Foncier : Le grand scandale qui brise des vies et vide les comptes bancaires !
Au Sénégal, acheter une parcelle est devenu un véritable parcours du combattant. Derrière le rêve d’avoir un toit pour sa famille se cache souvent un piège redoutable : l’escroquerie foncière. Faux promoteurs, documents falsifiés, ventes multiples d’un même terrain, occupations illégales… le secteur du foncier est aujourd’hui miné par une anarchie qui plonge des milliers de citoyens dans le désespoir.
À Dakar comme dans plusieurs localités du pays, les tribunaux croulent sous les dossiers liés au foncier. Des hommes et des femmes ayant économisé pendant des années se retrouvent ruinés après avoir été trompés par des individus se faisant passer pour des promoteurs immobiliers ou des agents municipaux.
Le drame de la famille Srour
La dernière tragédie en date frappe la famille Srour. Mohamed Ali Srour, photographe sénégalais reconnu, pensait avoir sécurisé l’avenir des siens. D’après son récit, il acquiert en 2016 un terrain auprès d'une femme en qui il avait toute confiance. Cette dernière assure même la construction de la bâtisse. En 2019, la famille s’installe dans cette maison sise sur la VDN, un foyer désormais chargé de souvenirs.
Aujourd’hui, le réveil est brutal. Le véritable propriétaire légal de la parcelle s'est manifesté pour réclamer son bien. Pire encore, la Direction générale de la Surveillance et du Contrôle de l’Occupation du Sol (DSCOS) a ordonné la démolition de l'habitation. Victime d’un abus de confiance et d’une escroquerie foncière dévastatrice, la famille Srour est contrainte de quitter les lieux. Elle doit désormais regarder s’effondrer les murs qu’elle croyait siens.
Thiès, nouveau foyer des escrocs fonciers
À l'image de plusieurs villes du pays, Thiès est devenu un véritable foyer pour les escrocs fonciers. Ces réseaux font énormément de victimes parmi les citoyens qui cherchent simplement à offrir un toit à leur famille. Dans la capitale du Rail, le phénomène prend une ampleur inquiétante. Le Tribunal de Grande Instance fait face à des centaines de dossiers liés aux litiges fonciers. Les infractions concernent notamment le faux et l’usage de faux, l’occupation illégale de terrain, l’escroquerie, l’abus de confiance, les lotissements irréguliers et les ventes illégales de terres du domaine national.
Beaucoup de "Gorgorlou" ruinés par un faux promoteur
Devant le tribunal correctionnel de Thiès, on se rappelle le cas de la vendeuse de poissons S. Ndiaye, escroquée par le nommé A. Fall, un faux promoteur immobilier. Après des années de sacrifices, cette mère de famille cherchait une parcelle pour construire une maison destinée à ses enfants. Le faux promoteur lui avait proposé un terrain situé au quartier Massamba Guèye. Pour rassurer sa cliente, il lui avait même fait visiter les lieux. Pressée de devenir propriétaire, la dame accepte de payer 4 millions de FCFA, versant d’abord une avance avant de réclamer les papiers du terrain.
Mais derrière cette transaction se cachait une tromperie. Le promoteur avait falsifié des actes de cession avant d’encaisser le reste de l’argent. Quelques jours plus tard, alors que la dame entreprenait de nettoyer la parcelle, un autre homme s'est présenté comme étant le véritable propriétaire du terrain. Sous le choc, S. Ndiaye est retournée voir le vendeur qui lui a expliqué s’être « trompé de parcelle » et a promis de lui en attribuer une autre. Une promesse jamais tenue. Toutes les économies de cette mère de famille se sont ainsi envolées.
De faux agents municipaux infectent le milieu
Le sieur D. Diallo a vécu la même mésaventure. Le jeune homme affirme avoir acheté un terrain à 5 millions de FCFA auprès d’un individu se présentant comme agent municipal. Ce n’est qu’au moment d’effectuer les démarches auprès des Domaines qu’il a découvert que le terrain appartenait déjà à une autre personne. Le faux agent lui avait remis de faux documents administratifs pour le convaincre. Depuis cette affaire, D. Diallo dit avoir perdu toute confiance dans le secteur immobilier.
Le rêve brisé de plusieurs émigrés
Les émigrés font aussi partie des victimes des escrocs fonciers. On peut noter le cas de T. Faye. Revenu de l’étranger pour construire sa maison à Thiès, il croyait avoir réalisé le rêve de toute une vie. Après avoir acheté une parcelle à 8 millions de FCFA, il a investi plus de 10 millions de FCFA dans les travaux de construction.
Alors qu’il entamait les finitions, un homme s'est présenté avec des documents authentiques pour revendiquer la propriété du terrain. L’affaire a fini devant la justice. Les papiers détenus par l’émigré se sont révélés faux. Le tribunal a donné raison au véritable propriétaire. L’émigré T. Faye a fini par perdre sa parcelle, sa maison inachevée et plus de 18 millions de FCFA.
Des milliers de victimes à travers le pays
Les cas d’escroquerie foncière se multiplient à travers le Sénégal. Certains terrains sont vendus à deux, voire plusieurs personnes à la fois. D’autres font l’objet de faux titres, de délibérations irrégulières ou de conventions frauduleuses. En 2015 déjà, près de 7 000 victimes s’étaient regroupées au sein de la Fédération nationale des victimes de promoteurs immobiliers du Sénégal (FNVPI). À l’époque, le préjudice était estimé à 2,5 milliards de FCFA. Aujourd’hui, avec la prolifération des promoteurs immobiliers privés, les dégâts seraient encore plus importants.
Pour de nombreux observateurs, cette situation résulte du manque d’encadrement du secteur foncier. Beaucoup de terrains sont aujourd’hui vendus avec de simples délibérations municipales parfois non approuvées par l’autorité administrative. Ce qui fait que les litiges fonciers explosent devant les tribunaux et les citoyens continuent de tomber dans les pièges des réseaux d’escrocs.
L’urgence d’une réforme
L’escroquerie foncière est devenue l’un des plus grands cauchemars des Sénégalais en quête d’un logement. Malgré les arrestations et les condamnations, les réseaux continuent de prospérer, profitant du désespoir de citoyens prêts à tout sacrifier pour posséder un lopin de terre. Dans un contexte où chaque Sénégalais rêve de devenir propriétaire, beaucoup réclament aujourd’hui une réforme profonde du système foncier, un meilleur encadrement des promoteurs immobiliers et une sécurisation renforcée des transactions afin de protéger les populations contre les prédateurs du foncier.
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