Pour le gouvernement, si l’action de certaines Ong est à saluer, d’autres constituent une nébuleuse. La décision a été prise par les autorités de faire le tri et de recadrer leurs interventions. En attendant, tous les accords de siège des 600 Ong répertoriées au Sénégal sont suspendus.
Entre le gouvernement et les Ong, rien ne sera plus comme avant. Pour cela, une série de décisions ont été prises, hier, au terme du Conseil interministériel ayant réuni les Affaires étrangères, l’Intérieur, les Finances et le ministère de la Famille, ainsi que différentes Ong représentées au Sénégal.
A l’issue de laquelle, le gouvernement a pris la décision de «dénoncer» des accords de siège de différentes organisations qui s’activent sur l’étendue du territoire.
En termes clairs, ces accords sont annulés en attendant d’«assainir» ce secteur où, selon plusieurs intervenants, de nombreuses organisations interviennent sans aucune base légale.
Aussi, pour d’autres Ong, leurs activités restent une nébuleuse pour les autorités étatiques. «En tant qu’Etat, nous devons être informés et savoir qui est qui et qui fait quoi », a précisé le Premier ministre Souleymane Ndéné Ndiaye. Pour un «meilleur contrôle» de l’intervention de ces Ong, le décret n°96-103 du 8 février 1996 a été modifié dans ses articles 3 et 14.
Ainsi, la tutelle des Ong, qui jusque-là était assurée par le ministère de la Famille, est maintenant transférée au ministère de l’Intérieur, à travers la Direction de l’administration générale et de l’administration territoriale (Dagat).
Ce changement s’explique par le souci de plus d’efficacité dans la gestion de ce dossier. Mais également par les moyens de vérification de la Dagat. «Cette direction est bien outillée pour contrôler l’intervention de toutes ces associations présentes au Sénégal, à travers notamment des gouverneurs, des préfets, des sous-préfets et même des présidents de communauté rurale», a souligné le Premier ministre. Ainsi, près de 600 Ong devront se présenter au ministère de l’Intérieur pour être identifiées.
Pour la transparence et l’impératif de rendre compte
Toutefois, c’est un peu moins de 80 Ong internationales qui sont concernées par cette annulation de leur accord de siège. Elles aussi devront passer au ministère de l’Intérieur pour accomplir certaines formalités, avant de pouvoir prétendre (pour celles qui en avaient) à un nouvel accord de siège. «Ces Ong doivent donc revenir vers nous pour revoir leur situation administrative, parce qu’avant même la signature de l’accord de siège, elles doivent être des Ong agréées, ensuite elles doivent soumettre au ministère de l’Intérieur un programme d’investissements», a précisé Oumar Top, le directeur de la Dagat. C’est maintenant obligatoire pour les Ong de présenter un programme d’investissements sur les trois années de validité de leur accord de siège. Si l’action de ces organisations est importante dans le développement du Sénégal, il reste que la plupart d’entre elles bénéficient d’exonérations sur les importations de matériel et de bagages. Une mesure qui, selon le Premier ministre, faisait perdre beaucoup de ressources au gouvernement. A travers leur coordonnateur, M. Bitèye, les Ong internationales ont salué cette mesure qui, selon elles, entre dans « le principe de transparence, de redevabilité et de rendre compte». D’où l’engagement qu’elles ont pris de remettre, désormais, leurs plans d’investissements, en adéquation avec les ministères concernés.
Toutefois, M. Bitèye relève que cette mesure de suspension intervient en pleine année fiscale. Par conséquent, son exécution ne favorise guère les engagements qu’ils ont pris auprès de leurs partenaires et de certains ministères. Pour Boubacar Seck, secrétaire exécutif du Congad, cette décision doit prendre en compte la spécificité de certaines Ong, notamment celles qui interviennent dans les secteurs stratégiques de l’Education et de la Santé.
Le directeur des affaires juridiques et consulaires au ministère des Affaires étrangères, Cheikh Tidiane Thiam, de préciser que cette mesure a été prise dans l’unique but de « faire le tri » entre les Ong qui travaillent pour l’intérêt des populations et les autres.
Maguette NDONG
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