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Premières Dames au Sénégal : Levier d’influence ou boulet politique ?

Auteur: Ndeye Arame FALL

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Premières Dames au Sénégal : Levier d’influence ou boulet politique ?

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Au Sénégal, le rôle de l’épouse du chef de l’État s’est imposé comme une institution de fait, malgré l’absence de statut juridique. De la discrétion des débuts à l’activisme des dernières décennies, cette figure oscille entre soutien social et encombrement politique. Aujourd'hui, l'arrivée au pouvoir de Bassirou Diomaye Faye avec ses deux épouses place cette fonction sous le feu d'une controverse inédite, entre promesses de rupture et réalités du terrain.

L’héritage de la discrétion et l'éveil du social

Aux premières heures de la République, Colette Senghor a incarné l’effacement. Son influence restait confinée à la sphère privée, préservant une image strictement institutionnelle de la présidence. Ce modèle a évolué avec Elizabeth Diouf qui, en créant la fondation « Solidarité Partage » en 1992, a orienté le rôle vers l’action humanitaire. Elle s’est illustrée par le soutien aux enfants démunis, posant les jalons d'une présence publique structurée autour de la charité.

L’ère de l’influence et les soupçons d’ingérence

Le tournant vers une influence politique directe s’est opéré sous les présidences suivantes, transformant parfois le palais en un lieu de décisions parallèles. Viviane Wade, via sa fondation « Éducation-Santé », s'est impliquée dans la construction d'infrastructures lourdes, comme l'hôpital de Ninéfescha.

Mais c'est sous Macky Sall que l'influence de la Première Dame a atteint un sommet médiatique. Un épisode reste gravé dans les mémoires : la déclaration fracassante du ministre Mbagnick Ndiaye en juillet 2014. Lors d'une passation de service, il avait publiquement affirmé que sa nomination et celle de Matar Ba étaient dues à Marième Faye Sall, ajoutant : « Si nous sommes ministres, c’est grâce à Marième Faye Sall ». Cet aveu sans filtre avait alors cristallisé les critiques sur l'existence d'un pouvoir de veto occulte au cœur du palais.

Des fondations éphémères et un manque de transparence

Au-delà de l'influence politique, la gestion de ces structures pose question. Pour beaucoup d'observateurs, ces fondations ressemblent à une « occupation » pour les Premières Dames le temps d'un mandat. Un constat frappe l'opinion : ces organisations disparaissent presque systématiquement dès que le mari quitte le pouvoir, à l'image de « Servir le Sénégal ». Cette évaporation subite, après avoir brassé des fonds importants provenant de partenaires privés ou d'entreprises, renforce l'idée qu'elles servent d'outils de rayonnement personnel plutôt que de véritables institutions de développement durable.

La rupture à l'épreuve de la « Fondation Sénégal Solidaire »

L'élection de Bassirou Diomaye Faye, placée sous le signe de la rupture, devait marquer la fin de ce système. Pourtant, le lancement de la fondation nationale « Sénégal Solidaire » par ses deux épouses, Marie Khone et Absa Faye, a surpris. Des figures comme le député Guy Marius Sagna ont rapidement alerté sur le risque de voir ces structures redevenir des circuits opaques de financement.

L’engagement se concrétise déjà : la deuxième épouse du président, Mme Absa Faye, en sa qualité d'ambassadrice, a récemment tenu une séance de travail avec le ministre de la Santé, le Dr Ibrahima Sy. Si l'objectif affiché est d'aider les malades (cancer, insuffisance rénale), cette implication directe dans les dossiers ministériels interroge sur la limite entre l'action sociale et l'administration publique.

Quel équilibre pour la nouvelle présidence ?

Le défi pour Bassirou Diomaye Faye est désormais de définir une place pour ses épouses qui ne fragilise pas son message de réforme et de transparence. Entre tradition de solidarité et rigueur républicaine, le Sénégal cherche encore le modèle qui empêchera les hôtes du palais de devenir, une fois de plus, un boulet politique pour le pouvoir en place.

