Le Premier ministre Abdoul Mbaye a présidé, hier, une table-ronde sur l’an 1 du président Macky Sall à la tête de l’Etat. Cette rencontre organisée par le groupe parlementaire «Benno Bokk Yaakaar» portait sur les «réformes de la gouvernance engagées par le président Macky Sall : bilan partiel et perspectives. Le chef du gouvernement a saisi cette occasion pour rappeler les ruptures opérées par le nouveau pouvoir depuis son installation. Rupture, c’est le mot qui revient régulièrement, selon le Premier ministre Abdoul Mbaye, dans le discours du chef de l’Etat Macky Sall. «Rupture, c’est le concept qui caractérise la gouvernance de Macky Sall, depuis la seconde alternance », a-t-il dit à l’ouverture du panel organisé par le groupe parlementaire «Benno Bokk Yaakaar». Rupture selon lui, par rapport aux pratiques antérieures, même sur ce qui se faisait avant 2000. Rupture par rapport à la gouvernance tropicale. Il s’agit aussi, selon M. Mbaye, d’une rupture temporelle et transversale dans plusieurs secteurs et domaines. « Macky Sall évoque la démocratie et la bonne gouvernance. Il veut une démarche de développement et de croissance dans l’équité. Il ne cesse de rappeler qu’il ne peut pas accepter la tyrannie de l’Ouest en n’oubliant le reste du Sénégal », a indiqué le Premier ministre. D’où l’importance, à son avis, de la décentralisation des réunions du Conseil des ministres dans les régions.
Pas de cosmétique dans la nouvelle gouvernanceAutre forme de rupture, poursuit-il, c’est d’aimer son pays, son drapeau et le retour au civisme. Adoul Mbaye a également cité la lutte contre l’arrogance en donnant en exemple les escortes pour les autorités lors de leurs déplacements. Une procédure qui, à son avis, a été allégée sur instruction du président de la République. Avec l’avènement de Macky Sall, il y a eu la limitation des privilèges et gaspillages, une économie de l’eau dans les services de l’Etat qui a permis la gratuité de la dialyse. Autre rupture, selon le chef du gouvernement, il s’agit de l’examen de la structure des prix comme la farine qui a fait, selon lui, beaucoup de bruits. «Le président de la République a demandé l’examen de toutes les structures des prix des produits », a-t-il souligné. Il a cité, dans ce cadre, la rupture concernant le prix du kilogramme d’arachide. « Concernant ce produit, on entre dans une rupture qui a une valeur extraordinaire car le prix au producteur est réglementé sous Macky Sall », a rappelé Abdoul Mbaye. Il s’agit, précise-t-il, d’une rupture par rapport à une tradition qui remonte aux colons. L’autre rupture, explique M. Mbaye, est liée à la gestion des biens publics avec la reddition des comptes, la lutte contre la corruption. Il a, sur ce sujet, rappelé les propos tenus par le chef de l’Etat lors de l’université d’été des jeunesses républicaines de l’Apr à Mbodiène, en décembre dernier. « Nous aurons tous à rendre compte », a indiqué M. Mbaye, reprenant Macky Sall. Tout au début de l’ouverture des travaux, Abdoul Mbaye, évoquant le débat sur le bilan du gouvernement, a indiqué qu’il est regrettable que nous soyons dans une attitude à donner beaucoup de choses à la parole. « Le président de la République a demandé qu’un rapport soit élaboré pour voir l’activité du gouvernement. Il a été élaboré et il sera mis à la disposition des citoyens. Celui qui voudra s’informer, pourra le faire. Ceux qui ne sont pas satisfaits pourront faire une comparaison », a-t-il dit. « Un bilan, on peut le faire en un an ou dans 10 ans et on pourra faire une comparaison », a souligné le Premier ministre. Modérant les débats, le chef du gouvernement estime que la nouvelle gouvernance initiée par Macky Sall, ne fait plus dans le cosmétique. «Les actions engagées produisent des résultats. Macky Sall avait dit qu’il n’y aura pas de chasse aux sorcières mais une reddition des comptes », a martelé le chef du gouvernement après la communication du ministre de la Justice, la Garde des Sceaux, Aminata Touré. « J’ai appris les finances publiques »Le Premier ministre a apporté une réponse, hier, à ceux qui soutiennent qu’il ne maîtrise pas les finances publiques. « Idrissa Seck sait que j’ai appris les finances publiques. (…). En plus, j’ai travaillé à la Bceao. Abdoul Mbaye est un économiste. Je me débrouille bien », a-t-il répondu à la question d’un journaliste. Sur un autre point, il a indiqué que le président de la République a pris un acte important en décidant de réduire son mandat de 7 à 5 ans. Ce qui est, à son avis, exceptionnel dans un environnement africain où la tendance est de s’accrocher au pouvoir.
