Albert Bourgi pense que si Wade continue à s’agiter au Sénégal, c’est pour conserver sa capacité de nuisance. Dans un entretien avec L’Observateur, le professeur de droit à l’Université de Reims déclare que « l’agitation politique qu’entretient autour de lui l’ancien président Wade a toutes les allures d’un baroud d’honneur.
Sans doute, veut-il encore faire parler de lui, démontrer qu’il conserve une force de nuisance qui lui permettra éventuellement de dissuader le nouveau pouvoir d’aller trop loin dans les enquêtes actuellement menées sur sa gestion, et surtout celle de son fils ».Bourgi pense que Wade a toujours eu le goût du pouvoir qui l’a aujourd’hui échappé. « Il faudra bien qu’il se fasse une raison, et qu’il tourne la page d’histoire du Sénégal qu’il a écrite », lui conseille-t-il.Selon le professeur de Droit, avec Macky Sall, il y a tout d’abord une rupture générationnelle.
« Le nouveau Président de la République est né après l’indépendance, alors que ses trois prédécesseurs appartenaient à la classe politique issue de l’indépendance, avec tout ce que cela pouvait comporter comme légitimité historique. C’est donc une nouvelle page de l’histoire politique du Sénégal qui s’est ouverte avec l’élection de Macky Sall. Ce dernier est moins imprégné des batailles politiques et idéologiques qui ont jalonné la vie politique au cours des cinq dernières décennies. En revanche, et c’est peut être un paradoxe, il aura en face de lui un Sénégal de plus en plus politisé, et de plus en plus exigeant en matière de transparence dans la gestion de l’État. L’échec de Wade dans ce domaine a été dénoncé par une société civile avec laquelle Macky Sall va devoir compter », dit-il.
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