quand il y a crise, il y a toujours changement », conclut-il, convaincu que l’instance continentale devra tirer toutes les leçons de cet épisode pour l’avenir du football africain.
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