Sénégal-Maroc : priorité à l’autre finale de coupe d’Afrique
Dans une chronique diffusée sur la RTS, à quelques jours de la finale de la Can, le journaliste Omar Diaw se félicitait du fait que la Can puisse finir par le match rêvé entre le Sénégal et le Maroc, tout en s’inquiétant des éventuelles conséquences des enjeux sur les relations privilégiées entre les pays. Malheureusement, la suite lui a donné raison. Depuis dimanche, à la suite d’un scénario incroyable, persiste une tension réelle entre les deux pays. De part et d’autre, on ne cesse de s’accuser. Mais pire encore, la violence s’est invitée à ce qui devait être une fête continentale.
Depuis quelques jours, on joue les prolongations sur les réseaux sociaux, mais aussi sur le terrain. Quelques incidents ont été notés, mais surtout des informations sensibles et pas toujours vérifiées. Il existe donc un risque réel d’escalade des tensions, surtout avec l’effet dangereux des plateformes numériques. De quoi se poser une question fondamentale : un match de football vaut-il des relations privilégiées entre deux pays comme le Sénégal et le Maroc, fût-il une finale de Can ? La réponse est évidemment non.
Il est donc plus qu’urgent de faire baisser la tension. Évidemment, il n’est pas question ici de sacrifier le football sénégalais à l’autel de la diplomatie. Dans une chronique précédente, nous avions appelé le Sénégal à organiser la riposte contre le Maroc, la Caf et la Fifa, qui veulent faire porter le bonnet d’âne à notre pays. Ce combat reste plus que jamais d’actualité. Il vise la Fédération marocaine de football pour tous les manquements avant et pendant la finale, mais aussi la Caf et la Fifa, qui ne sont pas exemptes de reproches. Il faut y ajouter désormais une partie de la presse française, qui participe à cette campagne contre le Sénégal.
Les étudiants en première ligne
Cependant, cette bataille à la fois sportive, médiatique et juridique doit être portée par la Fédération, les porteurs de voix et les autorités. Elle ne doit en aucun cas impacter les relations entre le Sénégal et le Maroc. C’est justement à cela que travaillent plusieurs acteurs des deux côtés. Hier, les amicales des étudiants de l’Ucad et les organisations regroupant les étudiants marocains dans cette même université ont publié un communiqué conjoint pour appeler la communauté estudiantine au calme et à l’apaisement. « Nous rappelons avec force que le Sénégal et le Maroc sont unis par des liens historiques, fraternels et solides, fondés sur le respect mutuel, la coopération et l’amitié », lit-on.
L’Union générale des étudiants sénégalais au Maroc a fait de même pour démentir les « rumeurs » faisant état d’agressions d’étudiants sénégalais au Maroc. « Après vérifications effectuées auprès de nos sections locales, de nos responsables de zones, ainsi que par recoupement d’informations avec les autorités compétentes, aucun cas avéré d’agression ciblant des étudiants sénégalais n’a été officiellement signalé à ce jour », martèle l’UGESM.
De quoi amener leurs camarades du Sénégal à inviter tout un chacun « à ne se fier qu’aux informations officielles émanant des autorités compétentes ». Le Cored a également joué sa partition, invitant les médias à la vigilance et à la responsabilité.
Rappelons que les deux pays sont liés par des relations privilégiées.
Plusieurs conventions facilitent l’intégration des citoyens dans les deux pays. Dans l’éducation, il existe une forte communauté marocaine à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Beaucoup parmi eux bénéficient de la bourse de l’État du Sénégal. Il en est de même pour des Sénégalais très présents dans l’éducation et le commerce au Maroc. « Les Marocains sont considérés au Sénégal comme des Sénégalais, et les Sénégalais sont considérés au Maroc comme des Marocains », rappelle un étudiant marocain. Et c’est sans compter la religion et les affaires.
Banques, importations, évacuations sanitaires
C’est pourquoi les plus hautes autorités ont été les premières à s’inscrire dans ce sillage. Le président Bassirou Diomaye Faye, recevant les Lions, champions d’Afrique, a beaucoup remercié le Maroc pour le traitement réservé à l’équipe nationale, ce qui constituait surtout un message d’apaisement.
Le Premier ministre Ousmane Sonko a révélé s’être entretenu avec son homologue marocain afin de faire baisser la tension et de travailler pour le calme et la sérénité. « Nous appelons nos compatriotes respectifs et tous les amis à dépassionner cet épisode qui, en aucun cas, ne peut aller au-delà du simple cadre sportif. Nos défis communs sont autrement plus importants », tempère Sonko.
En résumé, la finale de dimanche était juste un match de football, sans plus ni moins, mais avec des conséquences sur le plan sportif qu’il faut assumer pleinement envers et contre le pays organisateur et les instances dirigeantes du football, sans toutefois se tromper d’objectif et compromettre ainsi des relations solides entretenues sur une longue durée.
Après tout, le Sénégal a certes remporté la finale de la Can face au Maroc, mais Rabat est largement devant Dakar à la Coupe d’Afrique économique. Et c’est là que se trouvent les vrais enjeux, l’euphorie de la Can ne durant que quelques jours avant le retour à la réalité.
Il urge aujourd’hui de travailler pour que la première banque à Dakar soit sénégalaise et non marocaine, pour que l’horticulture et l’aviculture soient maîtrisées par des Sénégalais, et pour que cessent les évacuations sanitaires vers Rabat et Marrakech, faute d’un plateau technique de niveau standard.
Commentaires (14)
Personne ne doit les retenir s'ils veulent quitter l'Afrique 'bon vent '
L’histoire des serviettes a été la plus grosse honte de cette CAN. Et c’est pareil pour les jets de bananes et cris de singes racistes. De plus, les Sénégalais sont des musulmans et c’est vilain de tricher contre ses frères musulmans.
si la CAF et la FIFA sanctionnent le Sénégal, cela fera plus mal à l’image du Maroc qu’au Sénégal. Parce que sur les réseaux sociaux, c’est le Maroc qui est critiqué par les communautés du monde entier et dans toutes les langues.
Personnellement, en tant que Sénégalais je défends Birahim Diaz, parce que toute l’Afrique a besoin de lui pour la coupe du monde. Tout le monde peut rater un penalty. Il y a une vidéo sur YouTube où on voit Birahim marquer un penalty dans son club en tirant exactement de la même façon. De plus, j’ai envie d’acheter une scie à métaux pour couper la coupe en 2 et donner l’autre partie à nos frères marocains qui n’ont pas démérité et qui font partie des favoris pour gagner la prochaine CAN. Sadio Mané a déjà eu à rater un penalty en 2017 qui nous avait éliminés. On l’avait consolé et encouragé et depuis lors, il nous a fait gagner 2 CAN et plusieurs qualifications à la coupe du monde.
les Marocains ont travaillé et c'est depuis le Roi Hassan 2 et lls continuent avec le nouveau Roi. Tout n'est pas nickel parcequ il y a des marocains mécontents mais franchement c'est un modèle en Afrique.
Seul le travail paie donc Sénégal et nos dirigeants à de travailler.
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Le véritable combat est de développer le pays. La CAN c est pour 2 jours et c est fini.
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