« Être Algérien, ça se célèbre » : malgré l’élimination de la CAN, les supporters des Fennecs enflamment Barbès
Ce samedi, l’Algérie a été balayée par le Nigeria en quart de finale de Coupe d’Afrique des nations. Ce qui n’a pas empêché les Algériens de célébrer dans le quartier parisien de Barbès… Jusqu’à ce que des tensions avec la police arrêtent rapidement la fête.
Depuis le boulevard de La Chapelle (XVIIIe arrondissement de Paris), il est impossible de deviner ce qui se passe sur le terrain à 2 000 km de là, dans le Grand stade de Marrakech qui accueille, ce samedi, le quart de finale de la Coupe d’Afrique des nations entre l’Algérie et le Nigeria. Alors que les Fennecs encaissent leur deuxième but, devant le fast-food de spécialités algériennes Hbabna, les supporters, drapeau vert et blanc sur les épaules, allument des fumigènes.
« Rien que le fait d’être Algérien, ça se célèbre », éclaire Ryan, 19 ans, installé sur le trottoir avec ses copains. D’ici, le petit groupe voit à peine un morceau de la télé installée de l’autre côté de la rue des Islettes, à l’intérieur du restaurant spécialisé dans les grillades. Qu’importe, ils peuvent regarder sur le téléphone d’Enzo, le plus jeune de la bande, et sont surtout là pour l’ambiance.
Autour d’eux, les chants de supporters s’élèvent en arabe. Alors que les chances d’égaliser s’éloignent, quelques feux d’artifice s’élèvent dans la rue, face au métro aérien. Régulièrement, le cortège doit s’écarter bon gré mal gré pour laisser passer les forces de l’ordre qui veillent au grain. Plus régulièrement encore, le fameux « one, two, three, viva l’Algérie » est scandé.
C’est pour cette fête improvisée que Solange, jeune quinquagénaire, a fait le trajet depuis Beauvais (Oise). De sa place sur le trottoir, elle ne voit rien du match qui approche de la fin. Elle profite simplement de l’atmosphère et d’un esprit de communion « propre au foot ». « Voilà ce que je suis venue chercher », sourit-elle alors que de nouveaux fumigènes éclairent la rue d’une vive lumière rouge.
Petites tensions avec la police
À 19 heures, avec le coup de sifflet final s’achève l’aventure algérienne dans le tournoi continental. Derrière la déception, la fierté semble prendre le dessus chez les supporters. « On partait de loin », rappelle Abdallah, franco-algérien, dont l’équipe ne s’était pas qualifiée pour des quarts de finale de la CAN depuis 2019. Le jeune majeur vante le parcours des Fennecs et reconnaît que le Nigeria est « une grande équipe ».
De leur côté, Enzo et Ryan regrettent surtout d’être passés à côté de la demi-finale contre le Maroc, « la meilleure affiche » entre « deux belles nations ».
Rapidement après le coup de sifflet final, alors que les CRS étaient placés le long du boulevard la Chapelle depuis plusieurs minutes, les premières insultes fusent, une bouteille est lancée. Les forces de l’ordre répliquent avec une grenade lacrymogène. La foule se disperse rapidement puis revient en petites grappes. La vie reprend rapidement son cours dans le quartier. Il n’est pas 20 heures et la fête est déjà finie.
Commentaires (12)
Il est à noté que le peuple autochtone noir a été chassé vers le Sud
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