Mévente du riz dans le département de Dagana : la colère monte chez les producteurs de la vallée
La grogne est montée d’un cran ce samedi 10 janvier dans le département de Dagana. Des centaines de riziculteurs de la vallée du fleuve Sénégal sont sortis dans la rue pour alerter les autorités sur la grave crise de commercialisation qui frappe leur filière. Paradoxalement, cette situation intervient après une campagne agricole marquée par une production record.
Selon les producteurs, près de 9 000 tonnes de riz blanc et plus de 308 000 tonnes de paddy restent invendues dans le département. Une mévente massive qui met en péril leurs activités et menace directement la préparation de la prochaine campagne agricole. « C’est une situation alarmante et catastrophique. Nous avons travaillé dur, investi nos maigres ressources, mais aujourd’hui, nos récoltes restent stockées », déplore un producteur.
Le président du collège des producteurs de riz de Dagana pointe du doigt la politique du ministère du Commerce. Il accuse le ministre de favoriser l’importation au détriment du riz local. « Nous avions mis en place une plateforme regroupant producteurs et importateurs. L’objectif était clair : obliger les importateurs à acheter d’abord le riz de la vallée avant de bénéficier du DIPA. Mais depuis l’arrivée du nouveau ministre, tout a été remis en cause », regrette-t-il.
Les riziculteurs dénoncent également la récente décision de réduire le prix du riz importé sur le marché. À leurs yeux, cette mesure pénalise lourdement la production locale en rendant le riz étranger plus attractif pour les consommateurs. « Comment écouler notre production si le riz importé est vendu moins cher ? », s’interrogent-ils.
Face à cette crise, les producteurs lancent un appel pressant à l’État du Sénégal. Ils réclament des mesures urgentes pour faciliter l’écoulement de leur production, protéger la filière locale et garantir des revenus décents aux acteurs. Pour eux, sans solution rapide, la prochaine campagne agricole pourrait être compromise, mettant en danger l’objectif d’autosuffisance en riz du pays.



Commentaires (15)
Il ya le coût des aménagements et surtout d’entretien des périmètres agricoles qui handicape les campagnes.
Le coût de l’énergie aussi est élevé comme partout dans le pays. C’est une culture saisonnière et l’abonnement électrique comporte souvent une prime fixe à payer quelque soit la saison.
Le financement des campagnes pose problème. Il est souvent assuré par des banques populaires dont le crédit n’est pas adapté.
Le matériel agricole n’est pas souvent disponible de même que les intrants.
Le riz n’est pas bien transformé et la commercialisation pose problème
L’importation du riz de moindre qualité et coût concurrence le riz local.
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