Mondial-2026: interrogations, crispations et tensions à un mois du coup d'envoi
Le 11 juin au stade Azteca de Mexico, la "Tri" donnera le coup d'envoi contre l'Afrique du Sud de ce qui s'annonce comme la plus grande manifestation sportive de l'histoire.
Avec 104 matches dans 16 enceintes, pour certaines distantes de plus de 4.000 km, et quasiment un mois et demi de compétition, cette Coupe du monde ne ressemblera à aucune autre et sera l'exacte opposée de celle de 2022 au Qatar où tout se jouait dans un mouchoir de poche ou presque.
Pour succéder à l'Argentine de Lionel Messi, le 19 juillet au MetLife stadium d'East Rutherford (New Jersey), c'est donc un véritable marathon qui est promis au futur vainqueur, obligé de jouer huit rencontres pour s'emparer du trophée suprême dans des conditions parfois éprouvantes entre fortes chaleurs et hauts taux d'humidité.
La Fifa prévoit des recettes records, 13 milliards de dollars, à l'issue du cycle de quatre ans qui s'achèvera avec ce Mondial de la démesure et 30 milliards de dollars de retombées pour l'économie américaine.
Si le défi logistique est immense pour les trois hôtes, l'enjeu sécuritaire sera crucial pour le Mexique, tenu d'offrir des garanties en la matière, notamment à Guadalajara où une flambée de violences avait suivi la mort d'un des barons de la drogue début mars.
Mais les regards seront surtout tournés vers les Etats-Unis, qui vont se tailler la part du lion avec 78 matches, dont tous les rendez-vous à partir des quarts de finale.
Donald Trump, qui a fait de ce Mondial-2026 l'un des évènements majeurs de son deuxième mandat, espère en retirer un gain politique, au moment de célébrer les 250 ans de l'indépendance du pays, le 4 juillet, et surtout à quelques mois des "midterms" (élections de mi-mandat) en novembre.
Mais l'image du pays s'est singulièrement brouillée depuis le retour à la Maison Blanche du milliardaire, entre guerre douanière lancée contre le monde entier, notamment ses deux voisins mexicain et canadien, rhétorique anti-immigration et intervention armée en Iran, aux côtés d'Israël, qui embrase tout le Moyen Orient.
L'ONG Human Rights Watch a ainsi mis en garde contre un tournoi de "l'exclusion et de la peur", Amnesty International alertant sur de "graves risques" encourus par les populations et les supporters aux Etats-Unis.
Les tensions avec l'Iran, qui doit jouer ses trois matches du premier tour sur le sol américain (Los Angeles et Seattle), ajoutent aux interrogations et les conditions de la participation de la "Team Melli" font l'objet d'une bataille de poker menteur entre les différentes parties.
"Je veux confirmer sans ambiguïté que l'Iran participera évidemment à la Coupe du monde. Et bien entendu l'Iran jouera aux Etats-Unis", a affirmé le président de la Fifa Gianni Infantino le 30 avril lors du Congrès de l'instance à Vancouver.
"Si Gianni l'a dit, alors je suis OK", a répondu Donald Trump, qui avait pourtant estimé en mars que l'équipe d'Iran ne devrait pas participer pour sa propre "sécurité".
Le prix exorbitant des billets est également un motif de crispations. L'organisation Football Supporters Europe (FSE) a accusé la Fédération internationale "d'extorsion" et de "trahison monumentale".
Mëme Donald Trump s'est dit surpris par les tarifs appliqués (plus de 1.000 dollars) pour l'entrée en lice des Etats-Unis contre le Paraguay, le 12 juin à Los Angeles, déclarant au New York Post qu'il "ne paierait pas" cette somme.
"Nous devons tenir compte du marché", s'est défendu Gianni Infantino, rappelant que 25% des places pour la phase de groupes coûtaient moins de 300 dollars.
Pas de quoi refroidir les ardeurs des acheteurs puisque la Fifa affirme avoir reçu plus de 500 millions de demandes, contre 50 millions pour les deux précédents Mondiaux combinés.
Sur le plan sportif, les sélectionneurs des 48 équipes dévoileront courant mai leurs listes de joueurs avant de se lancer dans la préparation de l'épreuve.
La France de Kylian Mbappé, sacrée en 2018 et finaliste en 2022, apparaît comme une prétendante sérieuse à la victoire, portée par une ligne d'attaque flamboyante. Mais l'Espagne de Lamine Yamal, l'Angleterre d'Harry Kane ou le Portugal de l'inusable Cristiano Ronaldo (41 ans) sont bien décidés à lui barrer la route, sans compter le tenant du titre argentin, encore emmené par Lionel Messi.
Seules les deux superpuissances brésilienne et allemande apparaissent pour une fois quelque peu en retrait.
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