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[ VIDEOS ] Après le scandale sexuel de GRAND-YOFF : Le lesbianisme, une pratique qui choque la société sénégalaise

Auteur: Lesoleil et SenewebVideos

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L’affaire des "lesbiennes" de Grand-Yoff est loin de connaître son épilogue. Apres la révélation du nom d’Anna L., présentée comme «cerveau» du groupe et qui se serait enfuie en Guinée Bissau, les enquêteurs sontà la recherche des filles qui s’adonnaient à des scènes de lesbianisme. Selon le commissaire de la Sûreté urbaine, aucune arrestation n’a encore été faite dans cette affaire. 

La vidé sur les "lesbiennes" de Grand-Yoff qui sont activement recherchées par la brigade des mœurs de la Sûreté urbaine défraie la chronique. Des filles nues s’étaient enfermées dans une chambre et s’adonnaient à des pratiques sexuelles filmées à partir d’un téléphone portable. Tout serait parti d’un ami de l’une des «actrices» qui, éconduit par l'une des filles, a posté la vidéo sur sa page Facebook. La brigade des mœurs de la Sûreté Urbaine de Dakar a ensuite déclenché une enquête pour retrouver le jeune homme et les filles.

La semaine dernière, la presse avait fait état de l’arrestation du jeune homme. L’une des filles, Anna L., qui faisait office de meneuse, a été formellement identifiée. Un dispositif a été mis en place pour l’arrêter ainsi que toutes les autres personnes mêlées à cette affaire. «Aucune arrestation n’a encore été faite et l’enquête suit son cours », nous a confié au téléphone le commissaire Djibril Camara de la Sûreté Urbaine de Dakar. Selon des informations, la famille de Anna L. aurait organisé la fuite de celle-ci vers la Guinée-Bissau, dès que le scandale a éclaté.La vidéo des "lesbiennes" montre que cette pratique prend de plus en plus de l’ampleur au Sénégal. « On retrouve des lesbiennes dans toutes les catégories socioprofessionnelles du pays. Parmi elles, il y a même des personnalités », explique un étudiant sous le couvert de l’anonymat. Cependant, en raison de la réprobation de cette pratique par la loi et des croyances du pays, il est pratiquement impossible de quantifier son ampleur. Aucune étude ni sondage officiels n’ont été publiés pour fournir des statistiques sur le nombre de lesbiennes au Sénégal. Ni l’Etat ni les Ong ne s’avancent officiellement sur ce  sujet tabou. «Les lesbiennes sont de plus en plus nombreuses au Sénégal, mais il est très difficile d'entrer dans leur monde.

C’est comme dans une secte», reconnaît le commissaire Mamadou Sylla Sy, chef de la brigade des mœurs du commissariat central de Dakar interrogé dans «Les lesbiennes à Dakar : L’amour au féminin sous toutes facettes», mémoire de grande enquête de Maguette Sèye (2009-2010, Cesti-Ucad). « C’est un acte qui se passe entre deux personnes, dans des maisons closes ou, le plus souvent, dans des appartements privés. 

Même si des lesbiennes nous sont dénoncées, ce n’est pas facile de les trouver dans une position équivoque. Elles ont parfois le temps de faire disparaître toute preuve tendant à les inculper. C’est une infraction difficile à constater », ajoute-t-il. « Dans notre société, le discours dominant exclut l’homosexualité féminine comme celle masculine », soutient le socio-anthropologue Cheikh Ibrahima Niang dans le même document. L’homosexualité est réprouvée par toutes les religions révélées, l’islam, le christianisme et le judaïsme. Dans une de ses émissions, le prêcheur Oustaz Alioune Sall rappelait que l’islam a banni cette pratique et que Dieu a maudit tous ceux qui s’y adonnent.  Cité dans le mémoire de Maguette Sèye, l’abbé Augustin Ndiaye, professeur de droit canonique à l’école des prêtres de Sébikotane, soutient que la religion chrétienne condamne l’homosexualité qui est un péché dit contre-nature.

Une pratique répriméeD’une manière générale, l’homosexualité est réprimée par la loi sénégalaise. « Toute personne qui aura commis un outrage public à la pudeur sera punie d'un emprisonnement de trois mois à deux ans et d'une amende de 20.000 à 200.000 francs Cfa », stipule l’article 318 du Code pénal. L’article 319 du même document précise : « Quiconque aura commis un acte impudique ou contre nature avec un individu de son sexe, si l'acte a été commis avec un mineur de 21 ans, le maximum de la peine sera toujours prononcé ». Depuis quelques années, des organisations de défense des droits de l’Homme s’activent exigent la révision de ces dispositions, notamment l’article 319 du Code pénal. En marge de la célébration du 61ème anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’Homme, l’ancien ministre des Affaires étrangères, Me Madické Niang, avait coupé court au débat : « Ce n’est pas parce que quelque chose a cours dans plusieurs pays qu’elle devrait s’imposer à tous. Chaque pays a ses réalités sociales et il faut tenir compte de notre culture ». Sa conviction est qu’il est difficile de pouvoir imposer, comme certains pays ont eu à le faire, la réalité de l’homosexualité en Afrique. « La dépénalisation de l’homosexualité ne passe pas dans notre société. Ceux qui vont la soutenir vont développer le nid de l’intégrisme. Au Sénégal, pays à majorité musulmane, des personnes se lèveront pour fustiger de tels comportements et on en arrivera à avoir des problèmes pour protéger l’intégrité de ces personnes », avait-il conclu. 

Souleymane Diam SY

Auteur: Lesoleil et SenewebVideos
Publié le: Mercredi 30 Mai 2012

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