« Qnet Infinity Millennials » : La gendarmerie de Saly stoppe une arnaque pyramidale en plein recrutement
La Brigade de Recherches (BR) de Saly, relevant de la compagnie de gendarmerie de Mbour, a mis fin aux activités d'un réseau frauduleux opérant sous la bannière de Qnet. Six individus, dont deux femmes, ont été interpellés en flagrant délit à Saly Carrefour avant d'être déférés devant le procureur Augustin Yakhar Faye, chef du parquet de Mbour.
Tout part de deux plaintes déposées par des victimes directes du réseau. A. Diallo et la dame A. Cissé ont, en effet, été escroqués par des responsables d'un bureau Qnet installé dans un domicile privé à Saly Carrefour. Le premier a été délesté de 1 600 000 FCFA et la seconde de 600 000 FCFA, tous deux bernés sous prétexte d'une inscription à un programme commercial assortie d'un achat de produits censé leur ouvrir les portes de l'emploi, selon des sources de Seneweb proches du parquet. Ces plaintes visaient nommément deux figures du réseau : J. Thiam, alias « Jeo », et la dame M. Faye. Saisie de l'affaire, la Brigade de Recherches de Saly a immédiatement décidé de passer à l'action.
Un flagrant délit au cœur d'une séance de recrutement
Les gendarmes se sont transportés au domicile servant de siège aux activités du réseau, et la scène qu'ils y ont découverte est particulièrement éloquente. Une soixantaine de jeunes, dont plusieurs ressortissants étrangers venus de Mauritanie, de Gambie et du Mali, étaient réunis en pleine séance de présentation du projet baptisé « Qnet Infinity Millennials ».
Tous avaient répondu à des offres d'emploi diffusées par les organisateurs du réseau. Six personnes ont été immédiatement interpellées en flagrant délit sur les lieux. J. Thiam, dit « Jeo », âgé de 33 ans, a été arrêté en tant que l'un des leaders du réseau. À ses côtés, I. Ndao (25 ans), M. Diop (27 ans) et M. Guèye (30 ans) ont également été mis hors d'état de nuire. Deux femmes complètent le tableau des interpellés : K. Diack (30 ans) et A. Barry (23 ans). Tous ont été placés en garde à vue, tandis qu'une importante saisie de matériel bureautique a été effectuée dans les locaux.
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L'enquête menée par les gendarmes a mis au jour une mécanique frauduleuse parfaitement huilée. Les organisateurs, qu'ils désignent eux-mêmes sous le terme de « leaders », procèdent méthodiquement en deux étapes. Ils soumettent d'abord les candidats à une formation destinée à les mettre en confiance, puis les convainquent de verser des sommes comprises entre 400 000 et 1 000 000 FCFA au titre d'une inscription couplée à un achat de produits commerciaux.
En échange, la promesse d'un emploi et la mise à disposition de marchandises équivalentes à la somme versée leur sont faites, comme ce fut le cas pour les plaignants. Il s'agit en réalité d'un schéma classique de vente à la boule de neige, dans lequel chaque nouveau membre est censé en recruter d'autres pour récupérer sa mise — un système condamné à s'effondrer au détriment des derniers entrants.
Au terme de l'enquête, six des mis en cause ont été déférés devant le procureur de Mbour, Augustin Yakhar Faye. Les chefs d'accusation retenus contre eux sont particulièrement sévères et reflètent l'ampleur des agissements du réseau. Ils sont poursuivis pour association de malfaiteurs, escroquerie faisant appel à l'épargne publique, défaut d'autorisation d'ouverture d'un établissement public, vente et prestation à la boule de neige, ainsi que pour trafic de migrants.
Ce dernier chef d'accusation, directement lié à la présence de ressortissants étrangers parmi les victimes potentielles recrutées lors de la séance, alourdit considérablement le dossier et confirme la dimension transnationale du réseau démantelé par la gendarmerie de Mbour.
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