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Entre « Wade- Sait tout » et « Macky- Je ne sais pas » !

Auteur: Le Senegalais

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« Je ne sais pas » ? Vous connaissez, vous qui avez passé des soirées au coin du feu ou sous la raie de l’éclairage d’une échoppe de banlieue. C’est une blague populaire mettant el scène un « come town » qui est une véritable mitrailleuse à questions. Les immeubles, c’est à qui ? « Je ne sais pas » ! Les belles voitures ? « Je ne sais pas ». Conclusion : « Il est riche alors, ce ‘’Je ne sais pas’’ ! » Il est aussi Sénégalais, ce monsieur ‘’Je ne sais pas’’.

Notre pays a eu, la semaine dernière son matin d’ignorance des demandes sociales des si bruyants enseignants. Le Chef de l’Etat a dit : « Je ne sais pas ». Il en savait pas que des corps de l’enseignement percevaient leurs émoluments avec un si grand retard. Sait-il que les ménagères attendent toujours que soit garni leur panier à la faveur d’un gros décalage de coût entre le pays de « Wade sait tout » et Macky Je ne sais pas » ? Sait-il que les paisibles citoyens guettent les matins et soirs de quiétude afin de jouir, sans tomber sous le coup de la machette, des fruits de leur labeur ? Sait-il que les campagnes sont indifférentes aux combinaisons de salons feutrés au moment où le ventre entonne l’hymne au bonheur de manger et de boire ? Sait-il que ses compatriotes n’ont pas le commerce facile avec la paix de l’âme, peinant à rendre les honneurs à « thiéboudieune » et en recevoir autant de leurs enfants agris par les longs jours passés à attendre le miracle promis par le vent de février-mars 2012 ? Tout ça pour un ‘’Je ne sais pas’’ ? 

Non, du respect pour la République ! Ne dites surtout pas « xaxataay show » pour fixer sur l’écran de votre laptop l’ambiance rigolote dans ce pays. Demandez à votre âme de risquer un rire intérieur et passez… Mackyland est bien né, avec une bénédiction publique pesant 65% des prières de toute la Nation décidée à confier à Sall le soin de ses cinq anniversaires à venir. Et ce peuple veut être à la fête, plus que le béton armé qui habite ses rues et ses campagnes sous le générique des « Grands Travaux ». Les oracles citoyens ont eu une vision biblique. Dans un espace adossé à la mer, entre la bouillante Sandaga et Dantec l’asile des indigents debout au-dessus de la canne de l’espoir, Soweto a son autre martyr. A plusieurs milliers de kilomètres de distance et avec quelques décennies de recul, l’Avenue Mandela de Dakar est la jumelle de Freedom Square de Soweto, la Sud-Africaine. Là-bas, le 16 juin 1976, des jeunes ont consenti le sacrifice suprême alors qu’ils refusaient l’afrikaans, la langue de l’Apartheid, comme support d’apprentissage. Hector Pieterson est le jeune écolier tué et porté dans ses bras par un condisciple alors qu’à ses côtés, une jeune fille pleure à chaudes larmes. Il a eu droit à un mémorial. 

Le Sénégal de Wade n’est pas l’Afrique du Sud de Botha. Pourtant, la « Dévolution monarchique » a eu son martyr. Macky Sall a eu droit à un « mémorial » dans le cœur de certains Sénégalais sur la base factice d’un courage politique qui s’est manifesté par sa détermination à faire auditionner Karim Wade. Tout a été dit. Le Président aurait vu rouge parce que son ancien Premier ministre, bombardé Président de l’Assemblée nationale par sa propre volonté, aurait « commis la faute politique d’avoir convoqué (son) fils ». Conquérir le pouvoir ou la conserver nécessite l’existence de mythes. C’est connu. Le peuple a été si attendri qu’il a choisi le sentiment de compassion à la place du béton de Wade. Le jeune gendre idéal, victime de l’obsession du chef à faire de la place à son fils, est porté à la place de son « bourreau ». Il est convaincu, par les cauris de ses parrains politiques surgis de leurs décombres du premier tour, qu’il ne survivrait pas aux rafales wadiennes comme l’agneau de la fable. Ils lui rappellent même ses cauchemars de berceau sous le mode : « Quand je faisais de la politique, il n’était pas né ». Soit. Mais quand Macky le Président est né, tous les destins politiques rabougris en sont morts d’incompétence à séduire les Sénégalais ! Pour notre malheur aussi, tous ces fantômes politiques tiennent en otage leur seul vivant autorisé à nous gouverner jusqu’en 2012. Au moins. Mais z’enfin, ‘’Je ne sais pas’’ ! Wade sait-il peut-être…

Auteur: Le Senegalais
Publié le: Vendredi 15 Février 2013

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