Aminata TOURE, ministre de la justice : « Lutter contre la corruption et l’impunité n’a rien d’une vendetta
Aminata Touré, ministre de la Justice, Garde des Sceaux, rejette toute idée d’une vendetta dans la traque des biens mal acquis. Elle intervenait, hier, lors d’une table-ronde sur l’an 1 de Macky Sall au pouvoir. «Réformes judiciaires et lutte contre l’impunité, la corruption et l’enrichissement illicite : quelles perspectives ? ». C’est autour de ce thème que Aminata Touré, ministre de la Justice, a axé sa communication lors de la table-ronde organisée par le groupe parlementaire «Benno Bokk Yaakaar» sur l’an 1 du régime de Macky Sall. Selon elle, la bonne gouvernance et la lutte contre l’impunité constituent le message de Macky Sall. Elle a, dans ce cadre, rappelé que l’Ong Transparency international, dans son rapport 2012, classe notre pays à la 16ème place en Afrique et à la 94ème dans le monde, concernant la bonne gouvernance. « La lutte contre l’impunité et la corruption n’a rien d’une vendetta comme le veulent faire croire certains », a-t-elle dit. Pour Mme Touré, la corruption compromet nos efforts de développement, conduit à la baisse de la croissance et a des répercussions sur la qualité des prestations offertes. « La corruption entraîne des investissements mal adaptés, détériore les finances publiques. En plus, l’activité économique devient chère et freine notre développement », a soutenu le Garde des Sceaux. « La lutte contre la corruption et l’impunité n’est pas une vindicte. Elle permet d’asseoir les bases de notre développement. C’est dans ce cadre que des mécanismes ont été mis en place », a-t-elle souligné. Elle a rappelé la réactivation de la Cour de répression de l’enrichissement illicite (Crei) et la création de l’Ofnac. Aminata Touré a annoncé, par ailleurs, la mise en place d’une commission chargée du recouvrement des biens mal acquis qui sera un levier pour identifier les niches où est logé l’argent. Elle est également revenue sur la déclaration de patrimoine comme le veut la directive de l’Uemoa. «Macky Sall a fait sa déclaration de patrimoine. Il y a eu beaucoup d’amalgames. Les faits ont été déformés », a-t-elle dit. «Il y a eu l’adoption du code de transparence avec la déclaration de patrimoine pour tous ceux qui manipulent des fonds publics. Ces mécanismes sont des jalons que nous avons posés en un an », a noté Mme Touré.
