Mener le combat pour une politique de développement tournée vers les masses défavorisées. La mission des Parlementaires est noble par essence. Mais, certaines pratiques noircissent cette noblesse ; surtout quand elles donnent l’image de députés et de sénateurs « chasseurs de primes ».
Qui se cachent derrière les séminaires et autres visites de terrain, pour se faire de l’argent. Et, si des Parlementaires tombent encore trop bas, c’est que le partage du « butin » est l’occasion de querelles de clochers.
La sénatrice Adja Khady Sall ne savait certainement pas, si bien dire quand elle affirmait récemment : « Le Sénat est devenu une Chambre d’applaudisseurs et de voyageurs à Saly, pour participer à des séminaires ». Certes, dans le principe, les Parlementaires peuvent et doivent même effectuer des visites de terrains et participer à des séminaires de renforcement de capacités, pour le bon fonctionnement de leurs institutions.
Ainsi, s’il s’agit de séminaires organisés par des Organisations non gouvernementales, ou d’autres structures externes, la prise en charge des perdiems n’est pas supportée par le budget de l’Assemblée nationale ou du Sénat. Tout le contraire des activités initiées par les Commissions Parlementaires elles-mêmes. En ce cas, c’est le questeur qui paie les frais, y compris les perdiems.
Toutefois, derrière ces interminables travaux se trouve une source intarissable d’où les Parlementaires puisent des perdiems, surtout en période creuse. De sources bien au fait de ce qui se trame dans les deux Chambres du Parlement, ces manifestations cachent « effectivement » des visées lucratives insoupçonnées. Sénateurs et surtout députés n’ont qu’une seule motivation dans ces travaux : gagner le maximum d’argent à travers les perdiems qu’ils perçoivent après chaque sortie.
Pis encore, ces motivations pour le moins dégradantes pour des représentants du peuple, ne justifient pas, à elles seules, tout le courroux de nos informateurs. En effet, au retour des séminaires, le partage du « butin » consacre l’ouverture d’une foire aux empoignes où s’affrontent les « Honorables » élus. « Souvent, c’est la valse des coups de poings et autres injures, brandis comme arguments pour dénoncer l’insuffisance d’une part reçue », se désolent nos interlocuteurs.
A l’Assemblée nationale, la question est subtilement évitée. Ceux qui acceptent d’en parler, se bornent à reconnaître qu’ils sont « au même niveau d’information que tout le monde ». Car, dans cette institution, « personne ne coordonne rien et personne ne contrôle personne ». Mais, ce qui est constant, c’est que « les commissions Santé, Lois et Finances bougent plus », confient une source établie à l’Assemblée Nationale. C’est dire… !
Mansour NDIAYE
Auteur: Loffice
Publié le: Vendredi 13 Mai 2011
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