Auteur: Ndeye Arame FALL
Publié le: Dimanche 10 Mai 2026

Commentaires (5)

  • image
    Darkpenguin il y a 49 minutes
    Cette réunion était une manifestation du mensonge, autrement dit une scène théâtrale où une pièce tragique était mise en scène par des acteurs politiques dépourvus de représentation populaire, contraints de monter et de présenter un rassemblement populaire fictif de partisans « spontanés » autour d'un homme qui n'avait aucun soutien parmi les masses et qu'il a fallu inventer en achetant des figurants pour contredire la thèse de son ascension fulgurante grâce au CHARISME D'UN HOMME dont il cherche maintenant à se libérer.
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    Redh il y a 45 minutes
    Ce n’était pas véritablement un meeting le rassemblement qui s'est tenu à MBour, c'est le moins que l'on puisse dire
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    Old il y a 31 minutes
    Après les challenges des années 60, ils nous ont ramené les meetings version années 2000 : pancartes, t-shirts, transhumants au premier rang…
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    ok il y a 33 minutes
    Abdou DARA TOUSS DIOUF et Mini TOURE ne sont que des transhumants, des khoussmaniappes téléguidés par DIOMAYE pour tenter d’éliminer en vain l insubmersible SONKO Diomaye, un petit persidan par accident suite à un complot de Maquis SALE,le summum de la trahison, a trahi et le projet et SONKO qui l a désigné president de la republique parmi 20 millions de senegalais Sonko a dit non à maquis sale qui voulait reporter les elections pour que sonko soit candidat Sonko a cédé le parti à Diomaye quand karim wade et khalifa sall ont refusé de trouver un autre candidat pour leur parti respectif Diomaye , un petit persidqan par défaut nommé par SONKO éliminé sonko éliminé par maquis sale Diomaye avec zéro charisme, incolore, inodore et sans saveur Je détestais maquis sale que je ne voulais meme pas voir en phot. Désormais entre maquis sale l assassin de plus de 80 jeunes, un chien et Diomaye, je voterai pour le chien ou pour maquis sale le criminel Diomaye a oublié 2 chose de l’adage wolof : __Kouleu abal beutt moolay wakh fooy khaar, diomaye doit obeir à SONKO au doigt et à l œil __kou fatté djoubb wala fall , booy follékou dalay bétt, Sonko moo fal Diomaye Le petit président désigné insulte SONKO son bienfaiteur SAISON 2 du mortal combat Chassons Diomaye comme on a chassé Maquis SALE Suprême trahison du héros national Sonko qui l a désigné Président de la république parmi 18 millions de senegalais Si SONKO se plaint, c’est parce que le projet est dévoyé Maquis SALE coupable de nous mettre dans cette situation en éliminant SONKO Le palais et sa galaxie doivent être vidés de tous les collaborateurs de maquis sale l’assassin Diomaye battu dans son Ndiaganiao natal Diomaye n a aucun mérite sinon sauf d avoir eu la chance de croiser SONKO dans sa vie Diomaye doit obeir au doigt et à l œil SONKO qui lui a tout donné Diomaye doit se plier aux injonctions de Sonko et éviter sa colère N importe quel quidam que Sonko désigne serait Président de la republique Sonko , le seul grand électeur du Sénégal, a élu maires, députés et président de la république Sonko en libérateur national, fut le seul à affronter Maquis le tueur avec le peuple sénégalais qui ne respire que par SONKO
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    CHONKO il y a 15 minutes
    Clito, sodomie , anus...porozet de mon gourou
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    Bebert il y a 9 minutes
    Ces guenons ne foutent rien à part bouffer vos maigres cfa er valider 1 client de bordels...qui les nourrit...leur mec est le paillasson de lenkuleur de guenon.....Qu'elles bougent : societe Salaires dérisoires et violences cachées : Le combat pour la dignité des domestiques
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    Anta Fall il y a 6 minutes
    Notre plus profond respect va à la première épouse, « awo », et nous compatissons à ce qu'elle a enduré. Nous admirons sa patience et son ouverture d'esprit ; nous avons tous grandi dans des familles polygames et restons marqués par ce nos mamans ont enduré. Malheureusement, nos sociétés conservent des habitudes ancestrales qui refusent de disparaître face à la modernité et sont à l'origine de nombreux dysfonctionnements et rivalités (ligueyenté, serignetou, etc.) au sein des familles, et seul à l'avantage des hommes. L'émancipation des femmes dans certains pays musulmans, comme la Tunisie, a conduit l'État à interdire la polygamie. Même dans nos pays d'Afrique subsaharienne, les femmes instruites ne l'acceptent plus. Désormais, seules les femmes considérées comme « chercheuses d'or », les femmes âgées en proie au doute, les femmes divorcées, les veuves et les femmes illettrées s'immiscent dans les couples établis et les déstabilisent en devenant deuxième, troisième ou quatrième épouses. C'est pourquoi, dans nos sociétés, elles sont moins valorisées que l'awo et ne sont pas prises au sérieux.

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