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Menuiserie: Le made in Sénégal n’a plus la cote

Auteur: Mamadou Dieng

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Le secteur de la menuiserie au Sénégal souffre. Les meubles dont la plupart sont des occasions européennes, américaines et asiatiques inondent le marché local.

Tout au long du Canal 4, face au Point E, des meubles de salon, armoires et lits sont exposés, attirant le regard de tout passant. Pourtant, derrière ce joli décor, des plaintes et complaintes sont émises par les artisans de cette zone. Maguette Seck, membre de la structure, s’exprime d’une voix de stentor: «Depuis 7 ans, je travaille ici. Avant, on était sur la Corniche où il y avait plus de visibilité pour nos produits et on avait beaucoup de clients. Aujourd’hui, nous sommes sur le Canal 4, on n’a pas d’autre endroit où aller. Le seul problème, ce sont les meubles importés. Ils coûtent moins chers, ils sont fragiles et je ne comprends pas pourquoi les Sénégalais en raffolent. Il n’y a que la coupe, la décoration qui trompent l’œil». En plus, M. Seck constate que « les meubles importés ne résistent pas au démontage ».

L’importation des meubles est le premier facteur que dénoncent les acteurs de la menuiserie au Sénégal. Une concurrence déloyale soutenue par le gouvernement du Sénégal qui continue de commander ses meubles de bureau à l’étranger. Alors que pour les ébénistes, ceux qui proviennent du pays sont plus résistants. « Nous avons des meubles qu’on peut déplacer partout et nous offrons une garantie de 1 ans ou plus», explique M.Seck.

  Très à l’aise, Mahmoud Fall, affirme qu’ils n’ont rien à envier aux Européens. « Nous avons des machines, un designer, un sculpteur qui s’occupent de la coupe, la forme et de la décoration», déclare-t-il. Néanmoins, ses deux mains trahies par la rigueur du rabotage, M. Fall poursuit : «les  blancs ont des matériels plus performants que les nôtres qui les protègent des rigueurs du bois. Pour Tapha Seck, secrétaire général du mouvement des artisans du Canal 4, le manque de moyens fait défaut. «Nous attendons des financements de la part de l’Etat. Ils nous ont demandé de  faire des formations afin d’obtenir des financements.  Nous avons fait deux ans de formation d’abord au CFA (Centre de formation pour artisans), sanctionnée par des attestations ».

A  côté de lui, Ibrahima Diouf, se plaint du manque de solidarité de ses compatriotes envers eux. «On fait du tout, des portes, meubles, armoires, bureaux. Les gens font des commandes et apprécient. Le seul problème, ce sont les meubles importés. C’est une concurrence déloyale, s’y ajoute que nos machines de travail coûtent chers. On peut faire des salons à 500.000 FCFA, ou une chambre à coucher à 700.000 FCFA très solides. Les importés sont plus chers et sont fragiles. Les Sénégalais ferment les yeux et ont souvent le complexe de commander des meubles locaux. Il faut que leurs meubles  viennent de l’Italie pour qu’ils bombent le torse».

 L’Assemblée nationale a voté le budget du ministère de l’Artisanat depuis le mois de décembre. Les ébénistes y ont droit jusqu’à 15% du mobilier national. «  Mais rien, déplore le sieur Seck. Que  des promesses ».

Et de poursuivre : « Nous sommes une association de 510 personnes regroupées entre Colobane, Gueule Tapé, Médina, Fass. Nous n’avons jamais eu de commande de bureau. C’est dur de joindre les deux bouts ».

Auteur: Mamadou Dieng
Publié le: Lundi 20 Avril 2015

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