Une commission pour recouvrer les biens mal acquisLors de sa communication, elle a évoqué les réformes institutionnelles souhaitées par le candidat Macky Sall comme la limitation de l’âge des candidats à 70 ans, la durée du mandat du président de la République, la réforme du Conseil constitutionnel qui doit passer de 5 à 7 membres dont 3 seront nommés par le chef de l’Etat, 2 par le Parlement (un de l’opposition), 1 venant de la Justice et 1 autre de la société civile. En conclusion, le ministre de la Justice a indiqué que, sur la question liée à l’impunité, le gouvernement est engagé dans des poursuites judiciaires. « Nous sommes en dialogue permanent avec le ministère de l’Intérieur pour le renforcement de la formation des forces de l’ordre sur les droits humains. Notre ambition, dans la bonne gouvernance, s’inscrit dans la justice sociale pour que les Sénégalais bénéficient équitablement des ressources publiques », a affirmé Mme Touré. Fonction publique : Une nouvelle administration en gestation, selon Mansour Sy
Le ministre de la Fonction publique, du Travail et des Relations avec les institutions a présenté, hier, une communication. Elle portait sur le thème : « Gouvernance de la Fonction publique, dialogue social : bilan à mi-parcours et perspectives ».Une occasion saisie par Mansour Sy pour faire un état des lieux de la Fonction publique en dégageant ses atouts et ses faiblesses. «Après avoir diagnostiqué ce que l’on pourrait appeler les « maladies infantiles » de notre Fonction publique, une thérapie a été prescrite en vue de marquer la rupture à travers un nouveau mode de gouvernance et une nouvelle approche du dialogue social (…) », a déclaré M. Sy. En application des instructions du président Macky Sall, dit-il, le ministère de la Fonction publique, en relation avec l’Adie, a pris les dispositions utiles pour la réalisation effective de l’audit physique et biométrique (début 30 novembre) des agents de l’Etat. A ce jour, précise Mansour Sy, la phase de terrain est bouclée. « Ainsi, 121.954 agents de l’Etat ont été audités dont près de 10.853 cas de contentieux nécessitant des vérifications ultérieures », souligne M. Sy. Les résultats définitifs de cet audit, poursuit-il, sont attendus en fin avril 2013. Il s’agit, à son avis, d’une véritable « révolution silencieuse » qui permettra à notre pays de se doter d’un fichier fiable et unifié des personnels de la fonction publique.
Nouveau cadre de rémunération des agents de l’EtatPar ailleurs, Mansour Sy estime que l’impulsion d’un nouveau mode de gouvernance de la Fonction publique s’est manifestée par la volonté de corriger les disparités et les incohérences de notre système actuel de rémunération. Dans ce cadre, il a informé que son département a élaboré et validé, avec les acteurs du ministère de l’Economie et des Finances, les termes de référence d’une «Etude sur le système de rémunération au sein de l’administration publique sénégalaise». Selon Mansour Sy, il est devenu difficilement contestable que les mesures d’augmentation de salaires, de primes et d’indemnités intervenues depuis 2004, ont créé, de façon mécanique, de nouvelles situations particulières pour certains corps engendrant ainsi des disparités et la rupture de l’égalité et de l’équité dans l’octroi des rémunérations aux agents publics. « Fort de ce constat, il importe de redéfinir un nouveau cadre fondé sur une politique de rémunération basée sur l’équité, l’attractivité et la performance qui aura une incidence certaine sur la qualité du dialogue social », a confié M. Sy. Ce dernier est revenu également sur l’approche novatrice du dialogue social. Il n’a pas manqué de rappeler les actions initiées dans le traitement des cahiers de doléances des centrales syndicales. «Au regard de ce qui précède, l’on peut conclure que la vision du président Macky Sall a imprimé une nouvelle marque à la gouvernance de la Fonction publique et à la qualité d’un dialogue social constructif et réaliste», a déclaré M. Sy. Selon lui, au terme d’une année d’exercice du pouvoir, une nouvelle administration pleine de promesses est en gestation. Des promesses qui sont à couver, conforter et entourer de toutes les attentions par tous les Sénégalais.
Contrôle de l'action gouvernementale : La majorité parlementaire compte jouer sa partition« La seconde alternance doit montrer l’exemple pour redorer le blason de la majorité ». C’est le sentiment de Moustapha Diakhaté, président du groupe parlementaire «Benno Bokk Yaakaar». Selon lui, lors des législatives de juillet dernier, il y a eu un fort taux d’abstention. Les citoyens, dit-il, pensent que les députés se servent au lieu de servir. « Il faut que l’Assemblée nationale contrôle le gouvernement car nous voulons exercer pleinement notre rôle. Nous le soutenons fermement mais avec une participation. Notre crédo, la solidarité sans faille mais dans la liberté», a déclaré M. Diakhaté. Il a par ailleurs déploré la dévalorisation de la fonction parlementaire lors des législatives.
Aliou KANDE
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