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Un défaut de compréhension à l'origine de l'opposition de religieux à la planification ( imams)

Auteur: APS

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L'opposition de nombreux religieux à la planification familiale dès son introduction dans le pays en 1984 était liée à un défaut de compréhension, ont estimé, mardi à Tambacounda, des imams venus prendre part à un séminaire de plaidoyer sur l’argumentaire religieux en faveur de l’espacement des naissances, organisée à leur intention par la région médicale.

Une rencontre de ce genre devait être tenue avant que le gouvernement ne prenne un quelconque engagement au plan international, a indiqué Mamadou Saliou Bâ, imam de la mosquée de Diyabougou Plateau dans la commune de Tambacounda. De ce fait, les gens se seraient entendus sur ‘’la manière de faire la planification familiale’’.

Il est félicité du fait que la planification est optionnelle et non imposée aux couples. Citant le verset coranique où Dieu dit : ‘’Et les mères, qui veulent donner un allaitement complet, allaiteront leurs bébés deux ans complets’’. (Sourate 2 verset 233), il a affirmé que ‘’dès lors que Dieu qui nous a créés, nous a donné une liberté dans ce sens, il ne faut pas la limiter’’.

A ce sujet, il a relevé que la possibilité est donc offerte aux parents, s’ils savent que le sevrage ne causera aucun préjudice à l’enfant, compte tenu du fait de sa bonne santé et de sa croissance normale, de cesser l’allaitement d’un commun accord. 

L’autre verset, ‘’ ’Sa mère, le porte avec peine, et l’enfante avec peine. Le temps qu'elle le porte et le temps jusqu'au sevrage durent trente mois’’ (Sourate 46- Verset 14) corrobore cette position de l’islam. En même temps qu’il montre que l’allaitement peut durer deux ans (24 mois), ou 21 mois (1 an 9 mois), selon qu’on considère neuf ou six mois de grossesse, ce verset laisse aussi entre que l’âge minimal où un prématuré peut vivre est de six mois, a-t-il relevé.

Il a résumé la position de l’islam à propos de la planification familiale en ces termes : elle est une obligation en cas de ‘’naissances rapprochées faisant courir des risques à la mère ou à l’enfant’’, elle est ‘’interdite à toute femme qui le fait juste par plaisir’’. 

Le secrétaire général de l’Association des imams et oulémas de la région de Tambacounda, Issa Cissokho, a lui précisé que l’utilisation des méthodes contraceptives est agréée par l’islam dans le cadre strict du mariage.

De son côté, Mourtada Ndao, adjoint à l’imam de la mosquée Al-Fallah, a relevé que l’opposition des religieux à la planification familiale, à ses débuts, était due aux principes directeurs qui avaient sous-tendu son introduction dans le pays.

‘’Ceux qui l’avaient pensée estimaient qu’il y avait trop d’êtres humains sur terre et qu’il fallait réduire les naissances, pour améliorer leurs conditions de vie’’. Ce qui est contraire à la vision de l’islam qui encourage la procréation, a-t-il dit.

Il a également invité les autorités sanitaires à revoir le concept de majorité, notamment l’âge minimal pour la grossesse que les normes de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) fixent à 18 ans.

‘’Il ne faut pas copier des modèles à l’extérieur pour nous les imposer’’, a-t-il dit, rappelant que l’islam ne se fonde pas sur le nombre d’années pour déterminer la majorité, mais sur un certain nombre de manifestations physiologiques comme l’apparition de poils pubiens ou de règles.

Le représentant de l’église catholique, Bernard Faye, qui représentait l’évêque de Tambacounda, Jean-Noël Diouf, à cette rencontre, a souligné que l’église catholique prône les méthodes naturelles de contraception et est ‘’catégorique sur les méthodes artificielles (de contraception (qui sont interdites), parce que ça chosifie le corps’’.

''Le techniquement possible est trop envahissant et tout ce qui est techniquement possible n'est pas moralement acceptable'', a-t-il jugé.

Ces méthodes peuvent être tolérées dans des ‘’situations exceptionnelles d’urgence’’, a relativisé la sœur Elizabeth Dione, indiquant que les religieuses orientent les jeunes couples catholiques vers les sœurs de la maternité pour être initiées aux méthodes naturelles de contraception.

En marge de la rencontre, Khadidiatou Bâ Sow, coordinatrice régionale de la santé de la reproduction, a noté qu’une ‘’meilleure compréhension de la position de l’islam sur la planification’’ est sortie de cet atelier, ajoutant que ‘’les religieux adhèrent à la planification familiale’’, mais ont des réserves sur les modalités de sa mise en œuvre. 

C’est un problème de ‘’compréhension’’ de cette pratique qui se posait, a-t-elle poursuivi se félicitant de ce que ce séminaire les ait aidés à y voir plus clair.

Une dizaine de religieux, essentiellement des imams ont pris part au séminaire de plaidoyer sur l’argumentaire religieux en faveur de l’espacement des naissances, organisée par la région médicale de Tambacounda.

Auteur: APS
Publié le: Mardi 03 Juillet 2012

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