«Sept mille raisons d’y croire» : le fils de Madiambal Diagne solde ses comptes avec Sonko
Dans un éditorial bien nommé paru ce lundi, «Sept mille raisons d’y croire», célébrant le 7000e numéro du «Quotidien», l’administrateur du groupe Avenir communication, éditeur du titre, Serigne Saliou Diagne, invite ses lecteurs à garder intacte leur foi en ce journal lancé en 2003. Le fils de Madiambal, fondateur du média, n’a pas manqué de tacler le président de Pastef «et ses sbires», pointant «l’agenda», qu’il leur prête, «visant à déstructurer et à détruire la presse privée». Nous vous proposons l’intégralité de son texte.
«Cher lecteur, tu tiens entre les mains le 7000e numéro de ce journal. Tout un chemin aura été parcouru par ce titre pour relever le défi de donner au public sénégalais une information juste et vraie, des, analyses critiques, ainsi qu'offrir une plateforme de débat à toutes les voix. Toutes les idées, toutes les tendances et toutes les chapelles du Sénégal trouvent dans Le Quotidien un réceptacle et une tribune pour s'exprimer. Tout citoyen soucieux du fonctionnement correct de la démocratie voit que Le Quotidien est un témoin de l'histoire vivante du pays. Toutes les grandes étapes de la marche de notre pays ont été traitées et commentées de la meilleure des façons avec le souci de l'éthique, de la transparence, du respect de l'intérêt général et de la sauvegarde du modèle républicain de notre pays. Dans l'économie, les sports, la politique, la culture, les informations livrées par Le Quotidien n'ont jamais souffert d'aucun doute, malgré les nombreux procès d'intention et toutes les caricatures à notre endroit.
Il est heureux de constater qu'en entrant dans notre 24e année de parution, la constance dans nos postures, l'intransigeance dans nos principes, la non-compromission dans nos argumentaires et notre liberté de ton sont des valeurs qui sont aussi chères au journal qu'à sa fondation. Il aura été difficile de conduire le navire, mais l'aventure se poursuit malgré tous les coups bas et toutes les entreprises néfastes afin de nous dévier de notre trajectoire. À tous les niveaux, ce journal aura été combattu, mais il aura pu trouver de la résilience dans le courage et la loyauté de ses agents, le courage à toute épreuve de son fondateur, le soutien de partenaires et d'anonymes qui voient dans Le Quotidien une vigie devant jouer sa partition dans le grand concert démocratique pour notre Nation.
Ceux qui auront voulu miser sur la mort de ce titre, cachant mal leur empressement d'adversaires qui criaient leur joie partout de voir ce journal mis à mal par un agenda contre la presse privée au Sénégal, avec l'avènement de Sonko et ses sbires, commencent à déchanter.
Leur joie maligne n'aurait peut-être pas duré longtemps, mais l'agenda visant à déstructurer et à détruire la presse privée aura laissé de nombreuses séquelles. Les factures de services auprès d'institutions publiques en demandant explicitement de ne pas rémunérer Le Quotidien, ainsi que la discrimination et l'exclusion de notre organe lors de la dernière distribution du Fonds d'aide et de soutien à la presse (FADP), sans oublier le boycott dans certaines sphères de communication gouvernementale, ont contribué à entraver ce journal.
«Si j'ai un regret à émettre, c'est la fragilisation de la situation socio-économique de tous nos collaborateurs. Du jour au lendemain, le groupe s'est trouvé dans des situations inédites qui ont démotivé plusieurs personnes, frustré la majorité et secoué plusieurs membres même au sein de leurs familles.»
Après deux ans, on peut dire que le commanditaire de cette entreprise et ses fantassins sont bien ridicules, maintenant que leur table, est inversée et qu'ils cherchent à se dédouaner de tous les torts. qu'ils ont pu commettre. Maintenant qu'ils ne sont plus aux affaires, les bourreaux veulent faire acte de contrition au point de nous vouloir étreindre. Que le ridicule peut devenir une graisse dont le diable s'enduit sans broncher lorsqu'il a tort! Le temps qui est le meilleur juge nous rétablira dans nos vérités.
Si j'ai un regret à émettre, c'est la fragilisation de la situation socio-économique de tous nos collaborateurs et l'instabilité que tous les coups de bélier portés à ce jour depuis deux ans ont pu créer dans la gestion stable et le développement de ce titre. Du jour au lendemain, le groupe s'est trouvé dans des situations inédites qui ont démotivé plusieurs personnes, frustré la majorité et secoué plusieurs membres même au sein de leurs familles. Des efforts sont menés pour rétablir tout cela et pouvoir de nouveau marcher d'un pas assuré.
Ma gratitude à tous nos collaborateurs avec tous ces moments troubles que nous traversons. Merci à nos annonceurs fidèles qui n'ont pas quitté Le Quotidien au moment où il était le plus dur de s'en approcher. Ma reconnaissance infinie aux lecteurs qui permettent à ce journal, édition après édition, de vivre et de tenir la promesse de ses idéaux démocratiques et républicains. Mes hommages à tous les chroniqueurs qui, à travers leurs colonnes, contribuent à porter le débat d'idées dans notre pays à des niveaux incomparables, après une décennie d'abrutissement de la parole publique et d'abaissement du débat républicain au profit de voix populistes et d'impostures de tout acabit.
Ce numéro que vous tenez entre les mains est la motivation supplémentaire qu’il y a 7000 raisons d'y croire. Sept mille raisons de pouvoir aller de l'avant, sept mille raisons de faire vivre la démocratie et de sauver la République, sept mille raisons de combattre l'arbitraire et de barrer les populismes. Sept mille façons de penser librement et de crier tout haut que le savoir sans cire reste la plus viable des armes. La promesse d'hier est celle d'aujourd'hui dans ces colonnes, ‘Boul Ragal Darra’. A 7000 autres numéros du journal Le Quotidien !»
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