Calendar icon
Wednesday 14 January, 2026
Weather icon
á Dakar
Close icon
Se connecter

"Président et Premier ministre au pied du mur" : Ousmane Kane alerte sur la gouvernance et la confusion au sommet de l’État

Auteur: Khady Ndoye

image

"Président et Premier ministre au pied du mur" : Ousmane Kane alerte sur la gouvernance et la confusion au sommet de l’État

Ousmane Kane, homme politique, ancien haut fonctionnaire international, juriste et analyste des questions de gouvernance, est sorti de sa réserve. Il a livré une analyse critique de la situation politique que traverse le Sénégal.

Dans une tribune intitulée "Président et Premier ministre au pied du mur : gouvernance, clarté et responsabilité au sommet de l’État", l’ancien haut fonctionnaire international décrit un exécutif en place mais marqué, selon lui, par une absence de ligne de commandement clairement assumée. 

"Le Sénégal traverse une situation inédite et profondément troublante : un exécutif en place, mais dont la ligne de commandement reste floue ; un pouvoir exercé, mais dont la cohérence devient chaque jour plus difficile à discerner. Dans un pays qui a choisi un régime semi-présidentiel, cette confusion au sommet de l’État n’est pas un simple malaise politique : elle constitue désormais un facteur d’instabilité institutionnelle et un frein direct à l’action publique", a-t-il déclaré.

Il juge cette situation "d’inédite et profondément troublante" pour un pays régi par un régime semi-présidentiel.

Une confusion institutionnelle préoccupante

Ousmane Kane observe que, depuis plusieurs mois, les Sénégalais sont témoins de signaux contradictoires émis par le Président de la République et son Premier ministre sur des dossiers majeurs tels que la loi d’amnistie, la composition du gouvernement, la reddition des comptes ou encore la gestion des responsabilités du passé. Cette dissonance publique dépasse, selon lui, les ajustements normaux d’un début de mandat et installe une interrogation centrale : qui décide réellement au sommet de l’État ?

Pour le juriste, lorsque cette question reste sans réponse claire, ce n’est pas seulement l’exécutif qui vacille, mais la crédibilité même de l’État qui s’érode.

"L’ambiguïté peut, à court terme, servir de tactique politique. Mais lorsqu’elle s’installe durablement au sommet de l’État, qu’elle se traduit par des discours contradictoires et des orientations non harmonisées, elle devient une faute de gouvernance. Le Sénégal a atteint ce point critique. La question n’est donc plus de savoir si la situation est inconfortable; elle l’est et chacun le constate mais de trancher clairement : l’exécutif va-t-il se clarifier autour d’une ligne commune et assumée, ou devra-t-il assumer, sans détour, les conséquences politiques et institutionnelles d’un échec désormais prévisible ?", précise M. Kane.

Dans son analyse, Ousmane Kane insiste sur un point fondamental : le Sénégal a fait le choix d’un régime semi-présidentiel dont l’architecture est clairement définie par la Constitution.

"Quelle que soit la perception d’un Premier ministre présenté comme « super fort », la Constitution est claire : le Président de la République nomme le Premier ministre et peut mettre fin à ses fonctions. Cette réalité institutionnelle ne varie pas selon les rapports de force politiques du moment", prévient-il.

Il revient notamment sur la déclaration du Premier ministre affirmant ne pas travailler pour le Président, mais pour le peuple sénégalais. Une affirmation qu’il juge politiquement compréhensible, mais institutionnellement ambiguë. Selon lui, servir le peuple s’inscrit nécessairement dans le cadre de l’autorité présidentielle, telle que définie par la Constitution. Opposer ces deux dimensions reviendrait à installer deux centres de pouvoir concurrents au sommet de l’État, au détriment de l’efficacité gouvernementale.

Il pointe également une dissonance persistante dans la communication et la méthode de gouvernance. D’un côté, une parole présidentielle qu’il décrit comme mesurée et institutionnelle ; de l’autre, une parole gouvernementale plus combative, parfois frontale, donnant l’image d’un pouvoir fonctionnant sur deux philosophies opposées.

Pour Ousmane Kane, un État ne peut durablement fonctionner sur des orientations antagonistes sans en payer le prix. Les conséquences seraient déjà visibles : retards dans les décisions structurantes, réformes sensibles repoussées, administration hésitante et action publique ralentie.

L’analyste des questions de gouvernance estime que le temps ne résoudra pas cette situation. Bien au contraire, il considère que l’ambiguïté prolongée au sommet du pouvoir installe l’indécision et prépare l’échec de l’action publique.

Face à cette réalité, Ousmane Kane lance un appel clair : soit le Président de la République et son Premier ministre parlent d’une seule voix et gouvernent selon une ligne commune, cohérente et assumée, soit ils devront assumer, devant le peuple sénégalais et devant l’histoire, les conséquences d’une gouvernance demeurée dans l’ambiguïté.

M. Kane rappelle que le Sénégal, par son histoire, sa stabilité et sa place régionale, ne peut se permettre une gouvernance confuse. L’exigence, selon lui, est simple et non négociable : un exécutif clair, cohérent et pleinement responsable. 

Auteur: Khady Ndoye
Publié le: Mercredi 14 Janvier 2026

Commentaires (5)

  • image
    DEUG il y a 3 heures
    MAINTENANT QU IL EST A LA RETRAITE IL SE SOUVIENT QU IL EST SENEGALAIS
  • image
    Masn il y a 59 minutes
    Ndeyssane! Les PEULS ont utilisé tous les moyens pour écarter Sonko.
  • image
    Mor il y a 57 minutes
    La nouvelle stratégie des peuls est de dire que cette ''situation'' (qui n'existe que dans leurs cerveaux ethnicistes) est intenable. Sonko doit partir...Bouléene amone diom dinguéne bayyi Sonko
  • image
    max il y a 2 heures
    C'est tous des fumistes, il ne parle pas des milliards volés encore moins des morts, il sort de nulle part pour apporter une contribution dont tout le monde passerait pour nous tympaniser, senegal mo bari ay nafekh
  • image
    Vaso dilaté il y a 2 heures
    Le nedokombalou dans ses œuvres
  • image
    Masn il y a 59 minutes
    Ndeyssane! Les PEULS ont utilisé tous les moyens pour écarter Sonko.
  • image
    Mor il y a 57 minutes
    La nouvelle stratégie des peuls est de dire que cette ''situation'' (qui n'existe que dans leurs cerveaux ethnicistes) est intenable. Sonko doit partir...Bouléene amone diom dinguéne bayyi Sonko

Participer à la Discussion

Règles de la communauté :

  • Soyez courtois. Pas de messages agressifs ou insultants.
  • Pas de messages inutiles, répétitifs ou hors-sujet.
  • Pas d'attaques personnelles. Critiquez les idées, pas les personnes.
  • Contenu diffamatoire, vulgaire, violent ou sexuel interdit.
  • Pas de publicité ni de messages entièrement en MAJUSCULES.

💡 Astuce : Utilisez des emojis depuis votre téléphone ou le module emoji ci-dessous. Cliquez sur GIF pour ajouter un GIF animé. Collez un lien X/Twitter ou TikTok pour l'afficher automatiquement.