Ababacar Mboup à l'Assemblée : « La loi (sur l'homosexualité) n'est que 5 % d'un combat qui ne fait que commencer »
Le projet de loi modifiant la législation relative à l’homosexualité au Sénégal doit être examiné ce mercredi à l’Assemblée nationale. Porté par le gouvernement dirigé par le Premier ministre Ousmane Sonko, ce texte est perçu par certains acteurs du mouvement anti-homosexualité comme une avancée majeure. Pour Ababacar Mboup, membre du collectif Samm Jikko Yi, venu ce matin assister à « l’aboutissement d’une longue lutte », cette initiative représente « un point de victoire » après plusieurs années de mobilisation. « Le jour est grand, on ne peut pas le manquer », a-t-il déclaré, rappelant que ce combat dure depuis plus d’une décennie. « Cela fait au moins dix ans que nous menons cette lutte. Les régimes qui se sont succédé ne nous ont jamais donné satisfaction », a-t-il ajouté.
Une modification jugée plus favorable que les précédentes propositions
Selon lui, le débat sur la criminalisation ne devrait plus se poser depuis longtemps. « En 2021, ce qui était demandé, c’était des peines allant de cinq à dix ans. Aujourd’hui, la modification proposée va dans ce sens et c’est déjà une avancée », a-t-il expliqué. Il estime que la démarche du Sénégal s’inscrit à contre-courant des tendances observées ailleurs dans le monde. « Au niveau mondial, on parle plutôt de dépénalisation. Nous, nous opposons à cela des peines allant de cinq à dix ans », a-t-il soutenu.
« La loi ne représente que 5 % du combat »
Pour autant, Ababacar Mboup considère que l’adoption éventuelle du texte ne constituerait qu’une étape dans un combat plus large. « La loi ne représente que 5 % des acquis de notre lutte contre l’homosexualité. Le combat ne fait que commencer », a-t-il affirmé.
Il indique avoir contacté plusieurs députés afin d’encourager l’introduction d’amendements avant l’adoption du texte. Au-delà du cadre législatif, il estime que la bataille se joue également sur le terrain culturel et éducatif. Selon lui, il faut « combattre un agenda qui, dit-il, se retrouve jusque dans les écoles », évoquant notamment certaines initiatives liées à l’UNESCO.
Appel à un vote au-delà des clivages politiques
Ababacar Mboup a par ailleurs salué l’engagement du Premier ministre Ousmane Sonko dans le portage du projet de loi. Il rappelle qu'« depuis 2016, plusieurs propositions de loi ont été déposées sans jamais aboutir ». Enfin, il lance un appel aux députés de l’opposition afin qu’ils soutiennent le texte lors de son examen. « Ce n’est pas une question politique mais une question d’intérêt public. La dégradation des valeurs est une lutte qui concerne tous les pays, quelles que soient les appartenances politiques », a-t-il déclaré.
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