Procès pour viol à Kaffrine : Entre agression forcée et relation tarifée à 5 000 FCFA, deux versions s'affrontent
La chambre criminelle du Tribunal de grande instance de Kaffrine a examiné ce matin une affaire de viol mettant en cause B. Diallo, âgé de 27 ans et exerçant comme agent de sécurité. Il est poursuivi pour des faits présumés de viol sur la personne de F. Wilane. À la barre, deux récits diamétralement opposés se sont affrontés.
Face à la cour, la jeune femme a raconté avec émotion les circonstances qui l’ont conduite à porter plainte. Selon elle, tout est parti d’une simple recherche de travail. Venue à Kaffrine pour faire de la lessive et gagner de quoi subvenir à ses besoins, elle affirme avoir rencontré B. Diallo devant son domicile.
« Il m’a demandé si je pouvais laver ses habits », a-t-elle expliqué. Mais, selon son récit, la discussion aurait rapidement pris une autre tournure. L’homme lui aurait proposé de l’argent en échange d’une relation sexuelle. D’abord 2 000 francs CFA, puis 5 000 francs CFA. Une proposition qu’elle assure avoir refusée à plusieurs reprises.
La plaignante soutient alors que l’accusé lui aurait déclaré qu’il était seul à la maison avant de la forcer à entrer dans une chambre. C’est là, affirme-t-elle, qu’il aurait eu un rapport sexuel avec elle contre sa volonté. Après les faits, elle aurait quitté les lieux pour se rendre auprès des forces de l’ordre afin de dénoncer son agresseur présumé. Constituée partie civile, elle n’a cependant réclamé aucun dommage et intérêt.
La thèse d'un rapport consenti et tarifé selon l'accusé
À la barre, B. Diallo a livré une version totalement différente. Calme dans ses déclarations, il a nié toute contrainte et soutenu que la relation était consentie.
Selon lui, F. Wilane s’était présentée chez lui pour proposer ses services de lessive. La discussion aurait ensuite porté sur une relation sexuelle tarifée. « Elle m’a demandé 5 000 francs », a-t-il affirmé, expliquant qu’un accord avait été trouvé entre eux avant qu’ils ne se rendent dans sa chambre.
L’accusé a indiqué qu’après le rapport, il était sorti chercher de la monnaie, ne disposant que d’un billet de 10 000 francs CFA. À son retour, la jeune femme aurait déjà quitté les lieux. Lorsqu’il a aperçu des policiers peu après, il dit avoir cru qu’ils venaient récupérer l’argent qu’il lui devait.
Le parquet requiert la sévérité, verdict attendu le 28 juillet
Au terme des débats, le procureur de la République a estimé que les faits de viol étaient établis et a requis une peine de dix ans de réclusion criminelle contre B. Diallo.
La défense, elle, a dénoncé un dossier reposant essentiellement sur des déclarations contradictoires. L’avocat du prévenu a plaidé l’acquittement, estimant qu’aucune preuve suffisante ne permettait de caractériser le viol et demandant à la cour de faire bénéficier son client du doute.
Après plusieurs heures de débats, la chambre criminelle a mis l’affaire en délibéré. Le verdict sera rendu le 28 juillet prochain.
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