Souleymane Teliko alerte sur l’effritement de l’idéal de justice
Ancien président de l’Union des magistrats du Sénégal (UMS), Souleymane Teliko a livré une réflexion sur l’état de la justice dans le monde contemporain, à l’occasion de sa décoration dans l’Ordre national du Mérite par l’ambassadrice de France au Sénégal, Christine Fages.
Le magistrat a mis en garde contre ce qu’il considère comme l’un des périls majeurs des sociétés modernes : «L’effritement, voire la mort programmée de l’idéal de justice.»
Une inquiétude nourrie, selon lui, par l’actualité internationale marquée par la montée des rapports de force et l’affaiblissement des principes fondamentaux du droit.
Souleymane Teliko a dénoncé une scène mondiale où «la volonté de puissance, la culture de l’impunité et la rhétorique guerrière» tendent à supplanter le principe cardinal de la prééminence de la justice.
Face à cette dérive, il a insisté sur la nécessité de replacer la justice au cœur du projet social et politique. «Valoriser la justice est une manière de rappeler la place centrale qu’elle doit occuper dans la marche de notre société», a-t-il souligné, estimant que cet idéal constitue le socle du «commun vouloir de vie commune».
Pour l’ancien président de l’UMS, la justice ne saurait être un concept abstrait, elle est une exigence collective, condition du vivre-ensemble et du salut commun. «Le salut de chacun d’entre nous passe par l’exigence de justice pour tous», a-t-il martelé.
L’ambassadrice de France au Sénégal, Christine Fages, a salué le parcours et l’engagement constant de Souleymane Teliko en faveur d’une justice indépendante. Elle a tenu à souligner que sa reconnaissance dépasse les seules fonctions juridictionnelles exercées.
«Lorsque je dis que vous êtes un magistrat, ce n’est pas seulement au regard des fonctions que vous avez exercées, mais parce que vous n’avez jamais cessé de penser, de défendre et de promouvoir une certaine vision de la justice dans la société», a déclaré la diplomate.
Elle a également rappelé la confiance accordée par ses pairs, qui l’ont porté à la présidence de l’Union des magistrats du Sénégal entre 2017 et 2021, et l’ont élu à deux reprises au Conseil supérieur de la magistrature, en 2016 puis en 2020.
Une reconnaissance fondée, selon elle, sur son attachement indéfectible à l’indépendance de la justice, condition essentielle de l’impartialité du juge. «Le juge est ce tiers arbitre indispensable à toute société», a conclu Christine Fages.
Elle résume ainsi l’idéal défendu par Souleymane Teliko tout au long de son parcours comme une justice libre, impartiale et au service de tous.
Commentaires (3)
C'est un trésor pour le Sénégal...
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