Selon, le chargé de la communication du Sictrass, si les inspecteurs et contrôleurs du travail, un ‘corps d’élite’, viennent à recourir à la grève au risque de faire ‘effondrer un mythe’, ainsi que le craint Zaccharia Diaw, leur ministre de tutelle, c’est parce qu’ils vivent des conditions difficiles tant au niveau du travail que dans leurs lieux de travail où il manque de tout. ‘Jusqu’ici, on avait une amicale qui regroupait tous les inspecteurs et contrôleurs du travail ; depuis 2008 nous avons créé un syndicat pour prendre à bras le corps la défense des intérêts de nos membres, car nous sommes un corps d’élite qui n’est pas mis dans les conditions de faire des résultats. Et c’est la raison pour laquelle, l’Etat qui est notre employeur ne peut pas exiger de nous une administration du travail de qualité’, souligne Ibrahima Guèye, chargé des revendications du Sictrass.
Selon lui, contrairement à ce qu’on peut penser, l’administration du travail est laissée en rade par les autorités dans l’octroi des moyens. ‘Chez nous, tout est dégarni. Il n’y rien. Comment comprendre qu’une inspection régionale du travail comme Dakar, qui regroupe 80 % des entreprises, n’ait même pas de moyens de locomotion ?, se demande faussement ingénu Ibrahima Guèye, martelant que ‘cela ne peut pas continuer. Etre inspecteur du travail ne veut pas dire être misérable’. En plus de l’absence de véhicule, les conférenciers ont aussi déploré le fait que les onze inspections du travail qui existent soient logées dans des bâtiments qui sont dans un état de délabrement très avancé.
Toutes ces revendications, nous dit-on, sont soigneusement consignées dans leur plate-forme en huit points. Elle met l’accent sur les aspects financiers, logistiques et le renforcement juridique des pouvoirs des agents de l’administration du travail. Sur le plan financier, le Sictrass demande à ce que l’indemnité de sujétion qui était depuis 1976 de vingt mille francs pour les inspecteurs et dix mille francs pour les inspecteurs soit ramenée respectivement à 200 mille francs et 100 mille. De même, les inspecteurs et contrôleurs du travail réclament qu’on leur accorde une ‘indemnité de contrôle’ de 800 mille francs à l’image des magistrats et des administrateurs civils, pour les risques qu’ils prennent en faisant des descentes dans les entreprises. Sur ce chapitre toujours, les syndicalistes du Sictrass exigent des indemnités pour les chefs de division et les inspecteurs régionaux.
Concernant les infrastructures, le Sictrass demandent la réhabilitation des locaux qui abritent les inspections du travail et l’octroi de ‘véhicules adaptés’ comme promis. A ce sujet, les syndicalistes du Sictrass se demandent où sont passés les 100 millions qui étaient prévus à cet effet dans le budget de 2009. Enfin, le Sictrass exige le renforcement des pouvoirs juridiques de l’inspecteur et du contrôleur du travail en les permettant de recourir à la force publique contre un employeur s’il le faut.
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