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Casamance : Les accords de Mongone, un jalon pour une paix durable

Auteur: Max Euclide KANFANY

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Casamance : Les accords de Mongone, un jalon pour une paix durable

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Trois ans après la signature des accords de Mongone, la Casamance se retrouve à un tournant décisif. Entre prières, témoignages d’anciens combattants, plaidoyers des élus, appels des femmes et engagements de l’État, la commémoration du dépôt des armes par le Front Nord Diakaye met en lumière les avancées, mais aussi les défis qui restent à relever pour transformer l’espoir fragile en paix définitive.  

Des voix multiples pour un même plaidoyer de paix

La paix, un don et une mission, selon l’abbé Camille Gomis. Le prêtre de Ziguinchor et représentant l’évêque a rappelé à cet effet que « Dieu nous a faits pour la vie, pas pour la mort ». Pour lui, la paix est un don divin, mais aussi une mission humaine : « Il veut faire de nous tous des artisans de paix. »  Son appel spirituel invite à bannir tout acte pouvant nuire à autrui et à bâtir une fraternité durable.  

Pour Fatoma Coly, ex-commandant du Front Nord Diakaye signataire des accords de Mongone, il a fallu s'armer de courage pour renoncer aux armes.  

Cet ancien combattant du MFDC a livré à cette occasion un témoignage fort : « Au départ, nous avions pris les armes. Mais nous avons compris que ce n’était pas la bonne chose. La meilleure solution était de déposer (les armes) et de s’asseoir autour d’une table avec l’État du Sénégal. »  

Il a salué les médiateurs « qui disaient la vérité et croyaient à la paix »,  avant de clamer que « le dépôt des armes n’est pas un film, mais une conviction ». 

Dans la foulée, Fatoma Coly appelle les autres factions à rejoindre ce processus pour que, « peut-être d’ici l’année prochaine, toutes les composantes du MFDC célèbrent ensemble la paix définitive ».  

Léonie Gomis, vice-présidente de la Plate-forme des femmes pour la paix en Casamance (PFPC) a fait entendre la voix des femmes pour l’inclusion et la réparation. Elle a salué « l’acte décisif et courageux » des ex-combattants de Diakaye, qualifiant leur geste de « haute portée historique ».  

Elle a lancé un appel au gouvernement pour des négociations inclusives avec toutes les factions du MFDC. Elle a lancé le plaidoyer pour des commissions justice et réparations pour les victimes, et une participation claire de la société civile à la reconstruction. « La paix sera définitive si et seulement si toutes les factions déposent les armes», a-t-elle souligné. 

Des accords aux actions, défis et perspectives pour la Casamance

Le maire de Djignaki, une commune du département de Bignona ou les accords de 2023 ont été signés, érige Mongone en modèle d’école.  Alfouseïny Amarta Diémé a rappelé l’importance des accords de Mongone : « Un dépôt effectif des armes confirmé par les bailleurs et les médiateurs. »  

Il souligne que la paix doit être accompagnée par des actions concrètes : désenclavement, infrastructures, gestion foncière, mobilité et valorisation économique des récoltes. Pour lui, Mongone et Diakaye doivent servir de cadres d’école pour inspirer d’autres localités.  

Henri Ndecky, coordonnateur sous-régional des organisations de la société civile pour la paix en Casamance, en Gambie, en Guinée-Bissau et au Sénégal, à lui a mis l'accent sur les engagements des deux parties et les défis à relever.

Le coordonnateur de la COSPAC a rappelé que les deux parties ont respecté leurs engagements : enrôlement massif à l’état civil (plus de 62 000 personnes), formation agricole de 150 ex-combattants, démobilisation effective. Il a aussi invité les parties prenantes à poursuivre les négociations avec les autres fronts. Traiter les conflits liés aux ressources (bois, chanvre indien) assurer un accompagnement socioéconomique durable malgré l’arrêt de certains financements internationaux.  « Notre souhait est qu’à travers cette édition, les autres factions entendent notre appel et rejoignent le processus pour une paix totale ». 

L’État et les collectivités face aux défis du Nord-Sindian

Le préfet de Bignona a insisté sur la nécessité de transformer les acquis fragiles en une dynamique irréversible. « La paix véritable ne se limite pas à l’absence d’armes. Elle suppose justice sociale, équité économique et confiance»,   reste convaincu Mamadou Khouma.   

Il a aussi plaidé pour le désenclavement des localités, la réconciliation et la cohésion sociale, l’emploi des jeunes et la prévention des conflits fonciers.  

Par ailleurs, le préfet s'est réjoui de la mise en œuvre du Plan Diomaye pour la Casamance (53 milliards d’investissements).  

La commémoration des accords de Mongone rappelle que la paix en Casamance est une œuvre collective. Les voix spirituelles, politiques, civiles et militaires convergent vers un même plaidoyer : inclusion, justice, réparation et développement.  

Le cas de Diakaye illustre que la paix est possible lorsque les armes se taisent et que la parole s’élève. Mais pour que cette paix devienne définitive, il faut élargir le cercle des négociations, accompagner les ex-combattants et inscrire la réconciliation dans les actes quotidiens. 

Auteur: Max Euclide KANFANY
Publié le: Mercredi 13 Mai 2026

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