Il n’est pas exagéré de dire qu’on a failli assister à l’extinction
définitive du Soleil, le journal gouvernemental, aîné des quotidiens
d’informations générales du pays, qui a fêté cette année son quarantième
anniversaire. Par la faute de El Hadji Kassé et Mamadou Seck, les deux
Directeurs généraux – et Directeur de publication du journal – qui se
sont succédé, durant les neuf premières années du troisième millénaire,
aux commandes de la Société sénégalaise de presse et de publication
(Sspp), éditrice du Soleil. Le constat ressort du rapport de la Cour des
comptes sur les gestion 2004 à 2007 de la Sspp, qui détaille le
quotidien de cette société durant cette décennie : passations de marchés
hasardeux et nébuleux, management scandaleux, bamboula indescriptible
pour des non ayants droit dans une entreprise de presse où les
journalistes sont relégués au rang de serfs, en termes de traitement
salarial – une assistante et un chauffeur étant mieux payés
respectivement que le Directeur des Rédactions et un Chef de Bureau
régional. En somme, c’est à un véritable braconnage – le mot n’est pas
fort – que se sont livrés MM. Kassé et Sèye, qui a scandalisé la Cour
des comptes et poussé ce corps de contrôle de l’État à demander
l’ouverture d’une information judiciaire contre le prédécesseur direct
de Cheikh Thiam, l’actuel Directeur général de la Sspp, héritier d’un
chaos qu’il s’attèle à restructurer.
il y a 13 ans
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