Retenues salariales à l’ARP : La Jonction SAMES–SUTSAS dénonce une gouvernance “opaque” et interpelle les autorités
La tension sociale monte à l’Agence sénégalaise de réglementation pharmaceutique (ARP). Dans un communiqué rendu public, la Jonction des luttes SAMES–SUTSAS tire la sonnette d’alarme sur ce qu’elle qualifie de « dérives » dans la gestion administrative de l’institution chargée de veiller à la sécurité du médicament au Sénégal. Au cœur de la polémique : des retenues salariales opérées sur plusieurs agents, sans explication préalable ni procédure formelle, dans un contexte déjà marqué par un climat social jugé délétère.
Selon le syndicat, la direction générale aurait procédé de manière unilatérale à des ponctions sur les salaires de certains travailleurs, pour des montants allant de 35 000 F CFA à 300 000 F CFA. Une mesure perçue comme « sélective », « non motivée » et « dépourvue de transparence », qui alimente un profond malaise au sein du personnel. La jonction estime que cette décision constitue une atteinte aux droits des travailleurs et un facteur aggravant des tensions sociales au sein de l’Agence.
Le syndicat replace cette affaire dans un contexte plus large de dysfonctionnements persistants qu’il dit dénoncer depuis plusieurs mois : déficit de dialogue social, absence de concertation et opacité dans la gestion des ressources humaines. À cela s’ajoutent, selon lui, des « soupçons de dysfonctionnements » liés à la régulation et à la circulation des médicaments, qui, s’ils ne sont pas clarifiés, risquent d’éroder davantage la crédibilité de l’institution.
La Jonction des luttes SAMES–SUTSAS évoque également l’affaire Softcare, largement relayée dans l’espace public, qui aurait contribué à ternir l’image de l’ARP. Sans se prononcer sur le fond du dossier, elle estime que cette affaire appelle une réponse fondée sur la transparence et la reddition des comptes, afin de restaurer la confiance autour de l’Agence. 
Pour les syndicalistes, la retenue de salaires, en l’absence d’un cadre clair et partagé, ne peut être considérée comme un simple acte de gestion administrative. Elle est vécue comme une mesure coercitive portant atteinte à la dignité des agents et assimilable, selon eux, à une sanction déguisée dans un contexte d’exercice du droit de grève, pourtant garanti par la Constitution.
Rappelant que l’ARP est une institution stratégique au cœur de la sécurité sanitaire nationale, la Jonction des luttes SAMES–SUTSAS insiste sur l’exigence d’exemplarité en matière de gouvernance, d’intégrité et de respect des règles. « Toute opacité affaiblit la mission de protection de la santé publique », avertit-elle.
En conséquence, le syndicat exige l’arrêt immédiat des retenues salariales et la régularisation des situations concernées. Il demande des explications écrites et circonstanciées sur le fondement de ces décisions, appelle à la réalisation d’un audit indépendant sur la gestion des ressources humaines et financières, et sollicite des clarifications institutionnelles sur les soupçons évoqués ainsi que sur l’affaire dite « Softcare ». Il invite enfin les autorités de tutelle à exercer pleinement leur rôle de contrôle.
La jonction appelle les agents à l’unité et à une mobilisation responsable, dans le respect de la légalité, tout en lançant un message à l’opinion publique : « lorsque l’agence du médicament est fragilisée, c’est la sécurité sanitaire nationale qui est menacée ». Une alerte qui place désormais les autorités face à leurs responsabilités dans la préservation de la confiance autour de l’organe de régulation pharmaceutique du pays.
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